SENTIMENT DE FAMILLE
Di^tributives,
Trois passions qui nousi^^p^g^^^ font rechercher les plai- ) ^^baliste.
sirs donné? a > mtel Iigence | ^j,^,^^^^^ par le spectacle de 1 Ordre f
Les cinq paa&ions seositives vUnn^ut se réunis dans une teadance qui leur est commune et qui le$ résume, Tamoar du bieu-ètre, que nous appelleroiDsamoiir dn luxe, en le considérant dans ses aspirations les plus élevées*
Cet amour du bien*ôtFe ou du luxe, résumé de toutes les impulsions de Thomme vers le bien physique^ peat être subdivisé, comme chaque passion sensitive ellemême» en deux parties ; désir des objets e^^térieun qui nous procurent des jouissances, et désir de conser* ver, d améliorer même l'organe qui nous les procure.
Le luxe recherché par l'homme est donc k la fois luxe externe ou abondance d^objets agréables aux sens, et luxe interne ou conservation, amélioration deTorganisme en général, santé, vigueur, longévité.
Les passions affeotives et distributives représentant les nobles désirs du cœur et de Tintelligence 4pi^ei^^ être distinguées des cinq sensitives par le nom collectif A'animiques ou p^sfH^ns de l'âme.
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Les quatre affectives sont nommées spéfiatement eardinaleê, comme étant le pivot de l'activité des Imes dans tont l'«ni?ers. Vamilié joint tous les membres de i'èspèce humaine par un sentiment de fraternité qui peut, en vertu des circonstances, telles "ïïae services rendus, communauté de carrière» ou ce qui forme un lien plus élroit, sympathie, affinité de caractère, attacher certains individus les uns aux autres beaucoup plus intimement qu^ils ne sont unis à l'espèce humaine en général. Le sentiment, en principe, est le même; il s'élargit et se répand dans le premier cas ; il se concentre et s'individualise dans le second, répondant ainsi à des vues différentes, mais toujours utiles, du créateur.
L'amitié ne suffit pas à l'homme, il faut qu'il agisse; le groupe de travailleurs s'organise, et Yambi- Hm intervient. Gardons-nous de juger son essence et son but par les effets désastreux quelle produit si sou- Tent dans notre monde. L'ambition est on désir de diriger, très-salutaire au travail, attendu qu'il a besoin de directeurs. Chaque homme est ambitieux, parce que chaque homme a des inférieurs à guider, et que le dernier de touè en capacité peut encore avoir des lumières pour ceux qui débutent dans son art. On n'a guère opposé à l'ambition, jusqu'à ce jour, que le contrôle individuel de la conscience. Ce contrôle est loin d'être aussi peu efficace que Fourier l'affirme ; mais, incontestablement, les efforts solitaires que l'homme doit faire contre lui-même doivent être ici, comme en toute cbose, aidés par une organisation réalisant le contrôle social, et défendant à l'ambition égoïste de se faire jour en renversant tout sut son passage.
Amour. Le but et les caractères de cette passion destinée à élever^ à éparer Tâme, à inspirer les actions les plus nobles, et non pas seulement à perpétuer TeSi pèce humaine, sont assez connus pour que nous n'insistions pas.
Famille. La famille conserve les jeunes généra^ tiens, les entoure de protection, de tendresse, rempli! ainsi une mission sacrée, et doit rendre aux vieillards, faibles à leur tour, les soins vigilants, Tassistaoc^ dévouée dont ils ont entouré les berceaux de leai descendance.
Les quatre passions affectives ont-elles une résul^ tante? se résument-elles, comme les cinq passions seositives, en un vœu collectif, en une passion unique^ C'est vrai, en ce sens que toutes elles relient rhomm^ à rhomme, comme les sensitives le relient au monde physique ; mais donner un nom à ce principe d'affection qui groupe les membres de Tespèce humainf pour la cordialité, pour le travail, qui rapproche les sexes, unit les âges, ce serait faire trop de violence ï la langue d'aujourd'hui. Nous nous abstenons en signalant une lacune, et nous ne risquerons pas le mol de graupisme^ dont Fourier lui-même a fait pet d'usage, après l'avoir proposé, comme il avait proposé le mot luxismcy exprimant, à son avis, la tendance au luxe.
D'après le même langage , les trois distributives se résumeraient dans la passion collective sériisme; roais l'expression n'est pas heureuse et nous ne voulons pas imposer de mots. Ce sera assez de faire accepter des idées. Le sériisme avait été inventé comme équivalent des ces trois mots : amour de Vordre.
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La tendance an luxe, la tendance an groupe, «'està-dire à la formation des liens dans Thumanité» enfin 1 amour de Tordre, réduisent à trois les tendances de notre âme vers l'harmonie. Ces trois passions ellesmêmes peuvent, comme toutes les couleurs se réunissent dans le blanc, ou lumière pure, s absorber dans une passion supérieure qui natt de leur ensemble et de leur accord, VUnitéisme, dont le nom restera cette fois, car il a trop de valeur expressive pour être aisé à remplacer.
L'unitéisme est l'amour de toutes les harmonies combinées, de Puni té suprême. C'est autre chose que la recherche des harmonies matérielles, affectives, intellectuelles ; c'est un sentiment religieux qui nous passionne pour toute la création, pour son auteur, nous assimile si bien à la vie universelle, que l'àme douée de ce sentiment souffre avec tojit ce qui souffre et met au-dessus de tous les mobiles personnels le désir infini d'augmenter le bonheur du monde.
11 est glorieux pour Fourier d'avoir nommé, décrit, célébré cette passion. Il est honteux pour ses adversaires d'avoir caché cette partie de son système, et d'avoir laissé croire à la foule que Fourier ne reconnaissait dans l'homme que des mobiles d'intérêt personnel , avec ou sans association.
L'unitéisme qui naît de l'ensemble des passions développées avec harmonie, mais qui est autre chose que ces passions et qui peut les combattre, comme la flamme combat le foyer dont elle est issue, l'unitéisme fait accepter le sacrifice avec ardeur. Il fallait donc admettre en l'homme un principe libre et spontané ; le dévouement perdant entièrement son caractère, s'il n'est qu'une attraction fatale , une force irrésistible
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<;omme les autres pissionâ, remportant mr elles chez les âmes de nature généreuse^ généreases on ne sait poarqnoiy vaincu par elles chez les âmes basses, en Tertu de lois infaillibles, et qui seraient, si Ton est fidèle à la logique du système fouriériste, du domaine de la mécanique et non de celui de la morale. Le dé- Tonement assimilé à toutes les puissances aveugles! C'était là un motif pour que Fonrier dût perdre, en grande partie, le mérite d'avoir reconnu Petistencede ce principe. Ajoutons que, dans sa théorie, runitéisme n'a de mission bien compréhensible que pour les sociétés malheureuses, incohérentes, subversives, où rhomme doué de sentiments supérieurs accepte, recherche même toutes les privations qui peuvent diminuer la souffrance de ses semblables ou préparer leurs jouissances futures.
Mais une fois que Tincohérence sociale a fait place à THarmonie, que toute occasion de souffrance, sauf exception minime, est supprimée, que tout homme n'a plus qu'à jouir, sûr, en jouissant, d'être coudait avec infaillibilité dans les voies deladestinée providentielle, le sacrifice devenant inutile, ce ne saurait plus être une vertu de l'accomplir, et l'unitéisme ne sera plos qu'une résultante du bonheur universel, effet passionnel pour lequel il était parfaitement superflu d'imaginer un sentiment spécial.
L unitéisme, dont le rAle devrait être d'autant plos important que l'homme se développe mieux selon les vues divines, est^ dans l'harmonie phalanstérienne, un rouage parasite, ne donnant lieu qa*à des applications exceptionnelles et mesquines, comme le curage des fosses d'aisance (nous sommes obligé de rappeler ce
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détail) proposé à la jeanesse eomme un but sublime de son dévouement , de son exaltation religieuse. La véritable harmoniQ sociale cherchera les moyens pratiques de simplifier le travail des vidangeurs et de Tassainir. Elle réservera pour d'autres emplois l'ardeur et l'enthousiasme du jeune âge.
La vérité c est que le dévouement ou lunitéisme, car, encore une fois» le terme est heureux et mérite qu'on le coDserve» l'aspiration vers la source du bien, vers le centre et l'Unité du monde, sera plus général et plus ardent qu'aujourd'hui en Harmonie. Il suggérera des efforts immenses, parce qu'il y aura toujours des la* canes dans le bonheur de la terre, et que, si l'on en bannit la misère avec son cortège actuel de vices et de crimes, la conscience plus raffinée se posera des problèmes nouveaux, des problèmes inaperçus de nos joars.
Abolir Tesclavage était la tâche du dévoueipent au temps ixk Christ ; anéantir l'institution du servage fut une œuvre utile plus tard. Â notre époque il est réservé de briser d'autres chaînes. Quand le domestique, le paysan, le soldat, l'ouvrier, auront le degré de liberté qui leur est dû, ne faudra-t-il pas les rendre éclairés et bons? T a*t-il une limite dans ce perfectionnement de l'âme dont le type supérieur est Dieu? Toute âme est destinée à un progrès infini qui peut la porter au sommet des cieux ; son raffinement ne saurait être accompli, terminé parce qu'elle aurait été emboltéa dans une société faite comme une machine^ qui l'empêcherait de voler, d'assassiner, de fûre des escroqueries ou des faux en lui donnant du pain ; de commettre des infanticides en nourrisst^nt les enfants que Dieu lui
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aarait accordés sur terre; de violer en lui garantissant des séries de femmes faciles, et ainsi de suite.
Avec Tamélioration des institutions sociales, doi) concourir l'amélioration de Tàme par elle-même, et, si les institutions améliorées doivent préserver Phomice des tentations les plus grossières, ce n*est point pour qu'il se contente d'être exempt de crime et des vices kî plus brutaux, c'est pour qu'il entre dans la voie d'un perfectionnement de lui-même qui n'a pas de terme et pour lequel des exemples sublimes devront être doA-j nés, par ceux-là surtout qui seront placés à la tête dd peuples.
Que l'on ne s'effraye pas de cet avenir de vertu. U vertu véritable n'est pas rigoriste. Dieu ne torture pas il ne veut que la réalisation du bonheur universel. I repousse tout sacrifice inutile, mais il veut que l'élément spirituel, sans jamais détruire la matière, ni sa séparer^ la transforme et que tout s'épure. Il préfère ai caillou le diamant taillé, au minerai terreux l'or poli et ce travail d'épuration sera plein d*attrait, qnm l'homme, ayant acheté cette heureuse transformatioB, se sentira emporté vers les régions supérieures, natarellement, comme un oiseau qui s'empare de l'espace pour la première fois et qui sent que les ailes lui soo( venues.
L'idée imparfaite donnée par Fourier de l'unitéistne tient à l'absence complète de la moraledans son système tout entier; mais sa classification des passions, prise ea elle-même, est parfaitement juste, en ce sens (pt l'homme est animé, comme toutes les âmes supérieares à la notre , par douze passions radicales , et que du développement harmonieux de ces douze passions naît
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icîpe sopérieur, inconnu aux animaux, Vuni" ^istné^n aspiration vers le bien, vers le bonheur de réalion, vers Dieu.
s'est borné, quant aux passions, à quelques léraux^ suffisants pour édifier sa théorie, de chercher comment il pourrait être com- Tr des emprunts à la philosophie, trop méprisée parce que son esprit n'y était pas propre, en- [irons ici tout ce qu'il a dit d'ingénieux et, en le temps, de juste sur ces douze passions, éléments mslitutifs et primordiaux de la sensibilité humaine.