‹ Sauvons le genre humainChapitre 16 sur 27 · SENTIMENT I>E FAMILLE · texte numérisé non relu

SENTIMENT I>E FAMILLE

En ce qui touche la famille, Fourier n a commis qu'une faute grave en théorie : comment a-t-il pu dire

i \ 6 S4UV0NS

qae les groupes mineurs (amour et famille) sont moins nobles, parce que le matériel y domine ? Cela reviendrait à soutenir que la femme, âme de ces deux groupes , est moins noble et plus matérielle que rhomme» âme de l'amitié et de l'ambition. Cette assertion est tout à fait contraire à l'appréciation de Dieu, et ne prouve qu'une chose, attestée au reste par tous les écrits de Fourier, c est que, personnellement, il sentait faiblement le sentiment de famille, avouant plusieurs fois, dans ses ouvrages, qu'il n'aimait pas la société des enfants.

Elle prouve encore que Fourier, comme théoricien, ne comprenait de Tamour, il Ta également avoué, que le côté matériel.

Les quatre affectives sont également nobles. La famille est un admirable principe de dévouement ; l'amour bien compris est tout ce que l'espèce humaine peut ressentir de plus divin, et la femme est un être plus élevé que l'homme sur l'échelle universelle. Elle est faible, au point de vue matériel, dépourvue dans son corps, et même dans son esprit, de cette énergie propre aux actes et aux conceptions du sexe masculin; moins aple que lui k la science humaine, elle y parait encore au-dessous de ce qu'elle est réellement, parce que la société l'étouffé et la comprime au lieu de la développer par nue éducation bien entendue, et qu'on Tavilit par la sujétion et la misère. Mais elle est plus près de Dieu que Thomme, — au point de vue physique, en ce quelle est plus riche d'électricité et de tous ces fluides, agents de communication de l'humanité avec les puissances supérieures, — au point de vue moral, en ce qu'elle est plus riche d'amour, et que l'amour

est le lien de la création. Si la femme arrive rarement à ces découvertes de la science terrestre que Thomme achète par le labeur de sa tète et de ses bras, elle est mieux disposée que lui à ces découvertes d ordre bien supérieur, qui procèdent de l'inspiration ; elle y deviendra de plus en plus propre, à mesure que la nature humaine se perfectionnera et que le rôle providentiel de chacun de ses éléments se dessinera mienx.

En dépréciant le sentiment de famille, Fonrier cédait à des considérations temporaires, produites par Tétat social particulier dans lequel il vivait. Il seutait que la famille, comprise d'une manière étroite, était un obstacle aux développements sociaux, à Textension brillante du principe d'association. Il était choqué en outre du caractère de contrainte qui règne dans la composition de la famille, dont les éléments, immuables tant que dure notre vie, nous sont imposés par la nature, sans aucun égard pour nos sympathies ou antipathies, et ne peuvent être ni librement choisis, ni librement quittés, comme les objets de notre amitié, de notre amour, comme les auxiliaires de notre ambition, c'estr-à-dire de notre travail; l'ambition, telle que Dieu la veut, n'étant que le zèle pour l'industrie, organisée avec une certaine hiérarchie.

Mais il existe, entre l'union de la famille et les plus magnifiques développements sociaux, une conciliation que Fonrier n'a pas assez cherchée, sacrifiant la famille & la société, presque autant qu'on avait sacrifié, sous ses yeux, la société à la famille. Quant au rapprochement incohérent et forcé, sous le même toit, de plusieurs personnes unies par le sang et non par la

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sympathie, c'eut 1%, potir le groupe de famille, unfe împerfectit>to temporaire, résultat de Tenfaiice de l'hamanité. Toutes les affectious sout libres daus les êtres d uû raffinement supérieur. Après ebaque vie terrestre, les âmes se retrempent dans un monde plus élevé, plus voisin de Dieu, où le groupe de famille est formé par la sytnpathie, ou par Tattraction, comme tous les autres. Le* âmes se choisissent pour ces liens, ou plutôt elles sont attirées à les former avec tels ou tels êtres é^ préférence, en vertu des affinités de leur essence. La sympathie native dans les familles est réservée sur terre à Thumanité, quand l'humanité s'épurera, les relations de famille, résultant des relations d'amour, en prennent la teinte et ne peuvent ètr^ libres, quand Tamour est remplacé par des liens de cupidité, d'habitude, Ou de prétendue convenance. La sympathie eontplète et pure enlre le père et la mère doit attirer des régiotas supérieures d'autres âmes sympathiques destinées k devtenir leurs enftinti.

Tant que la famille donnera dés résultats éloignés de l'harmonie naturelle, te conflit des intérêts et des Caractères doit être pï^venu et peut être, en grande partie, pallié par de meilleures institutions. Les sonffrances que le progrés de l'organisation sociale ne pourra guérir à lui seul feront acceptées, principe pen phalanstérien, mais conforme à la notion éte/neile du bien, comme des occasions d'amélioration intérieure, d'épreuves et de sacrifices individuels devant contribuer à l'épuration et au progrès vers Dieu de toutes 1rs âmes.

Sauf les rectifications que nous venons de (aire, les Wéw émises par Fourier, sur ce chapitre, on tété faines

LE GKIiim PUMAiN. 419

ei Yf aie^- Son ftysièu^, «pplif Dé Uttéral^nmt» coa* dairait ^ 1 anéantissement de U famille, prompteme^t absorbée dans le mélange sans nom des âges el des saxes; mai^eede cw^uence résulte uniquement de ses erreurs sur Famouv. Il est facile de comprendre qu'en dénaturant cette passion, source de la famille, on dénature et on dissout la f^uûlle entière, quelle que soit la justesse du poi^t de Yue sous lequel on Temyi* sage elte-même. Le père et la n^ère sont d'abord amant et amante, et Von ne sauvera pas la famille» on n'y fera pas régner l'ordre, ^ les liens d'amour» abs^n* donnés aux caprices de la mensualité» doivent se nouer, se rompre, se cfoiiier cbe% Ibomme^ comme dws cer* laines espèces animales.

Fourîer classe le sentiment de famille parmi les douze passions radicales. C'est l'une des affectives. £lle est justement considérée par lui, ainsi queTainour, comme développée k son plus baut degré dans le sei^e féminin, à qui la suprématie ^ppar^ient naturellement dans les relations d'amour et de famille, l'homme ayant le pas sur la femme dans les relations d'amitié et d'amblUon, ou d'organisation industrielle biérar** ctûque.

Enlre l'amour et la famille, Fourier consiste cet autre rapprochement» que, sous VinflueiXQe de ces deux passionSji le fort s'inçUne devant le faible. £n amour, il faut que Tbomme cQurU$e la femme; dans la famille» une inversion analogue^ mais non pasidentique, se présente. La famille est formée surtout dans l'intérêt de l'enfant. Il n'y commande pas directement» mais il ne doit pas y être comprimé. La conservation et 1^ déYeloppement de sa frêle nature constituent la

mission des père et mère, qai trahissent le mandat de la Providence en exerçant sur lai des sévérités sans objet, en le considérant comme un esclave, né pour leur procurer le plaisir d'être obéis. C'est dans cet esprit qu'il faut interpréter l'idée de Fourier : le ton véritable du groupe de famille , c'est la condescendance des plus âgés pour les plus jeunes, des parents pour leur progéniture. Il serait faux et dangereux d'en conclure que l'enfant doit régner en maître, que ses caprices sont des lois du ciel, et que le père ne peut jamais s'égarer en se complaisant dans sa progéniture, au point de la flatter en tout et de lui montrer cette complaisance servile, appelée gâterie par la langue de tout le monde.

L'instinct paternel et maternel d'aujourd hui ne doit pas être considéré, plus que l'amour, comme un sentiment parvenu, dès à présent, à son progrès définitif. Il s'est épuré, dans une immense proportion, depuis les premiers siècles de notre terre, et les parents chananéens ou carthaginois , qui brûlaient leurs enfants tout vifs, afin d'obtenir quelque faveur du dieu Moloch, avaient le cœur autrement organisé que les pères et mères de notre temps. Le sentiment maternel et paternel doit se perfectionner encore, gagner en tendresse et en dévouement, en même temps qu'en fermeté et, s'il se peut, en clairvoyance. A cette épuration du sentiment dans le genre humain concourront les efforts de tous les parents disposés à respecter, à favoriser l'être faible qui leur est confié, dans l'épanouissement de toutes ses facultés, mais prêts à réprimer au besoin et ne comptant pas sur les fantaisies de leur enfant, comme sur un^ révélation divine, à laquelle ils doivent

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abandonner aveuglément le soin de former son corps et son âme.

Avec la vigilance des parents , agissant de lear mieux pour remplir une haute mission providentielle, doivent converger les réformes sociales, auxquelles Fourier, ici comme partout ailleurs, attribuait une valeur trop exclusive, mais dont nous sommes loin de vouloir contester l'efficacité, Turgence. Il a parfaitement décrit les avantages de l'éducation collective, le développement des crèches, salles d'asile, écoles professionnelles et autres institutions qui peuvent, dans une société meilleure, initier les enfants au travail et à toutes les nécessités de la vie, sans les séparer de la famille. Il a montré combien les attractions naturelles de Tenfant simplifieraient la tâche de l'instituteur, si on connaissait l'art de les utiliser. C'est seulement à propos de renseignement que ces détails trouveraient leur place naturelle* — Nous les ajournons.

Fourier est encore dans le vrai quand il demande que la mère de famille soit affranchie, par un régime d'association, d'une foule de corvées où son existence est usée sans profit, quand il insiste sur la nécessité de reporter sur la société les frais d'éducation, si onéreux pour les père et mère^ quand il indique la possibilité de prévenir ces cruelles séparations qui s'appellent entrée à l'école, au pensionnat, au collège, et de concilier pour les jeunes générations la vie de famille avec l'apprentissage de l'agriculture, du travail domestique, de l'industrie, des sciences. En un mot, il eût admirablement traité la question de la famille, s'il avait aussi bien compris et résolu le problème de l'amour.

Mais, pour protéger la famille, il faut d'abord qu'elle

lit aàuvoNa

•liilB, «t l68 m^nrs fkanéroftum qie FMmt pié. sente, non coDime une exception dans rhonaiàè, mais trèfr-formellenieiit, comme la de^iéê des dem liera am mmns des femmest sop|tfimeDt, à Tégard k la filiation paternelle» non-seulement toole espèce j« certitude, mais toute base pour des pfésoi^ptioM, même légales. Ré|M^tcra*t-'Ou sérieusement qi^'en &f* monie» la terre étant au grand complet dep^^obtiu, la durée de la viekuroaine étant prolongée par le bi«i* être universel, les naissances deviradrnat plus rara; que les femmes seront rendues inCéeondes par ïlaktuée dn luxe, effet prodait dans les fleure doume&dt nos jardins qui perdent leurs organes reproductesn transformés, en pétales par la culture^ eff^ pj^ùi chei; les b^tiaux» qu'une nourriture trop sucoateaii empêche de concei^oir, et soutiendra^-on» par analogie, que la femme, semblable ^ la fleur double on k la jft* ment de race, n'enfontera plus sans s y préparer pit un changement de régime?~Que k «ombrer des aiis- Kanoea soit petit ou grande riatérét de oanstalerb filiation reste le même; la stérilité prod^Ucipar U vigueur n'est pas un (ait» asse?; démoi^tré p<HV qn'oD / compte. Avec quel avantage oesî hypothèses ne paient elles pas remplacées par la fidélité de rhommeilJi femme, de la femme ii Thomme, fidélité destiaéel devenir beaucoup plus attrayante qu'on ne le pea^i cioand la société facilitera* autant qu'ellQ lesi pirate, lea unions vraiment sympathiques et désiatér^isées.

La conclusion pratique de nosoli^v^jionssiirles sentiments d'amour et de famille, c'est qui^ Iç j^\9»stère, tel que Fourier Ta coa^. ne doit pa» se rtelm et que le principe inattaquable de Vas^ecîiition pf^adra

LB GBmiB HaMAIN. H3

des foraM difiéretttcs de celles qu'il a précisées. Les phalâMstériess diraient : rtstodatios , la vie ooUei>iive d'aberd, les convenances de la Tamille ensuite. Il h»i rcteurier la pro()(MBiiion et dikus : le« mœurs dignes et pures, la ssinteUft dn foyer d'abord , le développe*» «eai de l'association ensuite. On doit produire en grand, nvec tontes les économies que le réj^me sociè^ taire procure, en ce cpii touche les approvisionnemeiitn^ la conservation des denrées, la production agricole, industrielle^ etc. Rien n'est à retrancher d^ os qne Ibnrier enseigne, quant i Temploi des ma* dunes» mises par rassociation au service de tons, quanta lasuppresision d^ commerçants intermédiaires inutiles, et antres parasites sociaux. Il y a plus» et Ton doit tirer grand parti dans l'avenir de Torganiiation dn groupe de travâillenrs, tel qnll le dépeint, avec lOus les éléments d'enthousiasme qu'il y a placés, spé«ciatetnent avec la rivalité des deux sexes, réunis dans un |i;rand nombre de travaux.

Mais k œt idéal on ne pent arriver que progressive^ ment* Pour quiconque a souci de la dignité humaine, spéeialementde la dignité de ta femme, gardienne de là pureté sociale qui n'a pas le droit de s'avilir, même volimtaifettient, le rapprocheuient permanent des sexes n'est pas admissible» Sortons un peu du monde des illvstd&s^ regardons ce qui se passe en tout licu^ sous l'inspiration de la nature non disciplinée, nous ver<rons iqne le danger de la contagion morale et matérielle commence dès l'enfance.

Assorémest il y aurait excès de rigorisme à séparer complètement les enfants des deux sexes qui doivent se rencontrer, non^^enlement dans la famille, mais dans

des réunions plus vastes^ surveillées par elle. Nous ajonteronsque, dans un grand nombre de travaux, lesfillesel les garçons doivent être mis en présence, comme ilsie sont déjà dans les salles d*asile et les catéchismes, c'està-dire comme deux groupes formant contraste, spectateurs de leurs efforts mutuels et se.renvoyant une émulation réciproques — mais sans mélange et sans contact.

II faudra conserver le même principe dans les relations d'adultes, tout en donnant aux réunions générales, tellesque bals, spectacles, concerts, ou travaux agricoles d* ensemble, une place plus grande que dans l'existence des enfants. Les deux sexes doivent se rapprocher comme coopérateurs industriels; ils doivent se voir assez facilement pour que les sentiments d'amour et d'amitié puissent éclore; mais le mélange sans règle et sans limite que Fourier voulait introduire ne saurait être accepté. La seule concession à faire, c'est que le progrès de l'espèce humaine, en fait de décence et de dignité, peut rendre, avec le temps, bien des précautions superflues, et permettre, en vue du travail comme des plaisirs purs, une facilité de rapprochement beaucoup plus grande qu'aux débuts de la réforme sociale. Mais cette liberté doit être achetée par une éducation morale qui fait aujourd'hui défaut, qui fera défaut longtemps encore, et i'hamauité, une fois entrée dans sa véritable voie, attachera toujours plus d'importance à la dignité des mères de famille, à la pureté des enfants, qu'aux avantages matériels résultant de telle oo telle combinaison sociétaire.

Ce que nous disons des relations des sexes dans l'association s'applique tout spécialement à la table. Fourier, dans son amour de l'économie et de l'unité d'or-

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ganisation, n'est cependant pas allé jnsqa'à proposer aux habitants de son phalanstère la vie de dortoir. Il aurait pu, se plaçant au point de vue exclusivement matériel » calculer combien d'épargne sar le régime actuel de morcellement une grande association pourrait faire , en supprimant complètement les logements individuels, en donnant aux hommes, femmes et en* fants des dortoirs immenses, éclairés, chauffés suivant toutes les règles de la science.

Fourier n'a pas tracé ce tableau. Il a senti que la nature humaine répugnerait absolument à ce casernement universel ; il a décrit, dans le phalanstère, les logements individuels ou de famille, communiquant avec les salles de réunion générale, mais ne se confondant nullement avec elles.

Il résulte aussi de sa théorie, loyalement comprise, que le repas en commun n'a rien d'obligatoire pour personne, et que l'on peut s'en isoler pour des repas de famille, d'amitié, de corporation, auxquels des salles particulières seront réservées.

Mais le réfectoire n'en est pas moins la règle générale, non pas imposée, mais établie par l'architecture du phalanstère, par la préférence évidente de l'auteur, et par la logique de tout son système.

Eh bien, la société actuelle, composée avant tout de familles, et qui tient à cette organisation comme à une question fondamentale d'e^Listence, considère le repas comme le lien de la famille. Chacun veut être chez soi, en principe général, exceptionnellement en repas public, si bien que, retournant la proposition de Fourier, nous disons : la famille a repoussé l'enseignement de la doctrine phalanstérienne , littéralement

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oooMTée; die etttttim vabAlî«i« diw lui Bfrtèae d*Bssoekiioii qui rtspeeiera sa vie îalélietre, ipieb» leMeal mb foyer et sa table, saaf à ménager aai repi d'amii, de oorporatmis, aas réDeÎDBS pfali vastes «a» core» dca fadiitéa q[ai b exiaiefit f>as aujeerd'hui.

ia vie de famille m doit paa faire obstade à k fin" matÎM de graades aisodatîoDS pour ackat, omsem» tieB de dearéel» jprépamtiea daliviieita» timvaîl col* lectif , mais elle restera la base de la vie bemaine, et tout ee q«i ooifiprevieltimit ma eiistenoe seia èearté avee le plaë grud soja, les richesses morales demt passer avaat lei; autres*

£oarté, dtsofls-BOtts, écarté par ^«i? Foerier, n laissant dans Tiase indivtdaelle aecaoe plads a« goi* vernement de soi-même, ne défait laisser» posrétit logique, aacuae place aa gouvereement de h seâété. Le gouveraesient phalanstérieD, saaf un rék transitoire f ai loi était aiccordé dans le g^ranlûme, a po«r nsissiof^ d'éelairer,» de répaodre la lasoière, de daaôer des indications sans agir, ratifactton, niobik eavojé par Dieu, devant faire le reste^ Mais TbocDme n a jKis seulement ea lui des passions qui le pousseat aveugléméat» il n a pas seulement uae iateUigeace pourixaminer, juger, éclairer* en un mol, sa viç intériênreJl a le pouvoir limitéi mais le pouvoir réel, d'entraTcr Tessor de la passion, c'est-à-dire de lui résister, m pas toujours en vertu d'une passion plus forte, mais aussi en vertu d'uae passion plus noble et plus élevée. Les nations doivent avoir aussi leur volonté coliedive, c'est le gouvernement. Se formera-t^il, à tous les degrés de }a biérarchie universelle, par leiectioB seule?

LE GBMHI ftlttfAIN. IST

puissante à cré^ àm itotmtAs, elie les ooasiale trale^ ïïimU Cm la Nalttre qui fait des maîtres ; maîtres en intoUic^Oioe^ mattres en vertv, oaaltres en rouerie» suivrai ie oaraetère de ehaqae temps et de chaque pays. Celm-li régit^ qiaela Providence a fait le plus Ibr4» C^lts lorce qui, dans une épdqaa de ealme et de raison^ dsjt «nuMsIer, non dans Tari de dominer el d'exploiier Jes événements, mais dans la sapérierité de râfl^ rélec4i0n ne la donne jamais et ne peut ét^e ap^ pelée qu'à la «onsiater, ee dont elle s acquittera plus on niiOinn himi, suivit Tétat moral et intelleetuel des éleçteniis.

Or il se pasism^ des générations avant qu'il exista an eof^ps électoral capable d'apprécier et de proclamer les qualités néceesaires à un directeur du globe, el même» saajs aller si loin » d'une nation comme la Franea.

Les idées de Fourier sur la compétence universelle de réiectioa, sur son application future k txMis les de-* giés de la biérarchie, depuis le moindre groupe de tra-» vaîUews jnsq^'b Tadministration de la terre entière, sont vraies-; mais elles sont vrsms comme un idéal ré-» serve 4 l'avenir, et qui ne conduira, si on veut le réa^ User dans le présent, qu'à Tanarcbie et à l'impn»^ sanee» U serait bien temps de s'éveiller après un si long révs et de se demander si Ion vmit, profitant d'une pénible expérience, pr^nter au monde une doctrine acceptable et vraiment pratique, avec l'espoir sérieux de la &ire passer daus les faits, ou se com« plaire, au milieu d'un groupe, cbaque jour moins nom-« brenx et plus oublié de tous, à formuler des axiomes

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phalaastériens qni n'excitenl plus nulle part ni sympathie, ni cariosité, ni mèoie inquiétude.

Le principe d'élection se généralisera sur le globe qaand les hommes auront assez de lumières et de vertu pour reconnaître et pour élever au-dessus d'eux ceai que la nature a fait leurs guides. Aujourd'hui, cette éducation est loin d'être faite, et, pour nous bornera parler de la France, l'élection, qui semait des germ» amers de dissentiment dans la plupart des associations ouvrières ébauchées sous nos yeux, inspire à la grande masse de la population tant de crainte instinctive, elle y voit si nettement en germe la brigue, la cabale, le choc des partis, et, par contre-coup, la ruine de son bien-être, qu'armée d u suffrage universel en Février^ elle s*en est servie avec empressement pour le tuer. Elle ne veut pas gouverner elle-même en confosion; elle entend qu'on la régisse, et Ton ne sera homme pratique qu'en sachant comprendre ce besoin. Les contrepoids indiqués par Fourier comme devant régulariser l'élection et désarmer l'ambition individuelle ont assurément une grande valeur; mais l'emploi, le succèsde ces moyens nécessitent une France qui n'existe pas. Une pareille organisation présuppose des travailleors intelligents, capables de discerner toujours la supériorité réelle, de la jugera Tœuvre, de la proclamer, sans accorder la moindre influence aux cabales, sollicitations, à la camaraderie, à la corruption, sans faire payer au candidat son triomphe par des exigences et des humiliations de toute espèce, sans lui retirer jamais son mandat par caprice ou puérile rancane.— Ces électeurs-là, où sont-ils?

Un grand ressort de l'élection phalanstérienne, res-

LK UENUK aUHAlN. \ '2d

sort conseryé par noos comme ane espérance légitime de l'avenir, c'est la courte durée des séances de travail qui permettra au même individu de prendre part aux fonctions de plusieurs séries, le rendra moins sensible aux échecs de son ambition dans une de ses diverses carrières, à cause des compensations que ses antres emplois pourront lui offrir. Il est encore vrai que la pluralité des groupes organisés pour exercer une même branche de travail est un remède aux erreurs de Télection, et que l'homme supérieur, méconnu dans un atelier, dans une réunion active quelconque, peut être appelé à la tête d'un autre atelier» d'une antre série si on veut, stimulée par la rivalité industrielle à profiter des fautes de ses concurrents.

Ces idées sont justes; mais, attendu l'élément libre et spontané de l'activité humaine, il ne faudra jamais dans l'avenir le plus lointain, dans l'Harmonie la mieux ordonnée, compter sur un mécanisme social qui puisse dispenser les hommes de modération, de fermeté> de sagesse. Des calculs reposant uniquement sur l'effet des institutions seraient souvent déjoués. Quant à présent, les garanties que nous venons d'indiquer contre les dangers de l'ambition et les défauts du système électif ne peuvent avoir aucune efficacité. Elles reposent sur une division du travail, sur une organisation do groupe et de la série industriels, sur un développement d'aptitudes multiples chez le même individu, résultats que ne peut aucunement offrir lamasseactuelle des travailleurs.

Étant donné le milieu humain dans lequel il faut opérer, milieu fort éloigné d'un régime aussi nouveau, comprenons que l'élection à tous les degrés, pour

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tMles les lbfielioBS-<*^eeltoft par les komntn, ptr h ibBOKSi par h» cafânto, à la Commaiit» a« S^rlé meaU à la Région^iatrodoit partoot la Intie tsar cikitiue des prètenlioas, des capidilés» des partis. Veit M essayer de Tassociaiion en petite éehelle, aosfii avf des maases sans préparation , nais avec de adeptes parfailenieiit iûibus d'aaedôctrioe aaciale (W ticttlière» c'est ahws que iés vaadidatares à la d^ tîiMl deùDeraient à Tassodation, ((ui doit ayotr nii tête si elle ve at vivre et asarcher» le cafactire d is k jdre se dévorant èlie-méme.

Les chefs aatnrek soat orées chefs; ils doiveht dhh ger en vOrta de leur organisatiaÉ, comaiela tétêdiri|i le corps de rhomme, et l'élection n'étant p«i csfaUi de les découvrir aujourd'hui» il dût s'en ràpptHier pour le goavemement soprémê à la dédma de b Providence.

Cette opiaioB peut sembler étraage h ton* œaxfl espèrent soumettre la politique à des caloale pnreneit honmins; mais ici encore noos iavoquerons lespé^ rience. Essayes d'imposer aa régime de goOYernemeut ou un homme^ et vous n*y réossinfc jaais» a vertu de combioaisotts logiques. Pourquoi la p^ohtion de Paris a*t-elie chassé Charles X» irritée par^ atteintes à la liberté » bien légère* è celé d aae cotis* cation complète de la liberté, patiemment mhk ei d'autres temps? Qui prévoyait) il y a dix sas» aprit Louis^Pfaiitppe» Cavaîgnac? après Cav«ignae> Usis^ poléon? Qui s'est jamais rendu compte» an poist ^ vue du raisonoemeat humain, de ces révulatisBt subites et profoades déterminées par les cansiM les pin futiles, de cca vietoims rempotées par une poigsieè

LB aumi MVllAiN. 134

ttaUMirwt fm tu pomt aroiés »iur éc» baUîlloBS, des woadmfts, des kalterks? On seBl vagoenient que ies grands ebangeme&ls politiqaes n apparlieiiRent pas à laction réelle maif Utnilé» de la Toionté bomaine. Qft j reoeaiaU inatinelivemeot la pari de Dieo, électrisaat les \ain(|ueurs, aveuglaDt, démoralisant les vaincus. Eh bien ! il faut remplacer à l'avenir ces soupçons par une idée nette : Thomme ne dispose pas de la direction dc^ sic^ciétéa. Les ganvernants sont envoyés et les gouvernés les adoptent ou les renversent quand il plaît k Dieu» voilà le vrai.

S'il y a de mauvais gouverneoientsi» ceux-là ne $ont pas do rhoiBvie plus que les autrea* On a généralement des i4^es ai cçmfmses sur la création, qu'on iguore Texistence des créateurs intermédiaires entre nou9 et l'âme suprême, et quou attribue arbitrairement à ce qui vient du ciel le caractère de la perfection absolue. Tout travaille, au-desaus de l'homme oomme au-dessoua ; il a'y a point de travail san$ tàtonaemeut, saiis éb2^i;tchçs» et l'oeuvre imparfaite est encore divine relativement à nous, s'il est invinciblement prouvé que nous ne pourrions eu réaliser une semblable.

Si la Providence, qui n'e^tpas un mot, se prononce en ce nAomeutpour une réforme sociale, les travaux 4e l'intelligence humaine pourront la préparer dans les aspritSy beaucoup d'efforts individuels y concourront , mais des individus sans caract^e publie ne réuniront Jamais assez de ressources matérielles et d'autorité pour l'accomplir. Un pouvoir stable et fort la dirigera, s^^os tenir compte d'autre chose que de$ intérêts véritables de la popuUtion« et, quelque pui^e être w jour la valeur de Télection dans rhumwîté régénérée» ce

pouvoir en sera si peu esclave qu'il choiâra tous Je chefs de direction de quelque importance, leur doDnan mandat de nommer aux commandements subalternes, et ne reconnaissant, à aucun degré de la hiérarchie, b validité d'aucune élection, que sous réserve de son bof: plaisir.

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