NOTICE SUR LAMARTINE. XV
P. ii de pleurs gr s Essaient la source sans bassin,
Plus de germes errants pleuvaient de ta colline,
Et tu ressemblais mieux à notre Lamartine !
C'est la loi : tout poète à la gloire arrivé,
A mesure qu'au jour son astre s'est levé,
A pâli dans son cœur. Infirmes que nous sommes !
Avant que rien de nous parvienne aux autres hommes,
Avant que ces passants, ces voisins, nos entours,
Aient eu le temps d'aimer nos chants et nos amour?,
Nous-mêmes déclinons ! comme au fond de l'espace
Tel soleil voyageur qui scintille et qui passe,
Quand son premier rayon a jusqu'à nous percé,
Et qu'on dit : Le voilà, s'est peut-être éclipsé !
Ainsi d'abord pensais-je ; armé de ton oracle,
Ainsi je rabaissais le grand homme en spectacle ;
Je niais son midi manifeste, éclatant,
Redemandant J'obscur, l'insaisissable instant.
Mais en y songeant mieux, revoyant sans fumée,
D'une vue au matin plus fraîche et ranimée,
Ci tableau d'un poète harmonieux, assis
Au sommut de ses ans, sous des deux éclaircis,
Calme, abondant toujours, le cœur plein, sans orage,.
Chantant Dieu, l'univers, les tristesses du sage,
L'humanité lancée aux Océans nouveaux...,
— Alors je me suis dit: Non, ton oracle est faux ;