‹ SaülChapitre 29 sur 110 · ACTE PREMIER I · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER I

JONATHAS

Eh ! bien, apprenez donc le sujet de ma joie ! Il vit !

I MICOL

Il vit ! oh ! ciel !

JONATHAS

Et Dieu vous le renvoie !

MICOL

Est-il vrai ? Quoi! David?... Ne me trompez-vous pas? P Je reverrais David ?

^ DAVID, s'élançant du bosquet où il était Ciiclié.

David est dans tes bras !

MICOL, après un moment d'égarement.

Dieu ! n'est-ce point un songe? est-il vrai que je veille? David ! quoi ? c'est sa voix qui frappe mon oreille ? Je le vois ! je le touche ! — O Dieu qui me le rends, Ah ! laisse-moi mourir dans ses cmbrassements i

(DAVID ; Une seconde fois, s'il faut que je la pleure.

Dieu qui vois mon délire, ô Dieu, fais que je meure !

158. au ciel 42. — 160. Après: Je reverrais D.wià, La iiiarHitc indique Scène IV^ » dans 41.

161 -167. Alf. David. Ton époux est avec toi ! Michol. Quel son de voix ! ô bonheur ! Je ne puis parler... Est-il vrai que je suis dans tes bras ? DA.VID. O mon épouse ! Cruelle absence ! O mort ! si tu dois me frapper aujourd'hui, je mourrai au moins près des objets que j'aime.

l8 SAUL .

JONATHAS à David.

Non, rien ne saurait plus l'arracher de tes bras !

MICOL, à David.

Non, nous mourrons ensemble, ou je suivrai tes pas ! Mais parle ! Qu'as-tu fait ? dans quel climat sauvage 170 As-tu caché tes jours pendant ce long veuvage ? Quel Dieu te protégea ? Quel Dieu t'a ramené ?

DAVID

Hélas ! traînant partout mon sort infortuné, Quels bords n'ont pas été témoins de ma misère ? J'ai porté ma fortune aux deux bouts de la terre.

175 D'abord, loin des humains, seul avec ma douleur. J'ai cherché les déserts, et j'aimais leur horreur ; Des profondes forêts j'aimais les vastes ombres. Les monts et les rochers et leurs cavernes sombres M'ont vu, pendant deux ans, troubler leur triste paix,

ibo Disputer un asile aux monstres des forêts, Arracher aux lions leur dépouille sanglante. Et me nourrir, comme eux, d'une chair palpitante. Du moins, lorsque la nuit enveloppait les cieux, Je gravissais les monts qui dominent ces lieux

1B5 Et, parcourant de loin cette immense étendue, Je revoyais la terre à mes yeux si connue. La lune, me prêtant ses paisibles clartés, Me montrait ces vallons, par mon peuple habités,

176. et j'en aimais l'horreur; L. — 177. j'aimai L. — 179 troublant S et L. — 181-196. Un trait en marge au crayon indique une coupure possible de CCS sei::^e vers. 40. — 183. Parfois, lorsque L. — 188. les vallons L.

181. I Reg. XVII, 34, 35 et 36 : ..et leonem et ursum interfeci ego servus tuus. Pour tout ce passage cf. I Reg. XXIII, 14 : Morabatur autem David in deserto.. sqq.

185. Cf. Preiii. Méd., !, IJIsolement : Je parcours tous les points de

l'immense étendue.

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