‹ Sauvons le genre humainChapitre 14 sur 27 · DÉTAIL A ÉCARTER · texte numérisé non relu

DÉTAIL A ÉCARTER

Fourier était dans le vrai en mettant lamitié, TambitîoD, sous le patronage du sexe mâle, qui en sera le type complet; 1 amour et la famille, sous le gouvernement de la femme» car Tépouse, en règle générale, sait aimer plus que Tépoux, la mère est plus tendre que le père. Il était encore dans le vrai, en comparant les quatre affectives au point de vue de leur développement successif dans les différents âges. Ce tableau est complété par de charmantes analogies naturelles, qui ne sont pas des comparaisons ni des emblèmes, mais des rapprochements de Tordre le plus scientifique entre les mêmes phases de la vie, prises dans le végétal et dans Thomme.

Dominance alternative des groupes.

En phase antérieare ou enfance, à 15 ans. Amitié, Bonton.

En phase citérieure ou jeunesse, 16 à 55 ans, Amour, Fleur.

En phase foyére ou virilité, 56 à 45 ans. Amour et Ambition.

En phase ultéiienre ou maturité, 46 A 65 ans, Ambition, Fruit

En phase postérieure ou vieillesse, 68 à 80 ans. Famille, Graine.

Les indications d'âge présentées en chiffres dans ce tableau sont calquées sur Tétat actuel de l'humanité : elles ne s'accordent pas avec les gradations de Tâge en harmonie sociale, telles que nous les ferons connaître un jour.

Pour être fidèle à la leçon que lui donnait ici la nature, Fourier aurait dû sentir que l'amour, dans son élément sensuel du moins, ne convient pas à la vieillesse, que le royaume du vieillard, c'est la famille, où

il doit apparaître comme une providence respectée. Nous ne faisons pas ici du rigorisme, et nous nous bornons à suivre une inspiration de la nature ta disant qae le vieillard, éclairant son entourage par son expérience, gardant la dignité de son caractère et reportant ce que son cœur enferme encore d'affections vives sur la compagne de sa vie, si la Providence U lui t laissée, et sar sa nombreuse descendance, se place» en fait de noblesse morale, d'utilité sociale, et même de bonheur individuel, au-dessus du vieux pacha danssoA sérail ou de nos vieillards débauchés, exploités, bafoués par des intrigantes cupides. Fourier, prenant exemple sur les mœurs patriarcales et barbares d'Abraham, de David et des musulmans, pose en principe que le vieillard ne renonce pas volontiers à Tamour des sens, que, s'il n'y renonce pas^-Je;çr^teur a voulu évidemment lui ménager des satisfaciions de cet ordre, et qu'il doit exister, au service de la vieillesse des deux sexes, des corporations de jeanes garçons et de jeunes filles tout disposés à remplir une étrange mission, partie par singularité dans les goûts, et partie par dévouement à Thumanité souffrante.

En soutenant cette opinion, Fourier ne tenait aucun compte de la répugnance qu'elle inspire à toute personne qui n'est pas encore fascinée par la théorie phalanstérienne, et cette répugnance est un fait bien considérable. Elle prouve que le désordre des mœurs, régnant encore aujourd'hui en fait, n'est plus accepté du moins par lâ société française comme un principe. Les amours lascifs des vieillards, d'Anacréon, de Silène, ne choquaient point l'antiquité au même degré qu'ils choquent la conscience moderne. Fourier devait

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en conclure que rhumamlé marche au progrès par trois voies :— l'action moralisante de Thomme sur lui-même, — Faction de l^organisatcur social sur la société, — et enfin Taclion plus élevée de la Nature intelligente qui améliore» à chaque génération, le type des âmes humaines. S'il existe encore des vieillards ne sachant pas résister à leurs sens, ni conserver la calme dignité de leur rôle« ce ne sont pas là des types de belle nature. Leurs instincts brutaux sont en contradiction avec Tappauvrissement matériel de leurs organes, et leurs actions sont si peu conformes à la volonté divine, que leurs amours, incapables de produire des rejetons sains et vigoureux, ou demeurent stériles, ou donnent le jour à des êtres étiolés^ et^ dans tous les cas, poussent vers la mort Tinsensé qui s'y abandonne.

Quant à la jeunesse des deux sexes, elle peut assurément éprouver des affections vives pour les vieillards qui en sont dignes, mais ces affections se rapprochent plus du sentiment filial que de tout autre. C'est les dépraver que leur donner un autre caractère. La bizarrerie des sens qui porterait aujourd'hui quelques jeunes gens à rechercher la vieillesse ne serait qu'une maladie exceptionnelle, comme .l'humanité en éprouve aujourd'hui. Car Fourier n'a jamais eu le sentiment du progrès de la nature humaine dans son essence. C'est l'homme d'aujourd'hui, avec toutes ses imperfections, toutes ses tares morales et intellectuelles, prises par lui pour des conditions immuables de l'être humain, qu'il voulait faire entrer dans son moule d'harmonie.

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