JT ON AT H AS
S'il était vrai, seigneur, Qui pourrait à David disputer cet honneur? Moi seul, sans doute, moi qui, né pour la couronne,
SAUI 143
Ai seul droit, après vous, de monter sur ce trône; Moi seul pourrais m'en plaindre et le lui contester; Mais aux ordres du ciel bien loin de résister, Bien loin d'être jaloux de cet honneur insigne, Je le lui céderais s'il en était plus digne. Plus David sera grand, plus il me sera cher ! Respectons les secrets que Dieu veut nous cacher, Et, résignés d'avance au sort qu'il nous prépare, Attendons que sur nous l'avenir le déclare.
Apprends donc, malheureux, apprends donc à quel prix
Le sceptre de Jacob à David est promis !
C'est au prix de mon sang, de celui de ta race,
Qu'il doit monter au trône et régner à ta place.
Ton sang, ton propre sang doit un jour cimenter
Cette grandeur fatale où Dieu veut le porter;
Voilà de Jéhovah la secrète promesse,
Et voilà quels destins te garde sa tendresse I
JONATHAS
Eh bien, si Dieu le veut, seigneur, que pouvons-nous?
Est-il un bouclier qui sauve de ses coups? Les menaces de l'homme et sa vaine prudence Ne peuvent de ce Dieu ralentir la vengeance. Elle gronde, elle éclate, elle abat l'orgueilleux Qui se débat contre elle en insultant aux cieux; Et sur les fronts courbés la divine colère Passe, sans les briser, plus douce et plus légère.