STATE IN GALEIS, POLITE LANCE AS, ET INDUITE VOS LORICIS
Le troisiesme estoit un sainct à cheval, comme sainct Georges, ayant à ses pieds force dames et damoiselles à qui il tendoit la main% et leur monstroit une couronne en l'air, à laquelle en souspirant il aspiroit avec ceste devise :
DIFFICILIA QUJE PULCHRA.
Le peuple leur portoit force chandelles, et disoit de nouveaux suffrages, attendant qu'ils feissent
' Le premier est le jacobin Jacques Clément; le second, le cardinal de Guise, tué à Blois; et le troisième, le duc de Guise, sou frère.
' \.Q dur (le Gtiisc ctoit galant, et aspiroit à plaire aux dames.
miracles ' , mais le vent emportoit et soufïloit tout '"■ . Les bordures de ladite pièce estoyent de processions blanches , et de sermons et Tedeums renforcez, ou se voyoyent en petit volume les faces de Boucher^, Lincestre, et le petit feuillant, exhortant le peuple à la paix par une figure nommée antiphrase^, [et formant tous les syllogismes en ferio^. ]
' Le peuple les considéroit comme des saints.
^ Dès le soir même de la mort des deux Guise, on brûla leurs corps, et on en jeta les cendres au vent, de peur que le peuple ligueur n'en vînt jusqu'à leur rendre les honneurs dûs au martyre. On en fit autant du cadavre du jacobin, après qu'il eût été tiré à quatre chevaux. Cette plaisanterie est bien cruelle. Les révolutions sont un temps d'exceptions, oii les cai'actères les plus modérés et les plus honorables participent un peu de la barbarie générale.
^ Docteur de Sorbonne, curé de Saint-Benoît, du conseil des quarante, député aux états, ligueur furieux : il étoit borgne. C'est l'auteur des Sermons de la simulée conversion. Il est mort exilé, et, dit-on , sincèrement repentant.
^ C'est-à-dire qu'ils prêchoient la guerre.
^ Ces mots ne se trouvent pas dans les premières éditions. De même que ces prédicateurs exhortoient le peuple à la paix par antiphrase, ils se servoient de préférence de cet argument de la vieille logique, qu'on appelle enferio, à cause de sa consonnance avec le nom du fer, dont ils cherchoient à armer leurs auditeurs. C'est une de ces allusions de mots si communes dans la satyre Menippée. Au reste , ce que veut dire ici l'auteur arriva principalement depuis les fêtes de Noël de l'an 1 588, temps auquel la nouvelle de la mort des Guise parvint à Paris. De ce moment, les trois qu'il
La neufiesnie faisoit veoir au naturel une grande géante, gisante contre terre qui avortoit d'une infinité de vipères et monstres divers , les uns intitulez gaultiers ' , les autres catillonnois "" , lipans"^, ligueurs, catholiques zelez^, et chasteauverds ^ : et sur le front de ladite géante estoit escrit :