SCÈNE II
(GrYGÈS, sitôt seul, s'est laissé rouler à terre contre le banc où était assis Philèbe, comme écrasé de honte ou de désespoir. .
Mon anneau ! mon anneau !
Il le presse de ses lèvres.
Cache-moi ma pensée !...
Tu leur fais peur à tous, invisible Gygès.
Anneau ! que ne peux-tu me cacher à moi-même? Car Gygès a peur de Gygès.
Il se prend la tête dans les mains et sanglote.
Sous mes erabrassements trop durs t'ai-je blessée? -T- Plein d'amour et d'effroi, j'ai fui ; je l'ai laissée Dormant encore et sur le bord du lit posée... J'ai couru dans la nuit ; j'ai fui comme un voleur. Sur le gazon glacé, laver dans la rosée , La fièvre de mes mains, Thorreur de ma pensée, La rougeur de mon front, le crime de mon cœur... — J'entends venir... Où me cacher?... C'est elle !
II reste à terre, appuyé un peu contre le banc. Entrent Nyssia et Gandaule.