MICHOL, SUITE, PRÊTRES, FEMMES, LÉVITES
M T C H 0 L , suivant David des yeux.
C'en est fait I il s'éloigne, il s'élance aux combats,
Hélas ! je n'entends plus que le bruit de ses pas.
Que n'ai-je pu le suivre au gré de mon envie !
Mourir du même coup qui tranchera sa vie !
Ah! quand le reverrai-je ? En quel état, grands dieux 1
Sanglant, percé de coups, peut-être qu'à mes yeux,
A côté de s.uïl, à côté de mon frère,
Le jour le montrera couché sur la poussière...
Nuit éternelle, fuis, et vous, ombres sans fin, Tombez, et d'un seul coup montrez-moi mon destin !
UN E ISRAÉLITE
Le bruit approche encor! fuyons, chères compagnes.
UNE AUTRE
Cherchons un autre asile au sommet des montagnes.
MICHOL
Si j'ai perdu David, que m'importe mon sort? J'irai, j'irai moi-même au-devant de la mort.
UN PRÊTRE, à Michoi
Pour Saùl et pour lui, vivez, vivez encore. Attendons en priant le retour de l'aurore. Espérons en David, en Jonathas, en Dieu !
UNE ISRAÉLITE
[ce lieu Tremblons! — J'entends des voix. — Des guerriers ver? S'avancent. — Ah! fuyons la mort ou l'esclavage.
UN PRETRE
Montons vers les rochers. — Dans cet antre sauvage Cachons l'arche sacrée. — Et nous, dans ces forêts Dispersons-nous. — Cherchons des abris plus secrets.
Les lévites emportent l'arche, la foule suit. UNE ISRAÉLITE, en s'éloignant.
0 sacré tabernacle! ô dernière espérance !
UNE AUTRE
O saint temple, qu'un Dieu remplit de sa présence, Au pouvoir de Moloch vas-tu tomber aussi?
UNE AUTRE
Périssons plutôt tous !
MICHOL, entendant les pas des guerriers.
Silence ! les voici !
L'obscurité toujours nous dérobe leur nombre, Hatons-nous, et sans bruit enfonçons-nous dans l'ombre.
Ils disparaissent tous.