AMOUR
La première jeunesse a généralement de Tamoar ane conception noble, élevée ; elle admet instinctivement que toute âme a, dans Thumanité, son complément sympathique; elle le rêve, le cherche; elle s'enflamme d'avance d'une passion où le cœur a la meilleure part; elle attend la rencontre de l'être prédestiné. Les deux existences doivent se confondre pendant la vie tout entière, enchaînées par la fidélité, par le dévouement mutuel et absolu. La mort même ne saurait briser cette chatne qui se renouera dans les cieux.
Avec le temps, plus d'une brèche est faite à cet idéal ; la société n'en tient pas compte dans sa pratique. Elle ne sait pas unir des âmes, elle marie des positions, des fortunes. Le jeune homme et la jeune fille qui pourraient remplir les conditions exigées par la nature pour un lien d'amour, mais non pas celles qui sont ajoutées par les hommes, languiront dans l'attente et seront portés par leur situation fausse à oublier l'amour vrai pour l'amour éphémère, sensuel ou calculateur.
Il en résulte un désordre assez général, mais qui du moins, et la conscience ici conserve ses droits, est considéré par le plus grand nombre de ceux qui s'y livrent comme un désordre, comme une atteinte aux principes de pureté qui doivent maintenir l'homme au-dessus des espèces animales. On se laisse entraîner, on s'excuse soi-même d'avoir failli, mais on sent qu'on déchoit, et l'on conserve, au fond de son âme, la notion du véritable amour, avec un vague désir de remonter jusqu'à lui.
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La théorie de Fourier, et c'est pour cela par-dessns tout qae le sentiment de rhumanité Ta rejetée, est Tenue, non pas augmenter en fait les ravages de Tamoar capricieux, matériel on cupide, ravages qui ne pouvaient guère s'accroître, non pas fournir à chaque pécheur des excuses tirées de sa situation personnelle, mais réhabiliter en principe Tamour inconstant et matériel, en faire la science, en affirmer le dogme, anéantir les remords par le sophisme, inaugurer en un mot le code de la brute, comme on nous Ta dit à nous disciples, et comme l'auteur de ces lignes a fini par en être persuadé.
Pourquoi des esprits droits se laissaient-ils fausser par la théorie de Fourier, dans une matière aussi importante, et au sujet de laquelle les inspirations de la conscience se trouvent confirmées par les désirs poétiques de la première jeunesse?
C'est que la théorie de Fourier renferme, sur l'organisation générale de Tunivers et sur Torganinisation future de notre globe^ des aperçus grandioses et lumineux, donnant au système, dans tout son ensemble, le prestige qui s'attache aux révélations divines ;
C'est que les idées de Fourier sur l'amour dans les générations à venir offraient le caractère , non d'une peinture lascive inspirée par Tinslinct de la débauche, mais de conséquences scientifiques, froidement déduites par un esprit loyal et convaincu ;
C'est que Fourier, d'ailleurs, avait soin de faire valoir l'impossibilité de donner carrière dans la société actuelle aux amours tels qu'il les comprenait, démontrant par des arguments excellents, quoique trop exclusivement tirés de l'ordre matériel, les inconvénients de
ce qu'il appelait ïibi^té d'amour^ aa milieu des ingti* tutions présentes, réservant l'application de ce princift à un avenir très-lointain, la subordonnant à la réalisation de plusieurs réformes, telles que le travail Incrati! assuré aux femmes et les préservant de la vénalité, b vie et Téducation garanties k tous les enfants par la société. Il déclarait même que, dans le monde harmmioii oïL toutes ces conditions sersâent réunies, le signal de la liberté en amour ne serait donné, s'il y avait lieu, qu'après examen et par les maris, pères et tuteurs, gardie» aussi vigilants qu'intéressés de la moralité publique.
Avec ces données, il était facile d'opposer aux adversaires de la théorie une argumentation tellement captieuse que jamais ils n'ont eu le dernier mot ei discutant ces matières» et que le genre humain a éti préservé de la contagion des amours phalanstérienoe», beaucoup moins par le raisonnement f ue par une répugnance instinctive.
La réfutation des idées avancées par Fourier, en fait d'amour, offrait d'autant plus de difficultés que cette partie même delà théorie phalanstérienne étincelaitile vérités neuves, impérissables ; qu'il etkt fallu, pour être juste, non la rejeter, mais la soumettre au coatrôle de la conscience et de la pudeur humaines, poat dégager Tor pur de Talliage qui le lernissait.
Nous allons essayer de faire ce partage.
En fait d'amour, Fourier a émis, non-seulement des idées vraies, mais des idées éminemment fécondes et salutaires, en affirmant:
^"^ Que la passion amour, destinée à relier les sexes, en subordonnant le sexe fort à l'influence du sexe le plus gracieux et le plus épuré, doit avoir pour carac-
1ère général, non l'assernsseraent ni la subordination de la femme, mais la déférence du sexe fort, déférence dont il faut chercher, sinon la réalisation, du moins l'idéal, dans la courtoisie chevaleresque.
2° Que l'amour n'est, pour aucun des deux sexes, un moyen légitime de s'enrichir; que le désintéressement est essentiel à celte passion; que toute vénalité la flétrit, la dénature, et que le travail des femmes doit être un jour assez rétribué, assez honoré pour que, puisant ses ressources matérielles et sa dignité dans ses œuvres, la femme ne satisfasse dans ses amours, comme Thomme lui-même, qu'un vœu du cœur absolument dégagé de tout calcul.
3* Que les charges prévues du ménage et la nécessité d'y pourvoir ne doivent jamais préoccuper les jeunes gens qui vont s*unir, ni les parents qui les conseillent et les protègent, attendu qu'un état bien ordonné dispense la famille des premiers frais d'éducation qui doivent être avancés par lui, comme des semences dont il recueillera le produit. Laisser Téducation première à la charge des parents, c*est imposer lourdement le père de famille et lui faire subir une gêne croissante à la naissance de chaque enfant, comme pour le punir de n'avoir pas imité le célibataire égoïste. Laisser les frais d'éducation à la charge des parents, c'est mesurer sur Taisance des familles la nature et le degré de renseignement ; tandis qu'il est d'une justice et d'une sagesse évidente de le mesurer aux aptitudes natives de chaque intelligence enfantine; --c'est enfin paralyser complètement l'influence providentielle des sympathies et avilir le mariage en lui doanant le caractère d'une association pécuniaire, qui
ne peut se constituer sans actif, puisqu'elle aura presque infaîllibleaieat un passif. Cette critique phalanstérienue de nos mœurs est indestructible , et Tavenir en tiendra le plus grand compte.
4"" Fourier était encore bien inspiré, en excluant de Tamour le mensonge, les surprises, en exigeant qu'on | pût se connaître avant de s'unir. — Déférence pour, la femme, désintéressement garanti par l'émancipation industrielle de la femme, et par l'éducation deS| enfants mise au compte de la société, loyauté parfaite des deux parts, ces caractères de l'union des deux sexes ont été tracés par lui, comme si le Créateur eût guidé sa main.
Louons encore Fourier d'avoir toujours senti, alors même qu'il ouvrait la plus large porte à la licence amoureuse, que la pudeur de l'enfauce était sacrée, et d'avoir montré, pour prolonger la sainte ignorance du premier âge, une sollicitude à laquelle les mœurs et les institutions actuelles sont loin d'atteindre.
Louons le d'avoir glorifié la virginité, non cette virginité stérile dans laquelle aujourd'hui languissent, sans profit pour la société, de longues existences» mais la virginité de la jeunesse en sa fleur, le retard courageux apporté à la satisfaction des sens par les adolescents de Tun et l'autre sexe. Charmante conception, qui eût recueilli.plus d'éloges si les mots de vestales et surtout de veslels n'eussent fourni aux esprits légers des prétextes pour la tourner en ridicule.
Oii commence l'erreur, et, par suite, la dépravation dans la théorie phalanstérienne de l'amour?
Le système de Fourier, très-riche d'ailleurs en vérités, est vicié dans un grand nombre de ses parties par
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les conséquences oa les ramifications de trois erreurs principales.
4® 11 a considéré Tattraction, qui prend le nom de passion chez l'homme, comme Tunique mobile des actions humaines, mettant de côté la conscience qui juge les conseils de la passion» la volonté qui se détermine librement; omission grave, car ces deux éléments modifient si bien les impulsions de Tattraction passionnelle, que les actions de rhomme ne peuvent jamais être prédites, à coup sûr et dans tous leurs détails, même par les âmes supérieures à l'humanité. Cette prévision leur serait pourtant bien facile si l'attraction seule agissait sur Thomme avec la rigueur et le caractère fatal de la gravitation qui détermine la chute des corps et le mouvement des astres.
â® 11 a considéré les passions de Thumanité comme devant conserver leur état actuel à travers les générations futures. Ainsi Fourier, ne tenant pas plus de compte du progrès moral de l'espèce dans son ensemble, que des progrès moraux de l'individu pendant la durée de sa carrière, appelant à grands cris l'amélioration des institutions sociales, négligeant celle du type bnmain, a souvent pris des imperfections, propres aux races aujourd'hui vivantes, des tendances grossières, des goûts bizarres, attestant que l'éducation collective de rhumanité n'est qu'ébauchée, pour des besoins essentiels de la nature humaine, qu'il faudrait satisfaire dans tous les temps. 11 a prescrit au législateur de les respecter indistinctement et de modeler les institutions sur tous les désirs actuels de Thomme, ces désirs étant justifiés suffisamment par le fait seul de leur existence. En croyant prêcher le respect de la na-
ture humaine, Fourier n'a prêcbé plus d'une fois qo^ le respect de ses maladies» et la conservation, non d^ tons ses organes, mais de toutes ses infirmités.
'à^ II a cru, cette erreur naît immédiatement de t| précédente, que la transformation du globe, c'est-^ dire la suppression de la misère et de T ignorance riaauguration d'un régime universel d'harmonie, pr^ sentait une extrême facilité et pouvait s'opérer en pej d'années, au moyen d'un groupe de disciples et dei autre groupe de millions. La réalisation de l'harmonj sociale est facile si les hommes d'aujourd'hui sont i^ éléments d'barmonie ; mais s'ils ont besoin» comis nous en sommes profondément convaincu , de ^ transformer» de s'harmoniser eux-mêmes» s'ils soif ignorants, grossiers , cupides k ce point que, ^ parler des luttes politiques, le commerce, chez euï dégénère en vol et en trahison, l'amour en prostilatio] et en orgie, que ferez-vous en les accumulant sai| précaution dans un phalanstère» si ce n'est concentre la contagion ? Fourier» guidé en cela par la nature t la vérité, avait conçu nettement qu'une société transi] toire, intermédiaire, baptisée par lui Garantisme, k vait se placer entre la Civilisation actuelle et rBarj monie» comme phase de demi-association, donmul aux intérêts matériels» non pas une pleine satisfactioi{ par l'association universelle, mais des garanties contre la banqueroute, l'agiotage, la concurrence effrénée, garanties assurées principalement par l'interveatioa d'une administration forte et protectrice, période corn servant encore, en grande partie» la séparation ((es ménages pour le travail domestique.
Cette conception, qui eût dépouillé le système de
Fonrier de son caractère fantastique si on Teût présentée au monde comme le but immédiat des efforts de l'école phalanstérienne, a été dédaignée par Fourier. Bercé de ce rêve qu'il devait lui-même, de ses propres mains, réaliser Tharmonie entière, non pas en France seulement, mais sur te globe, il a, dans ses écrits, précisé des dates pour la réalisation du premier canton sociétaire — la fondation d'un gouvernement pour TEurope harmonisée — l'adhésion des barbares et des sauvages au nouveau régime — la création de Tadministration sphérique, ayant son siège à Coustantinople, toutes merveilles enfantées en quatre ou cinq années. Cette perspective fabuleuse le séduisait tellement qu'il a détruit les manuscrits consacrés par lui à la description complète du Garantisme et des mojens d'y introduire graduellement l'humanité.
Si Ton rétablit ce principe , méconnu jusqu'ici par Fourier et par son école,
Que la Providence exige, indépendamment des améliorations sociales , très-brillamment et très-fidèlement décrites dans la plus grande partie des œuvres d e Fourier,
Une amélioration de l'individu > opérée par lui-même.
Une amélioration de la race humaine, conservée dans ses facultés physiques, morales et intellectuelles fondamentales, mais épurée dans toutes ses tendances ,
On sentira la nécessité d'ajourner les plus splendides effets de l'Harmonie jusqu'au moment où l'espèce humaine en sera digne, et de concentrer tous les efforts des âmes de bonne volonté sur la réalisation du régime intermédiaire, seul possible. D'assez
longues déceptions doivent Tavoirproaré à ions etaoi phalanstériens les premiers.
Ignorance des conditions de ramélioraiion individuelle, ignorance des conditions et de la nécessité de Tamélioration générale, impatience de réaliser subitement un degré d'harmonie dont la terre n est pas encore capable: yoilk les trois omissions qui ont engendré le vice le plus répulsif de la théorie, c'est-à-dire la grossièreté, le matérialisme du système phalanstérieo en ce qui touche les relations d'amour.
Si les passions humaines, dans leurs aspirations présentes, sont des éléments d'harmonie auxquels doqs ne saurions porter atteinte sans commettre un sacrilège, une fois l'être humain parvenu à Tàge oh l'arnoor lui est permis par la nature, il doit suffire, pour déterminer ce que l'amour doit être, de déterminer ce qu'il est aujourd'hui, ce qu'il conseille. On constatera que, si Tamour exclusif et fidèle est le rêve de la première jeunesse et doit demeurer, Fourier le concède, le dieu de certaines âmes, pendant tout le cours de leurs ?ies, il est des hommes et des femmes qui se lassent bienti des objets de leurs affections et sont poussés au changement, aux engagements successifs ; d'autres même ne trouvent de saveur qu'aux intrigues compliquées, ï la pluralité simultanée des amours. Si Fourier, ea nous présentant ce tableau, ne l'avait offert que connoe une esquisse du temps présent, un fidèle portrait d'une société qui n'a pas réalisé encore les conditions de l'amour pur, il eût été dans le vrai, comme Test Georges Sand, dans ces lignes de Lélia que dods reproduisons comme peinture de l'état du cœur, et non comme la base d'une théorie.
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«* A mesare que je vis, je ne puis me refuser k recon- « naître que les idées adoptées par la jeunesse sur « Texclusive ardeur de l'amour, sur la possession ab- « solue quil réclame, sur les droits éternels qu'il « revendique, sont fausses, ou tout au moins funestes.
oc Toutes les théories devraient être admises, et « j'accorderais celle de la fidélité conjugale aux Ames a d'exception. La majorité a d'autres besoins, d'autres <c puissances. A ceux-ci la liberté réciproque, la mu- « tuelle tolérance, l'abjuration de tout égoîsme jaloux ; (( — a ceux-là de mystiques ardeurs, des feux longa temps couvés dans le silence, une longue et volup- « tueuse réserve; — à d'autres enfin, le calme des « anges, la chasteté fraternelle, une éternelle virgi- « nilé. — Toutes les âmes sont-elles semblables? Tous « les hommes ont-ils les mêmes facultés? Les uns ne « sont-ils pas nés pour l'austérité de la foi religieuse, « les autres pour les langueurs de la volupté, d autres « pour les travaux et les luttes de la passion, d'autres « enfin, pour les rêveries vagues de la poésie? Rien « n'est plus arbitraire que le sens du véritable amour. « Tous les amours sont vrais, qu'ils soient fougueux « ou paisibles, sensuels ou ascétiques, durables ou « passagers. — Croyez-moi, Sténio, cette déification « de l'égoïsme, qui possède et qui garde cette loi dn (( mariage moral dans l'amour, est aussi folle , aussi (( impuissante à contenir les volontés, aussi déri* a soire devant Dieu que celle du mariage social l'est « maintenant aux yeux des hommes. »
Yoilk, précisé dans une page bien écrite, le point de départ des amours phalanstériens. Tous les amours sont bons, tous les types du passé, Âlcibiade et Phryné^
doivent revivre et trouver leur cadre dans les institutions de Tavenir. Cette variété , cette promiscnité d'amours qui semblait désordre, devient un élémeol d'ordre social. Il suffit pour cela de classer les diversités de caractère, de constituer des groupes et des séries, préconisant chacun leur manière de comprendre et de pratiquer Pamour, luttant entre eux de déférence pour la femme, de désintéressement, de loyauté, mais aussi de jouissances, et mettant leur émulation dans le raffinement des plaisirs.
Cette idée séduit, quand on a déjà reconnu le caractère lumineux et fécond de la loi sériaire, son importance dans le plan de la Création, sa puissance pour la transformation de l'industrie répugnante et stérile en industrie attrayante et prospère. Et pourtant, cette idée n'est pas juste.
La Série est un principe d'ordre. Elle constate, elle classe, mais c'est un instrument de classification mathématique f et, dans la sphère morale, cet instrument ne peut être appliqué utilement que s*il est guidé par la justice ou conscience du bien. La méthode sériaire nous permet de ranger par divisions et subdivisions tous les vices et tous les crimes. Fourier a tracé, comme échantillon des maladies sociales d'aujourd'hui, la série des Banqueroutes, Un médecin pourra esquisser la série des lésions organiques, et de tels travaux auront leur utilité, car il faut éclairer le mal pour le guérir. En ce sens on peut assurément dresser la série de toutes les déviations, de toutes les hérésies contre nature attachées à l'amour, tel qu'il est encore aujourd'hui, malgré le Christ et les progrès introduits par lui dans notre monde. Mais ces maladies de Tàme
une fois classées, il fallait en chercher le remède^ an lieu de les accepter comme immuables et d'en faire la règle de l'avenir.
Un principe passionnel est condamné par la conscience et ne peut entrer que dans la série des vices quand, indépendamment des maux évidents qu'il en* traine dans la société actuelle et dont il est plus difficile qu'on ne croit de le dégager, il énerve Thomme, le détourne du travail par des combinaisons de plaisirs multipliées au préjudice des jouissances du cœur, introduit inévitablement par Tintrigue galante le mensonge, enlève enfin à la majorité des enfants la sollicitude et la tendresse éclairée d'un père.
Accepter comme légitime toute manifestation de la passion, c'est autoriser tout, excepté la violence que la doctrine phalanstérienne n'autorise jamais en principe, mais à laquelle ses maximes conduiraient, car, tout en respectant, à ce qu'il croit, l'homme tout entier, Fourier lui enlève la jalousie, en lui prêtant une indifférence sur lorîgine des enfants et sur la certitude de la paternité, qui ne sont pas dans la nature et n'y seront jamais. Des exemples sanglants auraient fini par démontrer dans le phalanstère que tous les caractères n'acceptent pas la mise en commun de l'amour et de la postérité.
La mise en commun n'est pas ce qu'on montre d'abord. L*âme pure qui doit absorber graduellemcnl la contagion des amours phalanstériens est subjuguée par la majesté de la loi sériaire, dont on fait ici la plus fausse application, et ensuite par ce sophisme : que l'amour fidèle demeure, dans cette théorie, le plus élevé de tous ; que la liberté donnée à toutes les na-
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tures a pour objet de dégager le par amoar d'un grossier alliage el d'introduire plus de sincérité dans les yœux de constance , en dispensant les natures inconstantes de prendre un masque et de simuler, comme à présent, des qualités qui leur manquent.
C*est par cette voie qu'on débute dans l'acceptation de la théorie des amours; mais on ne doit pas s'arrêter là, car il est dans la logique du système d'accepter, de réhabiliter les amours changeants ou multiples, non comme une part faite au feu, comme un mal indispensable, mais pour eux-mêmes, parce qu'ils sont des attractions, et des attractions d'aulant plus précieuses qu'elles tendent à répandre plus de jouissances, à nouer plus de liens dans l'humanité.
A ce point de vue, qui est bien celui de Fourier, et auquel tout esprit logique arrive, en suivant sa trace, l'amour fidèle est un amour inférieur, d'un rayonne- | ment limité; c*est l'amour des natures étiolées, les j dernières dans la série d'amour où priment les Riche- | lieu, les Lauzun, les Laîs, les Marion, les Ninon, I flammes grossières, qui ne pouvaient briller que dans I des époques ténébreuses, types élégants parfois, aa I point de vue de leur siècle dont un juge impartial ne i les séparera pas, mais que la société de la^enir condamnerait comme sensuels, cupides ou vaniteux. Foarier, cependant, espérait le retour de ces personnages i avec des développements nouveaux en sensualité et en intrigue galante, pour en faire des présidentes et des présidents de Cour d'amour.
Sa théorie a légitimé les amours, simples on multiples, durables ou capricieux, sous prétexte de respecter la Série qui, dans Tordre moral, classe les faits,
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mais laisse à la notion de la jaslice éternelle la mission plus haute de les juger.
On devait, par une erreur analogue, admettre aussi que le groupe d'amants le plus divin était celui où Ton pratiquait ce que Fourier nomme phanérogamiey mot de son invention qu'il traduit ainsi : fidélité composée, — La fidélité simple est la fidélité vraie dont il fait três-peu de cas; la fidélité composée est le lien d'un homme et d'une femme qui demeurent passionnés Tun pour l'autre, tout en associant à cet amour pivotai d'autres liens de degrés différents, les uns assez durables et sérieux, les autres de plus en plus frivoles» jusqu'aux simples caprices et occasions, qu'on se ferait scrupule de perdre. L'homme se composerait ainsi une gamme, une échelle très-bien assortie de sentiments» et la femme l'imiterait, tout en lui demeurant fidèle en mode composé. Une citation de Fourier va déterminer cet idéal :
« Tout caractère de haut titre, bien équilibré, doit « avoir, en Harmonie, des amantes pivotales ou <i amants pivotaux, non compris le courant. c*est-à- « dire les amours de passions successives, et le fretin « ou amours de passade, qui sont très-brillants en c( Harmonie, vu les passages de légions, d'un et d'autre c sexe. Ils donnent lieu à tous les couples d'amanis « de conclure des trêves de quelques jours, lesquelles c trêves ne sont point réputées infidélité. Elles sont ce enregistrées en chancellerie de la Cour d'amour, c Chez nous on a ennobli la populace amoureuse, les c< titres, bourgeois ou solitones et l'on a avili les offic ciers passionnels^ les polytones. »
La populace amoureuse, les solitones sont les gens
qui se bornent k une seule relation d amour, hespolytones doivent en cumuler le plus grand nombre possible.
Ces tableaux ont révolté le sentiment public, mais cette répugnance n'est pas une réfutation acceptée par les esprits nourris de la science phalanstérienne. Â ceux-là nous ferons observer, encore une fois, que U Série, dont on peut faire usage tant qu'on voudra pour classer les difformités physiques et morales des sociétés inférieures, ne peut être appliquée aux inspirations des passions de Thomme en Harmonie, qu après une opération préliminaire de la conscience, ayant ponr objet d'admettre ce que la nature épurée admet, de rejeler ce qu'elle rejette ; et que, pour l'âme parvenue à son plein développement, il existe impossibilité morale de cumuler plusieurs épouses, comme il y a toujours en impossibilité physique de cumuler plusieurs mères pour le même enfant.
Les nuances et les gradations doivent se trouver, non dans les sentiments éprouvés par on homme pour des épouses de plusieurs degrés et de plusieurs titrer, ce qui serait une rétrogadation de la civilisation jusqu'au harem, mais dans les sentiments, déplus en plus vifs et chaque jour mieux sentis, de l'âme aimante pour une seule âme, qui sera non complément providentiel.
On voit que dans cette analyse, faite au ton du raisonnement, nous n'avons pas fait entrer en ligne de compte la répugnance de Thumanité pour le dévergondage. Cette répugnance deviendra cependant un élément de réfutation pour tout le monde , quand nous aurons fait observer qu'avec cette règle unique : tous les sentiments sont bons, k la condition de les classer en Série ; on justifie pleinement la prostitution, [^l'in-
ceste, la sodomie^ sans avoir même un seul argument solide contre la bestialité» si elle se produisait aujour-* d bui, comme elle s*est produite chez les Égyptiens de MendëSy chez les Hébreux, à leur imitation, et dans certains éléments de la population grecque et romaiae.
Non-seulement dans les écrits de Fourier^ ces conséquences sont en germe et la logique les en tire, mais lai-méme en admet expressément la plus grande partie.
ProstUiUion* Fourier la supprime dans ses désirs et par des affirmations tranchantes, mais, k côté de ces affirmations, il admet des groupes de bacchantes et bacchantSy bayadères et bayaders, toujours disposés k se livrer matériellement, sans aucune préférence de cœur, et à consoler par des satisfactions des sens les peines morales de tous les membres de Thumanité, s'ils en éprouvent. N'est-ce pas là de la prostitution ? Non, répondra-t-on. 11 y a bien là métier si Ton veut, mais non pas métier lucratif. Les bacchantes et les bayadères se donnent sans contrainte 'et sans intérêt.
S'il vous faut absolument, pour voir la prostitution dans Fourier, des femmes qui se vendent à beaux deniers, lisez dans la Fausse industrie, son dernier ouvrage, ce portrait d'Orythicy Tune des sept filles de Damon, père de famille harmonien, et vous verrez cette négation radicale de la conscience humaine, qui corrompt la majeure partie de la théorie, conduire l'auteur à contredire sa thèse première du désintéressement dans Tamour.
a Elle est antipathique à la chatne du mariage : « fiUe impérieuse, la plus belle des sept, Orytfaie a
« pris, en amour, une direction très-philosophiqae, • elle est devenue amie du commerce; mais avec la « prétention de régénérer le trafic, fonder une now- « velle philosophie du commerce^ alliant constam- « ment le négoce avec ia vertu.
« Son père, pour essayer de l'en détouraer, lui fit c lire Sénèque, sur le mépris des richesses , et autres « moralistes civilisés qui disent de si belles choses « contre les mis métaux nommés or et argent. Hais « quand elle eut appris que ces charlatans tenaient
< une conduite opposée à leurs doctrines, et qne « Sénèque, pour sa part, avait pillé et accumalé « 4âO millions, elle jeta avec mépris les livres de a morale, et jura de suivre la route opposée à celle « que conseillent ces histrions, ennemis de la nature.
< Elle résolut d'amasser des richesses par la voie « la plus prompte, d'embrasser le commerce, et adopte ter la branche la plus honorable qu'interdisent les <c moralistes. Avilisseurs du sexe féminin, ils veulent <€ que la femme paye Thommepour le décider à coha- « biter avec elle. Orythie résolut de ne jamais payer « aucun homme, et se faire au contraire bien payer par c( eux; ne se donner qu'à beaux deniers, comme font « les épouseurs civilisés, qui exigent strictement la « somme demandée.
« Orylhie méprise toutes les faussetés mercantiles « protégées par les philosophes, surtout la vente de « sa conscience et de son vote ; négoce honteux qui « est le résultat inévitable du système représentatif
< prôné par ces sophistes.
a Ennemie des ruses d'agiotage, frelatage et trom- « peries ignobles^ Orythie ne veut commercer qu'en
X reslant fidèle à la vérité et à la liberté ; elle négocie < ses appas , qui ne sont point trompeurs ; elle les en« X gage à loyer, à terme, et jamais en cession perpé- K tuelle, en aliénation ou mariage indissoluble.
a Elle tient religieusement ses promesses; a-t-elle K traité pour une semaine, elle est strictement fidèle c< une semaine.
ce Elle allie toujours la justice et la vertu au com- « merce; elle proportionne les prix à la fortune cona nue des amants admis. Elle fait des concessions a gratuites, dont s'honorerait toute faquiresse ; aussi a les vieillards, émus de ses vertus, l'ont-ils surnom- « mée chevalière de miséricorde, régénératrice des « saines doctrines du commerce ; plusieurs Tout c< inscrite pour des legs.
a Elle prétend qu'il n*y a point de sots métiers, <c qu il n'y a que de sottes gens; elle pense, avec a Napoléon, que les philosophes civilisés n'ont rien « compris au commerce, et qu'il est bien plus honoa rable de commercer sur ce qui est à nous^ en pro- « priété naturelle, en don de nature, que sur des « denrées et farines qui appartiennent au public, et « dont les accapareurs privaient le public pour les « vendre à double valeur au peuple qui les avait proa duites.
« Après quatre années de commerce, son dernier « inventaire s'élevait à 540,000 fr., elle atteindra « 600,000 fr. sous peu de mois, car sa beauté, ses « vertus et sa haute renommée attirent k elle tous les « potentats et les crésus. Elle sera millionnaire dans « peu d'années, parce qu'elle a beaucoup d'ordre.
« Son père^ ea voyant de si beau^ inventaires, dit :
iO
« Je lavais dissuadée de prendre cei état ; maU tout « considéré, avec sa nouvelle philosophie, elle n'est « pas la pins sotte de mes sept fiUes. Elle sait enno- « blir le como^erce, elle e^t digne de fonder une nou- « velle secte de commerce archiphilo^ophique. »
Inc^ie. La théorie de Fourier, impuissante à çoqdamner ou à prévenir tout acte dont Thomme peut ticer un plaisir quelconque, $i bru^tal et ayjli^s^^t qu'il puisse être, ne peut nous présenter l'horreur attachée à Tinceste que comme un résultat de 90s habitudes et de nos lois, habitudes et lois bien regrettables sans doute, s'il faut en juger par cet extrait de la Phalange, de janvier 4849 {Publicalion de^ mauwçriis de Fouri^y ftag^ i 2) :
« Les hommes de toutes les races créées furent « exempts de préjugés à l'époque de leur création et c ne songèrent nullement h déclarer crime la Uberié « amoureuse. Leur vigueur et leur longévité les por- » talent aux opinions contraires, aux orgies» am» tV « c^.^tes et aux coutumes les plus lubriques. Lorsque a les hommes avaient, en terme commun, 4S8 ans « d'existence et par conséquent cent années h donner « à Tamour, comment aurait-on pu leur persuader, « comme aux benoists civilisés, qu'ils devaient passer « les cent années d amour avec la même femme sans a en aimer d'antre? v
Cette société primitive a laissé, d'après Fourier, des vestiges dans l'tle d'Otahiti, oi\ elle a failli se perpétuer. Laissons parler encore l'auteur {Même mm^ de la Phalange, page 1(1 ) :
a J'ai dit qu'on aurait pp trouver, à Otahiti^ la « société primitive dans son plein» dau na seconde
LB GSmitS 10MAIN. (H
« phase (i^ric d^ftges gradtiés). Cela attrait en lieu ei « l'Ile eût ëlé deiix fois plus grande et égale en surface « h rtle Majorque. Dafig te cas, la Création y aurait <i donné beaucoup plus d'espèces d'animaux et de « végétaux ; leur Variété aurait favorisé le développe- « ment des séries passionnelles; leur mécanisme eût « été ^rànli par quatre préservatifs, qui manquèrent < bientôt chez les hommes primitifs :
«4» Pat labsence de bétes féroces et venimeuses ; a â* Par Tabsôuce de voisins dangereux et belli- « queux; a 3* Par la cootume des repas copieux ; « 4« Par la coututae de Vinfanticide qu'on y a « trouvée établie.
« Ces quatre cîrcotaslances, qu'où a trouvéïîs réutt nies à Olahiti, y auraient infailliblement produit le « mécanisme prîrailir, les sériées passionnelles siïiiples, « si rtlè avait été plus grande et pl^s variée en proc ducHiôns. Aittsi le salut du globe a tenu à peu de » cbose en celte affaire, » etc., etc.
Cette justiécatfoo de rinfanticide a élédéjà opposée aux disciples de Fourier par un organe dé la presse périodique. Nous avons répondu par de vaincs subtilités» en déplorant, au fond de Tâtae, que Fourier eût écrit ce passage, mais nous jetant dans les interprétations et les distinctions pour le disculper^ perce que nous sentions qui) y avait, dans Tenseroble de son système, des vérités essentielles de premier ordre injustement méconnues, et que nous craignions de trahir la défense de ces vérités en frappant une ligne quelconque de Fourier d'un désaveu absolu. Il nous fallait apprendre, du temps et de la réflexion, que la part du mal
et da bien, da vrai et da faax^ peat être aisémeni faite, et que la théorie d'amour de Fourier doit être amputée comme un membre gangrené, capable de corrompre le corps tout entier.
Une apologie, ou» si Ton aime mieux, une excuse pour riNFANTiciDBl cettc contradictiou de Fourier ave<: lui-même paraîtra plus surprenante encore que sod portrait complaisant et facétieux de la prostituée Orythie. L'infanticide, c'est la violence, le crime sanglant, bien inconciliable avec ce principe que nul être humain ne doit être violenté. Mais la Providence a voalii que Fourier signât ce passage, pour enseigner am hommes que la licence complète de l'amour sensuel conduit au mépris absolu de la créature humaine, et que les excitations de la débauche amènent insensililement celles du meurtre»
Sodomie. Fourier n'a pas admis explicitement les relations contre nature^ dans le sexe masculin, maisil ne les a pas réprouvées; il en parle avec indulgence, comme d'un goût bizarre, et ne les justifie qu'indirectement, par l'apologie qu'il fait des goûts bizarres en général, des vilains goûts ^ c'est son expression, et de leur importance comme lien social.
Il est plus explicite, en ce qui touche les femmesjes écolières de Sapho, qui cherchait Tamour dans sob propre sexe :
« Dans toute gamme passionnelle, » dit-il, en éUblissant une correspondance entre les tons de b musique et les degrés d'amour ou d'amitié, < oi « accord heptamode^ ou septième, est toujours m ce sorte de déviation, un empiétement sur les attribnis « d'une autre passion; par exemple, en amour, il j
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« a uUragamie entre deux femmes sapkiennes. Ce « lien sort des attributions de Tamour, qui compren- « nent les unions bisexuelles. Dans ce cas les deux « ressorts de Tamour engrènent dans la passion d*aa mitié ou affection unisexuelle. »
Avant nous la presse a dénoncé tous ces texles, mais presque toujours elle servait ainsi une tactique, et se préoccupait moins d'un danger moral à prévenir que d'une école, d'un parti naissant à flétrir, que d'un rival d'influence à neutraliser. Jamais ces citations n'ont été produites par un homme aussi dévoué que nous aux vérités que l'humanité doit extraire de la théorie de Fourier quand elle en aura sévèrement sondé et purifié toutes les parties.
Sa théorie d'amour ne vivra pas, pas même comme une hypothèse réservée à l'examen et à la décision de l'avenir. Si plausible que fût cette réserve, la conscience publique ne s'en est pas payée et le Créateur n'a pas voulu que sa créature fût pervertie par ce sophisme. La solution des questions qui touchent à l'amour ne peut être laissée en suspens, attendu que les sens ne se taisent pas, qu'ils plaident avec plus ou moins de vivacité, suivant les natures, mais avec persistance, la cause de l'orgie. Fourier célèbre un régime d'amour qu'il déclare divin dans une société meilleure, et pernicieux aujourd'hui. Pourquoi? par des raisons presque toutes étrangères à la conscience et à la dignité humaines, telles que les malheurs qui résulteraient de la jalousie, passion inférieure que les bacchants et bacchantes, faquirs et faquiresses, bayaders et bayadères ne connaîtront plus— les embarras pécuniaires amenés par la naissance des enfants— les
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maladies eontagienseB propagées aujoardhai par toute ia terre, etc.
Cela veat dire qu'au fond la pluralité des relatioits d'amour n'a rîeade blâmable, et s'il faut attendre uqc organisation sociale nouvelle, ou même de nooTelles générations, pour lâdier pleinement la bride à toBs les instincts, à tous les appétits sensuels, un phalanstériefl qui arrive, ou croit arriver k prévenir, en ce qui le concerne, les inconvénients matériels de la licence, a le droit de se dire : la société de lavenir est réalisée quant à moi, dans mon rayon, dans ma sphère. Diea ne défend aacun plaisir, et si celui-ci ne me coûte pas trop cher, inaugurons chez nous le nouveae monde.
Nous ne voulons pas tolérer, dans cet examen, le moindre atome d'injustice. Nous avons dit en le commençant que Fourier débutait, dans ses considéralions sur Tamour, par des idées justes, et nous les avoos cnumérées. Il a raison d'imposer à Tamour la loi d éîre courtois, désintéressé, véridique, et d'ajouter que I cmancipation industrielle de la femme, ainsi qn>< l'avance des frais d'éducation par TÉtat, permellroDi le développement d'une affection entre les sexes, à peu près inconnue actuellement ; mais cette affection sera l'amour de chaque homme pour sa compagne, de chaque femme pour son époux ; cet amour pur admettra l'union des sens et la raffinera , mais en faisant des sens les esclaves du cœur et en conservant ém ses satisfactions, ce respect de la créature de Dieu que Fourier mettait en oubli. N'aurait-il pas dû, en parlant des rapports contre nature, être forcé à les condamner, à les flétrir, n'eût-ee été qu'en songeant
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tix lésions i't)rgàfied et aux dépiorabies infirmités qui d so&l lia suite!
La véritable harmonie des coeurs est ennemie de orgie comme da célibat ; elle aime à cotapléter tonte aiure ^ar nne nature de l'autre sexe, alleodu qne hointtie et la femme réunis constituent seuls devant ^îeii l'être humain tout entier.
Quand les créatures sympathiques se seront mutuellement reconnues, rapprochement auquel les moeurs cinclles apportent des ohslacles souvent invincibles, 'union se perpétuera, garantie des atteintes de l'âge )àv la consolidation du lien moral et par la richesse les souvenirs. S'il arrive un jonr que cet amour perde a notion de la jalousie, cène sera point qu'il ait cessé l'être exclusif, c'est que les unions formées par la Naurc et Dieu seront trop respectées de tous pour que es femmes, qui ne peuvent pas, dans nos grandes villes, •ortir le soir, ni s'engager impunément dans la foule, lient encore besoin de se défendre ou d'être défendues contre une galanterie insultante. L'amour se personnilicra pour chacun dans un seul être, et le cœur, élargi par une éducation généreuse, saura, sans s'épuiser, verser encore des trésors d'affection pure sur la famille, les amis de tous les sexes, de tous les degrés, les com* pagnons d'art et d'industrie , les concitoyens, l'humanité.