IDÉES INGÉNIEUSES
Nous appelons de ce nom les analogies^ parce que les savants n« les comprennent pas, que, pour notre part, cet élément de la théorie phalanstérienne a été, jusqu'à présent, celui qui nous attirait le moins, celui dont la révélation nous a été le plus difficile, vu la nature de notre tête, mieux préparée, à ce qu'on nous assure en ce moment, aux communications vulgairement appelées scientifiques.
Fourier constate avec justesse que les poëtes de tous les temps, de tous les pays, cherchent à exprimer leurs idées par des images, tendance des créateurs de poésie qui doit se retrouver à un degré supérieur chez les créateurs de la Nature.
Il ajoute que ces poëtes se sont rencontrés dans l'interprétation de plusieurs symboles, la rose, emblème de virginité à cause de ses fraîches couleurs, de sa grâce, de son parfum, de ses épines; le serpent, em-
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blême de la calomnie, parce qu'il mord et empoifionM en rampant ; le chien , signe d'amitié fidèle; le liem, portrait da parasite. I
Cet accord lui prouve, et il a raison» que les poëtei ont rencontré juste, que l'interprétation des emblèmeil naturels n*est pas une fantaisie; que tout animal, toat! végétal est par sa forme, par ses couleurs» ses propriétés, ses habitudes, un hiéroglyphe au moyen duquel I la nature, miroir d'elle-même» s'est plu à retracer l») phénomènes les plus saillants du moiMle passionnel oq social. Fourier là-dessus avait des lumières exceptionnelles.
Il est certain que beaucoup d analogies, découvertes ou à découvrir, sont un fruit de Timagination, j et que chacun est libre de voir dans l'œuvre de Dieo des rapprochements plus ou moins ingénieux sans que ce jeu d esprit ait le caractère d'une scieuce.
Dans ce bas monde, on fait des comparaisons qui varient pour le même objet suivant l'esprit et les connaissances de chacun. Rabelais engageant, k propos des couleurs et livrées, une discussion facétieuse avec l'auteur du livre intitulé Blason des couleurs, soutient que le blanc signifie joie, plaisir, délices et réjouissances , et le bleu choses célestes. Il fulmine contre les interprètes de la nature qui traduisent blapc par foi, bleu par fermeté ; mais il est aisé de voir que Rabelais aurait soutenu cette dernière thèse aussi heureusement que la première, s'il eût voulu. En matière d'analogie, mainte invention prétendue scientifique ne s'élève pas au-dessus du rébus.
Mais Fourier avait le droit d'affirmer que les sept passions animiques correspondent aux sept couleurs
du prôme et aax sept notes de la gamme d'at.
La coîacidenceda nombre est un point de départ im* portant. Le chiffre des sept passions animiques^ c'està-dire affective^ et distributives, étroitement liées au cœur et à Tesprit, est celui des tons de la gamme musicale, des couleurs primordiales dans le prisme ou dans lar&en-ciel. Ces données arithmétiques sont assez frappantes pour qu'on en tienne compte, sans pouvoir être accusé de superstition ou de minutie.
Analogies des couleurs.
Les sept passions principales sont une palette et une gamme» un élément d'harmonie sociale, comme les couleurs et les notes sont en peinture et en musique l'élément indispensable de toutes les harmonies. Mais l'aaalogie doit être complétée par cette idée que la couleur et la note ne deviennent pas mélodie ni pein* tare sans être utilisées par l'intelligence éclairée, par la volonté persistante de l'artiste» et que les douze passions livrées à elles-mêmes ne produiront aucune so* ciété harmonieuse ou harmonienne sans être employées, c'est-à-dire graduées en raison de leur valeur relative, développées ou restreintes, en un mot mises chacune à sa place, par Tintelligence et la volonté combinées de l'individu agissant sur lui-même et des organisateurs sociaux agissant sur la société.
Fourier est allé plus loin que la constatation d'une analogie évidente entre les passions et la musique. Il a fait une autre découverte, c'est que certaines passions semblent donner le ton k des modulations en majeur, et d'autres à des modulations en mineur. Il a
fait observer très-justement que deux affectives arrivent à leur développement le plus complet, le plus ékii chez le sexe masculin ; ce sont T Ambition et TAmitié. Il les a nommées passions majeures , constatant un^ similitude réelle entre le mode majeur en musique à la virilité dans sa puissance. — ^L* ambition est la pics! forte des deux. Elle doit produire des effets sociauil plus brillants et donner au cœur des impulsions plusl actives ; c'est la passion hyper-majeure ^ c'est-à-dire sur-majeure; l'amitié, la moins forte des passions tIrilcs, est hypo-majeure ou sous-majeure.
Les passions mineures ou féminines sont TAmouret la Famille. Dans ces deux sphères la femme doit régner parce que son âme seule peut contenir le développement de ces deux passions dans leur plénitude et dans toute leur pureté. La société de Tavenir prendra modèle pour aimer sur Tépouse et sur la mère. La passion hyper-mineure, la dominantede l'élément féminin, est l'amour; Vhypo-mineure, est le sentiment de famille.
Fourier a de plus indiqué une correspondance précise entre les douze passions et les sept couleurs élémentaires du prisme , augmentées des cinq nuances intermédiaires principales.
La voici pour les passions animiques et les sept rayons élémentaires :
Amitié,
Violet.
Ambition,
Rouge.
Amour,
Bleu.
Famille,
Jaune.
Unitéisme Blanc.
Composite, Cabaliste,
Orangé.
Indigo.
Papillonne,
Vert.
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Voici la jasUfication de ces correspondances ; nous débuterons par les plus saillantes :
Il noas a toujours paru évident qu'un lien naturel existe entre l'ambilion^ passion de Torganisation guerrière dans le passé, de Torganisation industrielle dans 1 avenir, et le rouge éclatant.
Le bleu d'azur est, à cause de sa douceur céleste, un emblème d*amour accepté déjà.
Le violet, combinaison du rouge et du bleu, corres** pond à Tamitié, amour affaibli qui tend indirectement à l'organisation industrielle, et qui se fortifie par la communauté de profession, mêlant ainsi les émotions ralenties de l'ambition à celles d'un amour pâle.
Le sentiment de famille est une passion douce, tranquille, unie, à qui le jaune convient on ne peut mieux.
La composite, enthousiasme industriel, éclate comme la couleur orangée.
La cabaliste aux sombres calculs, se concentre profondément comme l'indigo.
Le vert est l'emblème réel de la papillonne, en qualité de couleur essentiellement propre aux transitions et aux raccords. Elle est plus riche que les autres couleurs en nuances distinctes. Une campagne entièrement verte n'est pas monotone. Les teintes parfaitement nettes et découpées du gazon, de la vigne et des arbres introduisent une heureuse diversité dans la nature.
L'analogie de l'unitéisme avec le blanc est évidente. Le blanc est pur comme la lumière, l'unitéisme est pur comme la vertu; le blanc est la résultante de toutes les couleurs, et il est supérieur à elles; l'unitéisme est un résultat divin de toutes les passions harmonieusement développées.
Analogies de la gamme.
Quant à Tanalogie des sept passions animiques avec les sept notes de la gamme, Fourier la lance au milieo d'un volume, sans commentaire, et les phalanstériens qui auraient voulu s'en rendre compte auraient élé arrêtés par des erreurs difficiles à reconnaître comme à rectifier : la transposition de la composite et de la papillonne, auxquelles Fourier donne pour emblèmes le la et le fay au lieu du fa et du la; l'attribution de Tut à lunitéisme et au favoritisme. Disons tout de suite que lunitéismen'apoint de note spéciale: il constitue l'barmonie toul entière. Quant au favoritisme^ droit exceptionnel accordé aux natures les plus sympathiques à la masse des travailleurs, et qui devrait, suivant lesystème phalanstérien, leur assurer des fonctions, comme des titres , au détriment du mérite réel, cette conception I doit être mise au rang des chimères. La faveur est une injustice pure et simple, et non pas un ressort d'asso- j ciation. Les travailleurs inférieurs qui, par le charme de leurs manières , deviennent les rois du groupe d'amitié, ont une position logique et légitime^ comme celle des rois du travail. Quant à l'idée de placer des favoris k la tête des armées industrielles, par le seul motif qu'un prête-nom doit garder la première place, afin de prévenir le conflit des chefs de séries les pins habiles, c'est une concession faite à l'immoralité. Le devoir des chefs, encore plus que le devoir des sociétaires inférieurs, est d'accepter et de subir les nécessités gouvernementales.
Supprimons le favoritisme avec son emblème parmi
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les couleurs» le noir. Le noir est le mal et rignorance, comme le blanc figure le bien et la lumière. On peut faire une série du raffinement moral et du progrès intellectueU correspondant à toutes les nnances du gris, depuis le noir jusqu'au blanc. Elle représentera le développement général de l'âme humaine, sans avoir rien de commun avec Tessor particulier de telle ou telle passion animique.
Précisons maintenant la concordance des sept passions et de la gamme. Un enseignement complet va résalter de ce rapprochement, puéril au premier aspect.
D'abord, qu'est-ce que la gamme?
Un homme aussi distingué par le courage que par ane droiture exceptionnelle» M. Chevé a préparé la diffusion de la musique dans les classes populaires, et rendu ainsi un service incalculable à l'humanité, en comprenant le premier ce que c'était que la gamme.
C'est une échelle de sons, disposés avec une gradation toujours la même, avec des intervalles dont la disposition est invariable, et qui s'applique, sans modification aucune, à tous les étages de la tonalité.
Il n'y a qu'une gamme nécessaire, la gamme d'ut. Elle suffit à tous les besoins de la musique vocale ; elle pourra suffire à ceux de l'instrumentation perfectionnée.
En étudiant cette gamme typique, nous reconnattrons que Vut ou tonique, base de tous les autres sons, point de départ auquel on revient toujours, est en analogie parfaite, autant du moins qu*un sentiment de l'espèce humaine peut être assimilé à un son, avec l'amitié qui doit être la base et la tonique de toutes les relations sociales.
Ut, mi, sol, si, notes si liées entre elles que» dans la plupart des instruments de cuivre, elles sont engendrées les unes par les autres, dès que la puissance du souffle est augmentée» sont Tirnage des quatre affectives.
L*analogie du mi, comme du bleu avec lamour» n'a pas besoin de preuves. Cette note est le premier élément d'accord, et sa douceur spéciale est reconnue par toute oreille intelligente.
Du mi naît le sol ; de l'amour natt le familisme. La famille est la dominante sociale, et Fourier l'a trop méconnu. Bornée à Tamitié» Thumanilé ne formerait que Tunisson, aussi pur qu incolore. L'amour et le mi donnent un élément nouveau de charme et d'harmonie, la famille et le sol en complètent la richesse.
Mais l'humanité a des destinées plus hautes. Il faut qu'elle s'élève jusqu'à l'ambition et jusqu'au ^i. Comme l'hyperbole, emblème non moins juste de celte passion tourmentée par un désir d'activité insatiable, comme l'hyperbole, que nous analyserons plus tard» le si approche d'un but sans l'atteindre. C'est» de toutes les notes» celle que nous pouvons entendre le moins longtemps. Elle désire et cherche un accord sur lequel l'auditeur puisse se reposer.
Voilà l'analogie musicale des afl^ectives.
Quant aux distributives, elles appartiennent à une autre catégorie et forment l'accord ou la série de ré, i fa, la à elles seules. '
La cabalisle s'appelle aussi dissidente ; elle excite ' la lutte de chaque groupe industriel avec les éléments contigus. Le ré discorde avec l'ut, comme avec le mi ses voisins, plus désagréablement avec Tut. C'est à la
concorde sociale et k la fraternité que la cabaliste est le plus contraire.
Le fa est la base d'un accord énergique et militaire ; il entraîne, comme la composite qu il représente ; il réalise dans les imaginations les clairons, signal du départ, lattelage des chariots, le déploie^ ment des bannières, tous ces apprêts que Tindustrie de lâvenir doit emprunter à nos armées et dont le charme est assez puissant pour saisir l'homme entre le mi et le sol, entre Tamour qui triomphe et la famille qui va se former.
Pourquoi, malgré Tautorité de Fourier, attribuonsnous le la, comme signe musical, à la papillonne?
Cest que la vie du phalanstère réformé, indépendamment du passage de chaque travailleur, dégroupe en groupe et de série en série, constitue un alternat général entre la famille et le travail. La majeure partie de la nuit, comme des repas, appartient aux relations familiales, à la vie d'intérieur; à l'ambition, c'est-àdire à l'industrie hiérarchique, est consacrée l'autre moitié de la vie. Tel est l'essor principal de la papillonne, et le la, son symbole, se trouve placé entre le sol, qui veut dire famille, et le si, note de l'ambition. Avons-nous complété les analogies des couleurs et celles des sons avec les attractions radicales de l'homme? Notre point de départ a été le nombre sept; mais il y a douze passions primordiales, en comptant les cinq sensilives, et nous trouvons le même complément dans le prisme, en tenant compte des cinq nuances intermédiaires entre les couleurs franches. Nous le trouvons aussi dans la gamme, en y ajoutant les cinq demi-tons employés, tantôt comme dièzes, tan-
tôt comme bémols , sur le clavier. Faut^il dresser h liste des douze passions avec des concordaaces supplémentaires?
Fourier Ta fait, en mettant en regard des sensitives les cinq nuances intermédiaires que voici :
Vue,
Jonquille,
Toucher,
Lilas.
Goût,
Brun foncé.
Ouïe,
Bronze.
Odorat,
Vert-dragon
Avant de justifier ce complément d'analogies avec détail, faisons observer que les arguments dont noos nous sommes servi déjà pour ce genre de démoustration ont dû paraître superficiels et subtils. L'analogie ne s'adresse qu'aux organisations délicates. Les femmes la sentent, les poètes la devinent, les âmes dégagées du corps la perçoivent seules entièrement. Elle n a pas d'application pratique aux usages de la terre, dans ces époques surtout où la matière prédomine comme dans la nôtre. Ce qui se voit du premier regard dans l'autre monde est difficilement perceptible pour les yeux de celui-ci. Cette précaution prise, venons à des preuves que l'imperfection de l'organisme humain et terrestre nous empêchera de donner complètes.
Parmi ces nuances, la plus lumineuse, le jonquille, qui se distingue du jaune familial par un reflet légèrement verdàtre, est consacré h la vue.
Formons une couronne de toutes les tieiates de l'arcen-ciel : du jonquille nous passons graduellement an jaune famille, orangé composite ^ rouge ambition. Entre le rouge ou Tambition, et le violet ou Tamitiéi
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qoel éist lé point de contact? C'est la poignée de main des rivaux indastriels ; elle est représentée par le toucher et pi^r le Ulas.
Continuons.
Le lilas se fonce et devient violet, bleu, indigo; arrêtons-nous à cette livrée de la cabaliste. Quel est le résultat le plus utile de cette passion? C'est le raffinement des substances alimentaires ; l'agriculture est la base du travail bumain ; elle attend son développement complet de l'organisation des séries ; leurs produits perfectionnés par l'émulation sont transmis au consommateur qui les juge. De la cabaliste et de l'indigOy nous passons au goût et au brun foncé.
Arrivés aui teintes les plus rembrunies , nous sommes obligés de les éclaircir. Au festin se joint une jouissance moins matérielle, celle de la musique» complément des plaisirs gastronomiques déjà cberché par la richesse et le pouvoir. Comment pourrait-il manquer dans une société parfaite? Le brun est côtoyé par le bronze, emblème de Yoûte, moins foncé que lui, coloré déjà par une nuance de papillonne.
Cette nuance^ indiquant l'alternance de la symphonie et de la conversation durant le repas, devient plus forte dans hvert-dragon, qui représente V odorat ou les fleurs.
L'horticulture est, de tous les travaux champêtres, celui qui admet le plus de variété; les fleurs sont sans nombre ; l'art de les produire multiplie sans cesse ses procédés. C'est là que la série de travailleurs développera les ramifications les plus divisées II n'y a qu'un degré du vert-dragon au véritable vert, de Todorat à ia papillonne.
Le vert touche aa jonquille , et le parcours des teintes va recommencer.
Quant aux demi-tons, il faut les disposer ainsi :
ut, amitié.
ut dièze, toticher.
ré, cabaliste.
ré dièze, vue, mi, amour.
fa, composite.
fa dièze, goût, sol, famille.
sol dièze, odorat, la, papillonne,
la dièze, otite, si, ambition.
Le toucher, ut dièze, comme le lilas dans la gamme complète des couleurs, unit les rivaux industriels et tempère la cabaliste par le souvenir de Tamitié; Témulation du travailleur est équilibrée d autre part par la vue, ré dièze, le mettant en contact avec le mi, emblème de la personne aimée, qu'il aperçoit dans le camp des adversaires. A l'enthousiasme du travail accompli suc^ cède ordinairement le repas auprès de la femme et des enfants^ et le sol dièze, associé à Yodorat^ se place entre les arômes de la table de famille et ceux des fleurs variées, aimées des enfants et des papillons^ dont le phalanstère s entoure. Enfin le sens de rouïc reçoit des instruments ou des voix le signal des mutations dans le travail; aussi il est posté avec le la dièze, entre la fonction qui se termine et celle qui commence^ entre la papillonne et l'ambition industrielle.
Analogies des lignes.
Fourier a rapproché, à titre d'analogie, les quatre assions affectives des quatre sections du cône, dans ordre suivant :
Amitié^ Cercle,
Ambition, Hyperbole.
Amour, Ellipse.
Famille, Parabole,
Ces analogies sont très-justes. Celle de Tamitié, >assion de 1 égalité, du nivellement, passion contraire i la hiérarchie, avec le cercle, dont tous les rayons sont égaux, dont la circonférence n a aucun point final ni initial, est surtout frappante, ainsi que l'analogie de Tellipse avec l'amour. L'ellipse a deux foyers, et les phalanstériens auraient dû tirer de cette comparaison, souvent rappelée par eux, la conséquence que l'amour puisé dans la nature est l'union exclusive de deux âmes qui se choisissent^ et non pas l'orgie illimitée que la théorie phalanstérienne contenait en germe, et que la réalisation de cette théorie eût propagée infailliblement par toute la terre.
Pour donner à ces analogies toute leur valeur, il a manqué à Fourier et à son école de connaître l'emploi des quatre courbes que nous venons de nommer, dans le mécanisme de la création et dans les actes les plus essentiels de la puissance divine. Nous renvoyons cette explication d'ordre supérieur à notre prochain ouvrage. 11 fera comprendre aussi pourquoi l'unitéisme, principe
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de raffinement qni ramène toutes les créatares à Dieu, est manifesté» dans les lignes, par wtt spirale s^airt renflée à son centre et se rétrécissant vers ses deni eilrémités.
Fourier avait entrevu cette courbe et lavait divisée en deux parties, appelant cycloïde le renOemenl ioférieur de la spirale et Tattribuant à Tunitéisme comme symbole de développement progresâf, nommant épicycloîde la moitié supérieure de la même figure, pour en faire Temblème du favoritisme ou du contraire de la justice absolue.
En réfutant la tbèse bizarre qui servait de motif principal à la conception des favoris, nous avons renda sans objet cette séparation de la spirale sériaire en deux parties. C'est dans son ensemble qu'elle retrace l'image de Tunitéisme. Son élargissement inférieur correspond au développement de l'organisation physique, le premier en date chez tous les êtres ; le rétrécissement qui reproduit ensuite le même enroulement de courbes en sens inverse est Tépuration animique par laquelle toute créature s'élève jusqu'à Dieu, en restreignant, à mesure qu'elle monte, ses relations avec la matière.
Encore une fois ceci est du dogme religieux plntôt que de la poésie analogique.
Nous devons pourtant aux hommes de labeur et de conscience qui se sont inclinés devant la signification donnée par les phalanstériens aux quatre sections dn cène, sans parvenir à comprendre le rôle importantde ces emblèmes dans le mécanisme général, de leur apprendre que deux cènes superposés, c'est-k-dire mis en contact par leur base, forment à la fois le solide qui renferme tous les contours de la spirale sériaire;
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Et la figope d'an eompartiment de FUnivcrs contenant une catégorie de soleils eu antres étoiles.
On obtient des sections du cAne en le tranchant dans tonte son épaisseur, on après lavoir divisé préalablement en deux dans le sens de sa longueur.
Le premier mode de section donne le cercle» s'il est opéré parallèlement k la base du cône, et la signification passionnelle dn cercle n'a plus besoin d'explication ;
L'ellipse, si la section est faite obliquement.
Quand le cône a été partagé d abord en deux, la section parallèle au plan de la base donne la parabole; la section oblique donne Thyperbole ; ce sont le cercle et l'ellipse tronqués, ne présentant qu'une demi-circonférence. Ces figures ne se ferment pas, et leur prolongement rectiligne constitue ce quon appelle leurs branches.
La parabole figure la famille, parce que l'ouverture de ses branches, tout en formant une enceinte protectrice, n'offre pas la largeur aventureuse, hardie, indéfinie de la courbe d'ambition. Chaque rayon tiré du foyer de la parabole, c'est-à-dire du point où se pose le compaspour la décrire, atteint la circonférence où il se brise; il $e réfléchit ensuite parallèlement aux branches; ces rayons, nombreux comme des rejetons, se prolongent sans dimension déterminée. C'est par la perpétuité des générations que la famille comme la parabole peuvent espérer d'arriver à l'infini.
Les branches de Thyperbole, en s'écartant, s'éloignent de leur foyer dans une mesure incalculable; Fambitieux cherche k oublier son point de départ; comme ses désirs, l'ouverture de l'hyperbole est gigantesque; elle atteint de ses rayonnements les portions de
l'espace les plos variées. Ce sont des projets secondaires qui n'empêchent pas la branche on ligne principale de rhyperbole de suivre l'assymptote» droite qae le géomètre emploie pour en régulariser le dessin ; chaque pas que Técartement hyperbolique fait en avant rapproche de cette droite la branche, qui ne peut se confondre avec elle qu'à Tinfini, c'est-k-dire jamais.
Il nous faut maintenant justifier les analogies géométriques des distributives telles qu'elles sont données purement et simplement dans la Théorie de Vunxté universelle, et indiquer les emblèmes des sentitives que Fourier n'a mentionnées nulle part.
L'emblème de la cabaliste, principal ressort industriel, est la spirale j image d'un ressort dont qd augmente la force d*élasticité en le comprimant. Les échecs subis, désastreux pour la composite, augmen^ tent au contraire Ténergie de la cabaliste.
L'emblème de h papillonne est la conchoïde^ courbe tellement allongée ou, si Ton veut, appartenant à une circonférence tellement vaste, qu'elle approche de la ligne droite ; sa forme est empruntée à la coquille bivalve elliptique, concha, dont la moule est le type le pins connu. La papillonne tend au repos, mais elle trouve toujours de nouveaux sujets d'activité qui empêchent l'homme de s'étendre sur le lit; continuons indéfiniment la conchoïde, elle gardera le contour de la courbe qui est une ligne vivante, caractéristique de tous les êtres animés.
La logarithmique attribuée à la composite n'appartient pas à un cercle qui puisse être fermé ; il semble à son point de départ qu'elle soit un segment d'une circonférence restreinte, mais elle élargit son contour à
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mesure qu'on la trace et représente ainsi les effets de Tenthousiasme, augmentant ia puissance de V âme dans une ^proportion toujours croissante et sans terme.
Arrivons aux sensilives. La lumière rayonne jusqu'à l^œil en ligne droite; c'est la ligne de la vue.
Les oscillations des ondes sonores, parvenant aux organes de l'ouïe sont figurées par une curviligne aux ondulations pressées.
Une courbe parallèle à une autre retrace la paume de la main et les surfaces légèrement arrondies qui sont désirées par le sens du toucher.
La circulation des atomes odorants dans les fosses nasales est représentée par un simple enroulement, ligne de l'odorat.
Les substances alimentaires divisées par la mastication, puis tombant dans Tœsophage à intervalles égaux, offrent l'apparence d*une ligne brisée dont les éléments sont alternativement et régulièrement longs et courts; c'est ainsi que le goût sera représenté.