INTRODUCTION' XV
paraît plus chaude et une intrigue un peu plus pressée que le sien » (Corr., I, xc\).
La pièce est peut-être commencée, mais vite interrompue. 1 Lamartine est au début de sa première crise religieuse qui, avec des arrêts, des reprises, durera jusqu'en 182c. Le bouillonnement j; intérieur est trop vif pour lui permettre de s'appliquer à une 1 œuvre de longue haleine. Il laisse le Saiil pour une épitre sur ' les Sépultures. Ensuite Marchangv, qui lui tombe sous la main, ' ne lui inspire pas moins de deux tragédies : Bninehaiit et Mê- !■ rovée, plus un poème épique, Clovis, qui amusera son imagi- I nation jusqu'aux environs de 1826.
Cependant rien ne nous prouve qu'il n'écrivit pas un Safd dès j cette date. Ce qui est certain, c'est qu'il en composa La dédicace à Aymon de Virieu. « A propos, je t'avertis que je t'ai fait depuis un mois une belle dédicace de mon Saill. J'en ai soigné l'écriture et l'ai mise dans mes papiers, comme si cela devait nous mener à l'immortalité. Pardonne-moi ces bêtises forsan et haec oliin » (Corr., I, cii, Paris, 8 juin 181 3).
Puis, c'est 1814-1816, l'engagement dans les gardes du corpus, l'ennuyeuse garnison de Beauvais, le retour de l'île d'Elbe, l'offre inutile de son épée pour défendre le Roi, des séjours à Paris tout occupés de jeu et de politique. Dans tout cela, il n'est plus question de SaiïL
Dès qu'elle a pris sur lui de l'empire. Madame Charles a beaucoup encouragé Lamartine au travail. Pour lui plaire, il commence, au château de Péronne, un nouveau Saûl; il dit même en avoir « verseggié » une première scène (Corr., I, cxxiv, jeudi 3 juin 1817). Cependant, il part le 7 ou le 8 pour Vichy, et, à peine arrivé, il écrit à nouveau cette première scène et la suivante, au crayon, sur un album qui porte à la page de garde cette mention: « Donné par Julie, 1816, à Aix ». Avant le premier vers, il date : « Commencé à Vichy, le 12 juin 1817 I ».
Le reste de l'année est fort agité : des voyages, le bienheu-