NOTICE SUR LAMARTINE. XXIII
crête de minuit, à la lueur de cette lampe bleuâtre qui éclaire Dolorida.
Lamartine a peu écrit en prose : pourtant son discours de réception à l'Académie française l, sa brochure de la Politique rationnelle, un charmant morceau sur les Devoirs civils du curé, un discours à l'Académie de Mâcon, indiquent assez son aisance parfaite en ce genre, et avec quelle simplicité de bon sens jointe à la grâce et à l'inséparable mélodie sa pensée se déroule sous une forme à la fois plus libre et plus sévère. La brochure politique, ou plutôt philosophique, qu'il a publiée sur l'état présent de la société, indépendamment de ce vif désir du bien qui respire à chaque ligne, révèle en lui un coup d'œil bien ferme et bien serein au milieu des ruines récentes d'où tant de vaincus et de vainqueurs ne se sont pas relevés. Quoique attaché par des affections antiques aux dynasties à jamais disparues, quoique lié de foi et d'amour à ce Christianisme que la ferveur des peuples semble délaisser et qu'on dirait frappé d'un mortel égarement aux mains de ses Pontifes, M. de Lamartine pas plus que M. de La Mennais, ne désespère de l'avenir ; derrière les symptômes contraires qui le dérobent, il se le peint éga-
i. C.o discours et l'impression qu'il fit au moment môme ont été apprécias avec quelque détail dans le Gluhc du 3 avril 1830.