A FAIT TUER SON PERE ET SON ESPOUX
Madame d'Espagne luy servoit de sage femme et de nourice, pour recevoir et allaicter son fruict.
En la dixiesme estoit fort bien historiée la prise
vient de nommer, Pelletier, Pigenat , et Aiibri , ne cessèrent d'exhorter le peuple à la révolte et à la vengeance.
' Paysans de Normandie , qui s'étoient soulevés en l'année 1 589, sous un certain La Chapelle-Gaultier, dont ils prirent le nom. Leur faction fut détruite par le duc de Montpensier.
^ Ligueurs du ressort de Càtillon , petite ville entre Amiens et Abbeville. L'auteur entend ici ceux d'entre eux qui, en 1 689, vinrent au secours d'un seigneur picard nommé Châtillon (en patois du pays, Càtillon), qui se trouvoit assiégé dans Neuchâtel par les sieurs de Hallot et de Givry. Ces ardents défenseurs du seigneur picard furent battus , et la place fut prise.
^ Ligueurs qui avoient succédé aux gaultiers.
* Tous ceux qui vouloient à-la-fois la ruine des politiques et des huguenots.
^ Paysans voleurs, auxquels les religieux de Château-Verd donnnicnt rctiailc.
de la ville de Saiiict-Denys , par le chevalier d'Aumale, et y paroissoit le sieur de Viq, et le sainct apostre de France, qui lui fortifioit sa jambe de bois ' . Et sainct Anthoine des champs , qui mettoit le feu aux poudres, pour espouventer les Parisiens. Au dessus de ladite pièce estoit un escriteau contenant ces mots :
Sainct Anthoine pillé ^ par un chef des Unis ,
Alla comme au plus fort s'en plaindre à sainct Denys,
Qui luy a de ce tort la vengeance promise.
Un peu de temps après , ce paillard entreprit
De prendre sainct Denys, mais sainct Denys le prit,
Et vangea dessus luy l'une et l'autre entreprise.
Et au bas estoit l'epitaphe dudit chevalier d'Aumale, comme il s'ensuit, fors qu'il ne faisoit nulle mention , qu'il fust mangé des rats et des souris ^ :
Celuy qui gist icy fut un hardy preneur, Qui fit sur Sainct-Denys une fine entreprise :
' Dominique de Viq avoit eu la cuisse amputée par suite d'une blessure reçue, en i586, au siège de Sainte-Bazaille, ce qui ne l'empêcha pas de rendre ensuite de grands services à Henri IV.
" Sur la fin de mai i5go, époque oii les Parisiens se trouvoient serrés de si près qu'ils ne pouvoient plus faire de sortie que par la porte Saint- Antoine , le chevalier d'Aumale feignit d'en vouloir faire une vigoureuse par cette porte; mais son expédition se réduisit à piller l'abbaye de Saint-Antoine-des-Champs.
^ Après sa mort, un rat lui rongea le bout du nez. Voici ce qu'en dit de Thou : « Corpus ejus repertum arcâ ligneâ, quando plum-
Mais saine t Denys plus fin que cet entrepreneur, Le prit, et le tua dedans sa ville jjrise.
En Tunziesnie se voyoit au plus près la piteuse contenance du pauvre président Brisson , et de ses diacre et soubs diacre ', quand on leur parla de confession, en leur baillant l'ordre de l'Union : ensemble leur élévation en Grève. Et parce que ladite pièce n'estoit assez large pour couvrir l'huis^ de l'entrée, à icelle estoit attachée une demie pièce de l'apothéose , ou canonisation des quatre evangelistes et martyrs, sainctsLoucliard, Ameline, Anroux , et Aymonnot% faisants la lon-
« bum non siippetebat, inclusum, et in imo majoris templi sacello « depositum est; posteaque animadversum mures sive ob feto- «rem, sive alia causa fuit per commissuras irrepsisse et partes « omnes carnosas erodisse. »
' On lui avoit donné pour compagnons de son malheur Claude Larcher, conseiller au parlement, et Jean Tardif , conseiller au châtelet. Ils furent pris à neuf heures du matin, confessés à dix, et pendus à onze. Crome, conseiller au grand conseil, les jugea sans instruire leur procès.
^ Le vieux mot huis (peut-être du latin ostium) signifioit la même chose que porte. Il n'est plus employé aujourd'hui qu'en style de palais : plaider à huis clos , c'est-à-dire les portes fermées. C'est le house de la langue angloise.
^ Les quatre des Seize, qui furent pendus au Louvre par ordre du duc de Mayenne , pour avoir eux-mêmes fait pendre le président Brisson. Ces quatre scélérats furent traités de martyrs par le ligueur Jean Boucher, curé de Saait-Benoît.
jO ue lettre ' , et à leurs pieds estoit escrit ce quatrain :
Meschants pendards qui les juges pendez. Impunité par là vous prétendez :
Mais vous devez tout le contraire attendre : Oncques pendax'd ne put son juge pendre.
La clouziesme et dernière auprès des fenestres, contenoit le portraict fort bien tiré de son long, de monsieur le lieutenant , habillé en Hercules gallicus^, tenant en sa main des brides sans nombre, desquelles estoyent enclievestrez des veaux aussi sans nombre. Au dessus de sa teste comme en une nue y avoit une nymphe qui avoit un escriteau portant ces mots :