DE MONSIEUR LE LEGAT
In nomine patris y efc. f ' lo mi rallegro, e son quasi fuora di me stesso (ô signori, e popoli, piu
' Cette harangue du cardinal de Plaisance est du conseiller Jacques Gillot, l'un de ceux que Bussy le Clerc fit emprisonner à la Bastille.
' La langue italienne n'étant pas familière à tous les lecteurs, nous essayons ici une imparfaite traduction de ces passages ingénieux :
il In nomme Patris ^ etc. Je me félicite, et je suis presque ichors de moi (ô seigneurs et communes gens, plus catlior <( liques que les Romains eux-mêmes), de vous voir ici ras- (c semblés pour un sujet si grand et si catholique: mais, «d'autxe part, je me trouve grandement abasourdi d'enteniidre tant d'opinions balourdes s'élever entre vous autres (( ligours catholiques ; et il me paroît voir renaître cette an- « tique faction des noirs et des blancs, car les uns demana dent blanc et les autres noir. Toutefois une seule chose me «semble nécessaii^e au salut de vos âmes, savoir : ne jamais « parler de paix , et bien moins encore y consentir que tous (i les François ne soient morts à la manière des Macchalsée , (( et valeureusement occis comme Samson , fracassés et en- (I terrés sous les ruines de ce méchant paradis terrestre de
catholici che i niedesinii Romani) cli vedervi qu' collegati per un sogetto tanto grande, e catholico : ma d' altra parte mi truovo molto sbigottito di
«France, pour goûter plus prestement le repos immortel «du céleste paradis. Guerre donc, et toujours guerre, c( 6 vaillants et magnifiques François , vu que toutes les fois c( qu'il est question de paix et qu'il se parle de trêve avec ces uforfantes bélitres d'hére'tiques, j'aimerois autant qu'on me « donnât un clystère avec de l'encre : considérant qu'il est «plus avantageux pour le repos de l'Italie, et la sécurité du «saint siège apostolique, que les François et les Espagnols « guerroyent entre eux en France ou en Flandre pour la re- « ligion et la couronne , qu'en Italie pour Naples ou Milan : « car, à vous dire le vrai, le très saint père ne se soucie guère ude tous vos débats, si ce n'est en ce qui le touche de n'être « point dépouillé d'annates et de commendes , et autres tri- (i buts qui se paient à Rome avec votre or et votre argent. u Donnez d'ailleurs, si cela vous convient, votre ame à tous « les diables ; il n'y prendra seulement pas garde , moyennant « que les provendes de Bretagne , et l'antique révérence due i( à sa sainteté ne lui faiUent point. Tant plus sera grande et «révérée sa sainteté, que vous autres pygmées serez petits « et parvidissimes. Et ne pai'lez plus de tant de biens et de «tant d'hommages dont vos prédécesseurs ont comblé le « saint siège apostolique , encore moins des richesses et des « pays que les papes tiennent des bienfaits de Charlemagne « et des rois de France ses successeurs ; c'est une affaire faite. « Les pardons que vous avez reçus dans ces dernières années , « les indulgences g ra lis , et les jubilés , valent bien autrement ; « suffit d'ailleurs que toutes les couronnes et tous les sceptres <( du monde sont à la disposition de sa sainteté, et se peu-
sentir tante ojDinione balorde fra voi altri ligouri catholici , e nii pare che quella antica fattione di
<( vent changei-, balloter, enlever et rendre à sa guise, car il
«est écrit, etc »
(i Ouf! j'oubliois de vous apprendre une excellente
«nouvelle que j'ai reçue de Rome, en grande hâte, par le « moyen deZamet, savoir ; que sa sainteté excommunie, mau- «dit, anathématise tous les cardinaux, archevêques, évê- «ques, abbés, prêtres et moines qui sont royaux politiques, "tant bons chi'étiens qu'ils soient; et, pour qu'il n'y ait plus « à l'avenir ni différents ni sujet de jalousie enti-e les Espa- « gnols et les François, le très-saint père fera en sorte que les « François aient les écrouelles comme les Espagnols , et de- « viennent comme eux rodomonts et bougerones. En outre, « il accorde indulgences plénières à tous bons catholiques (t lorrains , ou françois espagnolisés , qui tueront pères , frères , «cousins, voisins, magistrats, princes du sang, politiques «hérétiques, en cette guerre très chrétienne, jusqu'à concur- « rence de trois cent mille ans de vrai pardon. Et n'ayez pas «peur que le Saint-EsjDrit vous manque, parceque le sacré « consistoire le fait descendre des bras de Dieu le père , quand « cela lui convient; comme vous savez qu'il a inspiré, depuis « plusieuis années, de n'élire aucun pape qui ne fut ou ita- « lien ou esjDagnol. Enfin , faites-vous un i^oi, de grâce, pour «l'amour de moi, et je me soucie peu qui ce soit, fût-ce le «diable, pourvu qu'il soit serviteur et feudataire de sa sain- « teté et du roi d'Espagne, par le moyen duquel j'ai été fait « cardinal, grâce au bon duc de Parme. Je vous dirai que je « donnerois volontiers ma voix à l'infante d'Espagne , parce- « qu'elle est bonne dame, et que son père l'aime fort. Néan- « moins, vous ferez ce qui plaira à monseigneur le duc de
neri e bianchi ' rinasce : percio che V uni domanclano bianco , e gli altii il nero '\ Ma una sola cosa mi pare necessaria à la salute délie anime vostre : cio è, di non parlar mai di pace, e manco procurar la, che prima tutti gli Francezi non siano morti, à guiza di Macabei , e uccisi valorosamente corne fù Samsone, fracassât! e sotterrati trà le ruine di questo cattivo paradiso terrestre di Francia, per goder piu presto la quiète immortale del paradiso céleste. Guerra donque, guerra ^ ô valenti e magni-
« Ferla et à monsour lo loxitenant; mais gardez-vous, sur « toutes choses , d'ouvrir la bouche pour parler de paix ou de «trêve, autrement le sacre' collège reniera Christ. Ego me uvobis^ etc.»
' Noirs et blancs^ noms de deux factions qui se formèrent en Italie l'an i agS. Il est remarquable que les mêmes désignations de pai'tis se soient renouvelées si long-temps après, sans qu'aucune tradition, sans qu'aucun souvenir s'en mêlât. C'est un fait piquant à ajouter aux singularités de l'histoire.
^ Ce proverbe se vérifioit à la lettre entre les ligueurs des deux factions de Lorraine et d'Espagne , dont les derniers vouloient l'infante qui étoit noire, et les premiers le jeune duc de Guise qui étoit blanc.
^ Ceci est imité d'un des sermons de Panigarolle. Il lui étoit un jour échappé de dire à quelqu'un en particulier qu'il etit mieux valu faire la paix, que de laisser tant d'ames innocentes languir et crier la faim. La chose ayant été rapportée aux Seize , ils lui déclarèrent que s'il ne pari oit autrement, ils l'enverraient par eau porter au Béarnois des paroles de paix a Sai71t-Cloud.Ce corde-
fici Francesi, perche nii pare quanclo si ragiona délia pace e si parla di trega' con questi forfanti heretici nianigoldi, che mi sia dato un servitiale d'incliiostro : considerando che niolto nieglio è per la quiète d'Italia, e la securità de la santa sede apostolica, che i Francezi e SjDagnuoli guerreggiano tra loro in Francia , ô veraniente in Fiandra per la religione, ô la corona, che in Italia per Napoli ô Milano : perche per vi dir il vero , non se ne cura il santissinio padre di tutti fatti vostri; se non à tanto che li tocca di non esser spogliato d' annate e conmiende, e altre espeditioni che si fanno in Ronia con oro e argento vostro. Date quanto voleté le anime vostre al demonio inferno : poco gli è : proveduto che gli sia che le provende
lier, qui craignoit les Seize, fit aussitôt sonner le sermon , monta en chaire, et dit, après cjiielque préambule, que des malveillants a voient fait courir le bruit qu'il étoit homme de paix, mais qu'ils en avoient menti. Alors il s'écria : guerra, guerra, guerra, et entra si fort en colère, qu'il oublia de boire un coup au milieu de son sermon, ainsi qu'il avoit coutume de le faire.
' En ce temps-là le peuple, las de la guerre, faisoit courir par les rues des billets qui ne parloient que de paix ou de trêve. Les politiques y répondirent par d'autres contenant les vers suivants :
Le légat fciit guerre à la trêve , La trêve fait guerre au légat.
Si l'on coupoit sa tête en Grève Ce seroit un beau coup d'état.
di Brctagiia ', et la riverentia antica, débita à sua santità , non gli niancano. Tanto piu gfrande e riverita sarà sua santità, quanto voi altri honiuncioni sarcte piccoii e piccolini : E non parlate piu di tanti béni, è tanti favori ch' i predecessori \ ostri hanno fatte à la santa sede apostolica , anconieno délie richezze, e paezi cbe gli pape banno del beneficio di Carlo niagno, e di suoi successori régi di Francia : questo è cosa fatale : le pardonanze che havete ricevute da pocbi anni in qua, con le gratuite indulgenze, e jubilei, sono di niolto piu pregio , basta che le corone e gli scettri del mondo sono à dispositione de sua santità, e si possono canibiare , trastuUare , e torre e porre à suo modo. « Scriptum est enini, haec oninia « tibi dabo. Atque ut pergani latinâ linguâ vobis « loqui , ne forte aliquis non satis intelligat italia- " nem^, dicam vobis suniniani legationis nieœ quœ " sunipta est ex Matth. lo cap. Nolite arbitrari « quia pacem venerim niittere in hanc terram : « non veni paceni mittere , sed gladium. Nihil « enini habeo niagis in mandatis , et instructione
' La Bretagne a long-temps passé pour un pays d'obédience.
^ Tout le beau latin de cette harangue et de celle du cardinal de Pelvé s'accorde avec ce qu'en disoit un quidam , qui l'entendoit prononcer aux États de Paiis : que c'étoit du latin de cardinal , et que ne le parloit pas qui vouloir.
« secretà quàni ut vos perpétué exhortem ad bel-
« luiîi et prœlium , atque totis viribus impediam
« ne tractetis ullo modo de reconciliationc, et pace
« inter vos. Quod sanè niagnuni esset ci inien et
« indignuni christianis et catholicis honiinibus.
« Alteruni vero punctuni quod babeo vobiscum
«agenduni, est de electione cujusdam principis
« boni catbolici , in regeni vestruni , repudiatâ
" prorsùs istâ faniiliâ Boi bonioruni , quae tota est
« haeretica , aut bscreticoi uni fautiix : ego vero
« scio , gratissiniam rem vos facturos domino nos-
« tro papae et sanctae sedi apostolicœ , nec non be-
« nefactorimeo, christianissimo ' etcatholicissimo
" Hispaniarum et tôt regnorum régi , si Britanniae
it Armoricse ducatum conservetis illustrissimae
« filiae ejus infanti^: regnum vero conferatis alicui
« principi ex ejus famibâ, quem illa maritum eli-
i'gere voluerit, et dotaU coronâ Franciœ digna-
«bitur in solidum utrique competenti^. Sed de
' Il donne en cet endroit au roi d'Espagne le titre de très-chrétien, parcequ' il le considéroit déjà comme roi de France.
" Le roi d'Espagne Philippe II avoit pour sa fîlle, l'infante Isabelle, des prétentions sur le duehé de Bretagne, et se disposoit alors à les faire valoir.
^ En iSgi, le roi d'Espagne avoit proposé qu'aux prochains états sa fille Isabelle fût déclarée reine de France , à l'exclusion de tous les princes, tant de la maison de Bourbon que de celle de Lorraine. En iSgS, il réitéra la même demande, sur ce que.
« hoc pliira reverendissiniiis cardinalis de Pelve « vobis disseret, et pro reliquo supplebit.Cognoscit " enim melius quam me vestra négocia , quae per « viginti annos tàniLotharingicè, qiiàni Ilispanicè « tractavit Romœ, adeô siibtiliter, et fideliter, ut « reduxerit res vestras ad punctum, ad quod illas " nunc reductas videtis : idcircô cùrti crederet « pius iste prœsul , et civis , Franciam niatrem « suam esse in agone mortis , et trahere ultinia « suspiria, venit nuper ad visitandam eam, tam- « quàni bonus et devotus confessarius et optinius « conipatriota ad vos juvandum, in pompa fu- «nebri, et exequiis ejus. Sed si velletis eligere « aliquem in regem ex suis benefactoribus Lotha- « ringiae , et Guisise , sanè vos faceretis ei secundùm « cor suum : et ille alacriter ungeret et sacraret « eum ex oleo sanclœ ampullce quod habet Remis « expresse reservatum, et benè servatum sub cus- « todiâ Sancti Pauli ' Gampanise, etRetheliœ ducis.
disoit-il, tous les fils de Henri II étant morts sans héritiers légitimes, le royaume lui appartenoit comme étant descendue de l'aînée des filles de Henri II. Peu après , il revint à la charge par le moyen du légat , qui , ne pouvant se trouver à l'assemblée parcequ'il étoit malade, proposa par ses lettres que l'infante fût tenue d'épouser son cousin l'archiduc Ernest, moyennant quoi on les établiroit roi et reine solidairement. C'est ce que les auteurs appellent ailleurs gyncecocratie.
' Le capitaine Saint -Paul, dont il a été fait mention précédemment
w Vos vidcritis : ejifo de expresse mandato domini '<nostri, si qiiid in hoc feceritis contra leges et «mores hujus regni, vel contra concilia Eccle- « siae , vel etiani contra Evangeliuni et Decalogum , « salteni secundùni impressioneni hœreticoruni , « vobis proniitto plenani absolutioneni , et indul- «gentiani, idque gratis', in saecula sseculoruni. « Amen. »
Oi me, non mi ricordiva di vi far intendere una molto buona nuova, ch'ô ricevuta in fréta di Roma , per mezo di Zametto : cio è che la sua santità, scommunica, agrava, anathematiza tutti i cardinali, arcliivescovi, vescovi, abati, preti, et monachi chi sono reali politici , quanto catholici siano. E per torre ogni diferenza et gelosia tra gli Spagnuoli e Francezi : farà il santissimo padre , che i Francezi liaranno le scrofole, come i Spagnuoli, e diventaranno anco bravadori, e bugeroni come essi. Oltre fà pieno indolgenze à tutti quanti buoni catholici loreni ô liispani francesi ^, i quali amazzeranno padri, fratelli, cugini, vicini, podestate, principi reali, politici heretici, in questa christianissima guerra, fine à trecenta mille anni di vero perdono. E non dubitate ch' il
' c'est presque le sans dot de l'Avare.
^ Ces Lorrains, on Espagnols François., plaisanterie d'un excellent goût, comme tout ce discours.
Spirito Saiito vi manca , perche il sacro consistorio lo fà descendere dalle braccia di Dio padre, à sua posta : corne sapete cli' à desi^nato doppo molti anni di creare alcuno papa che non fosse italiano , o liispano : in fine, fatte un rè, di gratia per amor mio : E non nie ne euro che si sie , fosse e diavolo , modo che sia servitore e feudatario de la sua santità, e del rè catholico, per niezzo del quai son stato fatto cardinale, merce al buon duca di Parnia. Ben vi dirô ch' il mio voto sarebbe volentieri per la infanta di Spagna, perche ella è valente donna, e amata molto di suo padre'. Neantedimeno farete quel che placera al signor duca di Feria , e à monsour lo loutenant. Ma guardatevi mentre d'aprir la bocca per ragionar di pace ô trega : altramente il sacro coUegio rinegarà Ghristo. « Ego me vobis et commendo iterum. Valete. »
' Philippe II chérissoit tellement sa fille que sur le point de mourir il l'appeloit encore son miroir et la lumière de ses yeux. M. de Nevers, en son Traite' de la prise des armes, dit, en parlant de l'infante : « Vous pouvez dire qu'en l'âge de vingt six ans elle «gouverne tous les estais du roy son père; car elle le soulage «infiniment en toutes les grandes depesches qu'il faict, l'ayant «nourrie auprès de luy, et instruitte aux affaires, si bien qu'à « présent elle agence toutes les plus grandes du consentement de « son père, voire elle signe les lettres d'affaires au lieu dudit roy, « ayant appris si bien à contrefaire sa signature, que les ambassa- « deui's et autres n'y connoissent aucune différence. Pour reste « occasion le roy la mené ordinairement avec luy quand il se retire
Ces mots finis, le petit Launay ' cy-devant ministre passé en l'université de Genève % et à présent boutecul^ de Sorbonne, après avoir mangé les grands bréviaires et heures du feu roy ^, à faire festins à monsieur le lieutenant, se mit à genoux avec Garinus ^ cordelier, et ajoostre apostat, et assistez de Cuilly^ curé de Sainct- Germain de l'Auxerrois , et d'Aubry 7 curé de Sainct-André des Arcs , revenant de confesser Pierre Barrière ^, en-
« en son monastère de l'Escurial, afin d'estre soulagé par elle, « comme il l'est bien et fidellement. »
' Il fut d'abord prêtre, puis huguenot et ministre, ensuite il se maria; enfin il fut chanoine de Soissons, grand ligueur et du conseil des quarante.
^ Dans l'édition supposée de Turin ( 1694), entre ces mots et les suivants, on lit : et depuis fesse-chambrière. Dans celle des Mémoires de la ligue, après le mot ministre, on trouve : apostat et à-présent houtecul , etc.
^ La populace donnait ce nom à des moines convers, qu'elle ne considéroit que comme des demi-moines.
^ Il se moque des gros et grands bréviaires que Henri III avoit fait imprimer.
* Jean Guarini, Guarinus ou Garinus, cordelier savoyard , l'un des boutefeux de la ligue. L'auteur l'appelle ap6ti~e apostat., parcequ'au lieu de porter le peuple à la paix, ainsi que son devoir l'y obligeoit, il ne cessoit de l'exciter à la révolte.
® Jacques Cuilly étoit l'un des députés aux états de Paris. Garinus et lui furent chassés de cette ville après sa soumission au roi.
' Il étoit du conseil des quarante.
^ Cet assassin étoit parti de Lyon dans l'intention de tuer le
loo SATYRE MENIPPÉE.
tonnèrent à haute voix devant la croix de monsieur le légat :
O Crux ave, spes unica, Hoc passionis tempore.
Quelques uns de l'assemblée le trouvèrent mauvais : toutesfois chacun les suyvit en chantant de mesme, et le bransle finy, le sort toucha à monsieur le cardinal de Pelvé de parler, lequel se levant sur ses deux pieds, comme une oye, après avoir fait une très jDrofonde révérence devant le siège de monsieur le lieutenant, son chapeau rouge avalé en capuchon par derrière, puis une autre semblable devant monsieur le légat, et une autre bassissime devant les dames : puis s'estant rassis , et toussy trois bonnes fois, non sans excreation
roi , et n'ayant appris qu'à Paris la conversion de Henri IV, il s'étoit adressé à Christophe Aubi'y, pour savoir de lui s'il pouvoit encore sans scrupule attenter à la vie de ce monarque. Aubry traita de bagatelle cette conversion, et ayant persuadé de son mieux à Barrière qu'il n'y avoit que la mort de cet bérétique abominable qui pût assui'er la religion catholique, il le renvoya à son vicaire et à Varrade, recteur des jésuites de Paris. Ces deux malheureux achevèrent, dit-on, de le confirmer dans sa résolution, le confessèrent et lui donnèrent la communion. Ce scélérat fut découvert à Melun , et pris au moment oii il cherchoit à commettre son crime , im mois environ après la conversion du roi. Lorsque le légat sortit de Paris, après la réduction de cette ville, le roi lui permit d'emmener avec lui Varrade et Aubry.
SATYRE MENIPPÉE. lor
j)hlegniati(|iie, qui excita aussi un chacun à faire (le niesmc, il commença de dire ainsi, addressant sa parole à monsieur le lieutenant, qui luy dit par trois fois, couvrez vous, mon maistre.
HARANGUE