vos exploits S et L. — 457. A sou bonheur L
Qui, des dieux étrangers stupide adorateur, Vingt fois pour Bélial a trahi le Seigneur ? Vous pensez qu'à son Dieu, qu'à Moïse infidèle,
470 Pour le sang de ses rois, il aura plus de zèle ?
Qu'il remettra le sceptre aux mains de Jonathas ? Ah! prince ! ah ! jugez mieux : les peuples sont ingrats, Ils ne savent aimer que ceux qu'ils peuvent craindre, Et leur servile amour, toujours prompt à s'éteindre,
475 Par un nouveau caprice aussitôt remplacé.
Chez nous, du père au fils a rarement passé ! Malheur au fils de roi qui n'a, pour sa défense, Que les droits méconnus de sa sainte naissance. Si, trop voisin du trône, un jeune ambitieux
480 Jusqu'au trône lui-même osait porter les 3^eux !
Si Saûl est trop grand pour craindre pour lui-même. Hélas ! qu'il craigne au moins pour cet enfant qu'il aime !
Va, je suis las de craindre et de flotter toujours Dans ces perplexités où se perdent mes jours !
48) La prudence me nuit, le doute m'importune. Et je veux corps à corps afi'ronter ma fortune. C'est trop fuir, hésiter, prévoir et balancer. Au devant de mon sort je prétends m'élancer. Et, plongeant hardiment dans ces ombres funèbres,
490 Arracher mon destin du sein de ses ténèbres !
473. ceux qu'ils savent craindre, 42. ceux qui se font craindre, L. — 475. csi ajouté en marge à Vcncre. 40.
472 sqq. Les mêmes principes politiques sont exprimés dans les lettres de la même année (181 8) cf. Corr., I, cxlvi : « le seul bien de la société, c'est la force », et I, cxlix : « vous croyez que les peuples corrompus doivent être gouvernés par la seule vérité, la seule raison, la seule justice... moi je crois... que le seul moyen de gouvernement, c'est la force. »