ACTE PREMIER I
La plaine, où tant de gloire illustra mon jeune âge,
Et du fleuve sacré le fertile rivage.
Sur son cours fortuné j'attachais mes regards.
Et mes yeux de Sion distinguaient les remparts.
« Voilà Sion, disais-je, et voici la demeure
« Où soupire Micol, où Jonathas me pleure.
« Tout ce qui me fut cher habite dans ces lieux. »
Et je ne pouvais plus en détacher mes yeux !
Enfin, las de traîner ma honteuse existence,
Dans mes oisives mains je ressaisis ma lance.
Et, brûlant de trouver un illustre trépas.
J'allai chercher la mort au milieu des combats.
J'allai chercher la mort, je rencontrai la gloire.
Je volai, comme ici, de victoire en victoire ;
Plus d'un peuple étonné me demanda pour roi.
J'ai préféré mourir à régner loin de toi.
Et je reviens enfin, à mes serments fidèle.
Vaincre pour ma patrie ou tomber avec elle !
MICOL
Mais sais-tu ?...
DAVID
Je sais tout, et ne redoute rien :
Ce bras est votre appui, mon Dieu sera le mien.
MICOL
Mais Saûl?
190. paisible R et S. — 193. C'est là Sion, 41. et voila R. — 194. me inatique dans 42. — 204. J'ai préféré l'exil 41. — 205. Et je reviens, trop tard à mon devoir fidèle, 41,
206. Corr., I, cxLviii. Quant aux deux récits que Ton veut supprimer, je supprimerais sans difficulté le premier de David.
DAVID
Ses malheurs l'auront changé peut-ctre.
JONATHAS
21© Fuis ! les moments sont chers et le Roi va paraître ; Que ce bocage épais te dérobe à ses yeux !
David se retire.
MICOL
Après tant d'infortune, attendons tout des cieux !