ACTE V
Quel monstre l'a frappé ? N'est-il plus d'espérance ? Faut-il mourir aussi ?
JONATHAS
Vivez pour ma vengeance !
Vivez ; n'espérez pas de conserver mes jours : L'instant où je vous parle en achève le cours. x\ccordez-moi du moins une dernière grâce : Que d'un fils expirant David prenne la place. Dieu le chérit, et Dieu rejette votre fils : Respectons ses décrets ! Je meurs et les bénis !
Quoi ! ce nom détesté dans ta bouche est encore? Dieu le chérit!... Eh! bien! c'est pourquoi je l'abhorre! C'est pour lui que de Dieu les décrets inhumains Ont brisé cette nuit mon sceptre dans mes mains ; C'est pour lui que tu meurs, c'est pour lui que je tombe ; C'est lui qui doit fonder son trône sur ta tombe ! Et tu veux... ! Ah ! plutôt dans son sein abhorré Que ne puis-je plonger ce fer désespéré, L'en retirer fumant pour l'y plonger encore ; Voir couler dans le tien tout ce sang que j'abhorre. Et lorsque sous mes coups sa vie aurait coulé, Me frapper à mon tour, et mourir consolé !
Un moment de silence.
— Mais je ne verrai pas son supplice ! — Le lâche Laisse tout faire au ciel ; il triomphe et se cache ! Il craint ce bras débile ; il attend pour venir Qu'un traître de ma perte aille le prévenir ! Qu'il vienne, il en est tems, saisir cette couronne
1711. Je meurs, je les bénis ! 42. — 1722. ton sang aurait coulé, 42. son sans? aura coulé, H.