XVI INTRODUCTION
reux rendez-vous manqué d'Aix, auquel nous devons le Lac, un séjour au Grarnl-Lciiips chez les Virieu, puis les alfres de la longue agonie d'Elvire. Lamartine semble d'ailleurs avoir été très réellement et douloureusement malade pendant ces six mois.
Dès le 25 janvier 18 18, un mois après le jour funèbre, il écrit à Virieu : « Ne pouvant résister aux rêveries de l'oisiveté, je me suis remis à travailler malgré les douleurs phvsiques qui s'ensuivent. Elles valent encore mieux que les idées fixes et sms fond o-ù le cerveau se brise « (Corr., I, cxxxviii). Il a déjà achevé à cette date « un acte entier de Sai'd et celui-là est du Shakespeare ». Le 1er acte ayant été composé à Vichy, il s'agit sans doute ici du Ile, « Pour le ler mai, ajoute-t-il, tout sera terminé ». Un accès de mélancolie et de douleurs de poitrine l'interrompt après le IVe acte, mais pas longtemps, car le 15 avril, Sauî est entièrement terminé. Dès le 16, Lamartine commence à recopier sur des cahiers envoyés de Paris par Virieu I, qui se met aussitôt en campagne avec une extrême ardeur, sur les instructions de son ami. Voici le plan de Lamartine : enlever d'abord le suffrage de Talma 2 en lui offrant ce rôle « qui est tout lui » et en le chargeant de faire accepter la pièce par le comité de lecture des comédiens ; puis, « en combinant les influences très diverses de M. de Chanay, de M. de Duras et de Talma », obtenir d'être joué dès l'hiver prochain. « Je ne le désire, conclut-il, que pour le peu ou le beaucoup d'argent que cela pourrait peut-être me rendre et me mettre à même d'augmenter en en donnant cinq ou six de suite, ce qui me serait facile ». Il tenterait ensuite l'impression d'autres poésies. D'ailleurs, fort satisfait de son ouvrage, il en donne des lectures à ses sœurs et à M"ie Delahante, en leur affirmant « qu'on n'a rien écrit de ce style ». Le succès est très vif sur l'auditoire de la famille : l'oncle tyran, régent de l'Académie de