‹ SaülChapitre 31 sur 110 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

MICOL, JONATHAS, SAÙL

SA Cl

L'ombre fuit, et la terre a salué l'aurore ! Quand le dieu d'Israël me regardait encore, Chaque jour m'annonçait un bienfait du Seigneur ; Chaque jour maintenant m'apporte son malheur ! Quand le flambeau des cieux va finir sa carrière, Je crains l'ombre. — Il revient, et je hais la lumière ! Mais qui cache aujourd'hui son disque pâlissant ? Oh ! ciel ! il s'est voilé d'un nuage sanglant ; D'une clarté livide il couvre la nature ! Voyez les eaux, le ciel, les rochers, la verdure, Tout ne se peint-il pas d'une horrible couleur ? Soleil ! je te comprends et je frémis d'horreur !

MICOL

Mon père, calmez-vous : jamais sur la nature L'Aurore n'a paru plus sereine et plus pure.

JONATHAS

O mon Roi ! quel prestige a fasciné vos yeux ? Jamais un jour plus beau n'a brillé dans les cieux !

21 V Un jour de plus était un bienfait 41. — 216. Un jour de plus pour moi n'est qu'un nouveau malheur ! 41. — 217. tombeau 42. — 218. sa lumière! R. — 220, d'un nuage de sang ; L.

aij. Alf. commence ici son second acte. 220-225, Alf., III, 4. Soumet, II, 3.

Qui me soulagera du poids de ma vieillesse ?

250 Hélas ! qui me rendra les jours de ma jeunesse ? Aux plaines de Gessen qui conduira mes pas ? Q,ui me rendra ma force au milieu des combats ? Qui me rendra ces jours où ma terrible épée Brillait comme l'éclair au fort de la mêlée,

2]) Où, comme un vil troupeau dispersé devant nous, Le superbe étranger embrassait mes genoux? Ah ! tous mes jours alors se levaient sans nuage ! Tel qu'un jeune lion, amoureux du carnage, Chaque jour, j'attaquais un ennemi nouveau,

2.i<) Chaque jour m'apportait un triomphe plus beau. Israël reposait à l'ombre de mes tentes, Je chargeais les auteU de dépouilles sanglantes. Et le peuple de Dieu, couronnant son vengeur. Disait : ce Gloire à Saûl ! » et moi : « Gloire au Seigneur! x

Un moment de silence.

245 Et maintenant; que suis-je ? Une ombre de moi-même.' Un roi qu'on abandonne à son heure suprême ! Combattant vainement cette fatalité.

Ce pouvoir inconnu dont je suis agité. Persécuté, puni, sans connaître mon crime,

250 Par une main de fer entraîné dans l'abîme,

233-234. Qui me rendra ces temps où, dans le sang trempée, Brillait comme l'éclair ma formidable épée, L. — 235-236. Un trait an crayon en marge indique une suppression possible de ces quatre vers. 40. — 237. Autrefois tous mes jours R, S et L. — 242. ses autels R. — 245. qui R. — 248. par qui je suis dompté, L.

229. Alf., II, I, O temps fortuné de ma jeunesse, où êtes-vous t Jamais Saiil ne sortait de sa tente pour aller au combat qu'il ne fût assuré d'y rentrer vainqueur.

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