‹ SaülChapitre 104 sur 110 · SA IL · texte numérisé non relu

SA IL

Qui tombe de mon front, et que son Dieu lui donne ! I7JO Qu'il vienne recliercher parmi ces flots de sang

Ce sceptre abandonné, ce trône qui l'attend !

Le voici ! — Viens régner sur ces champs de carnage ;

Viens recueillir de moi cet horrible héritage ;

Prends ma place, perfide, et, sur ces tristes bords, 17^ s Règne sur des déserts, des débris et des morts !

JONATHAS

Malheureux père ! au nom de mon heure suprême. Épargnez-moi ! ■ — Vivez, et rentrez en vous-même ; N'irritez pas un Dieu si sévère pour nous, Et par le repentir désarmez son courroux !

1740 Et que me peut ton Dieu ? Que me fait sa colère ? A son courroux enfin que reste-t-il à faire ? Près du corps déchiré de mon fils expirant. Il m'entraîne, il me voit ; il doit être content !

— Va ! tant que j'espérai de conserver ta vie,

^745 J'ai craint ce Dieu, mon fils ; tu meurs, je le défie ! Sa cruauté ne peut accroître mon tourment. Je tombe sous ses coups, mais en le blasphémant !

JONATHAS

O Ciel ! à nos malheurs n'ajoutez pas ce crime !

— Contentez-vous, ô Dieu, d'une seule victime ; 1750 Que mon sang vous apaise, et que mon père...

SAUI-, furieux.

Non!

1732. ce champ de carnage. ^2 et L.

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