‹ Sauvons le genre humainChapitre 22 sur 27 · RELIGION · texte numérisé non relu

RELIGION

Dogme.

La religion, chez les barbares, est caractérisée par un développement exagéré du merveilleux, dont l'empire est facile à constater chez les enfants, comme chez les jeunes peuples. On croit aux miracles multipliés,

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et les dieux s'incarnent. Osiris renatt dans les Apis, Wischnou dans une série d'espèces animales ; les dieax de la Grèce , sous plusieurs figures , soit humaines soit bestiales, s'unissent à l'humanité par l'amour. La naissance du Christ, point de départ d'une religion aussi supérieure à celles de TËgypte et de la Grèce que rhomme est supérieur aux animaux, a pour mystère essentiel une incarnation dont nous rendrons compte un peu plus tard.

Enfin l'humanité communique avec la divinité par des oracles. L'adytus, ou sanctuaire du temple, rend des décrets en Egypte, en Grèce, comme le saint des saints en Palestine. Un autre fait, aussi général en Barbarie que les oracles, c'est l'apparition de livres qu'on présente comme inspirés ou dictés par Dieu, quand ils ne sont pas tracés de sa propre main, comme les Tables de Moïse. En Egypte, ce sont les livres de Thot ou Hermès trismégiste; en Palestine, laBible; dans rinde , les Yédas ; en Abyssinie , le Fetha negueuste ; à Rome, les livres sibyllins, etc. , etc.

En édenisme, il n'existe pas de religion. Soutenue par Dieu, sans le comprendre, l'humanité n*est pas capable de s'élever à la conception du surnaturel. Quant au sauvage, il adore toute la matière. Le bar* bare adresse ses hommages à la créature intelligente, à l'homme. Sa religion est anthropomorphiste, c'està-dire associant toujours la forme humaine à l'idée de Dieu. Il en résulte un beau développement pour tous les arts, à partir du jour où le type de l'humanité divine a terminé ce pénible dégagement du sein des espèces animales, qui se produisait dans les esprits de Vancienne Egypte, et que ses idoles ont figuré.

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Lte cvA se peuple de familles dotit le sDarenir esl démettre dans la mémoire des hommes; et dont Thstoire disparaît progressivement, sods les symboles oi Mythes dont bn la surcharge. Aussi appellerons-nons la religion commune des peuples barbares la mjrAohgit polphéistBy afin de grouper sous un seul noi les croyances des Grecs, des Romains, des Séant haVes, des Celtes. Ce dogme général est en partie réaliste, car il conserve, de la croyance du sauvage, h vénération religieuse pour une fotile d'objets réels, tels que le soleil et les autres astres, des montagne, des fleuves, des animaux, des végétaux, respectés pocr !eur influence favorable ou redoutée. L'apothéose de là nature humaine , couronnement de dette série, s'adresse à des êtres ayant influé sur le développement du genre humain, tels qu'Osiris, Isis, Horus, Typhon, en Egypte. Cette religion, souvent appelée idolâtrie, à cause des images qu'elle multiplie et qni demeurent, J)our le vulgaire, Tobjet réel de l'adoration, contient une partie symbolique, attendu que les Dieux, originairement empruntés par elle k la nature ou à l'histoire, sont, avec le temps, utilisés comme symboles. Cette méthode une fois inventée, on créé de liouveauï Dieux, dont l'existence n'a pas d'autre but que de fournir des signes à des idées.

Le panthéon de la mythologie polythéiste se transforme ainsi en alphabet d'un langage mystérieux. La limite de l'intelligence vulgaire est dépassée. Il se constitue un dogme sacerdotal, réservé aux prêtres et m intelligences élevées parmi les laïques. C'est l'initiation qui les admet k la connaissance des vérités ainsi cachées. Le secret de l'initiation était imposé arec des

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menaees terrifikntt^^, câlr la révélation des mystères aurait détruit le culte j[)ubliC) essentiel aux masses. Le profane sera donc éloigné des sanctuaires. L'initiation est célèbre dans les annales de TÉgypte» de la Grèce, de ritàlie.

La distinction du culte public et de la religion des intelligences se ))erpétue au sein de la Chine, monstrueux amalgame du patriarcat, de la barbarie, et d'une civilisation déjà raffinée. On rit de la Chine et 1 on devrait en frémir. C'est un abtme de dépravation que Dieu vient d'éclairer à nos yeux par les plus sombres lueurs. Le culte extérieur de la masse y est plus stupideque partout ailleurs; il est avili, même aux yeux de ceux qui le pratiquent, et la religion rationnelle des lettrés équivaut à une absence complète de foi religieuse.

Culte.

Le patriarche immolait à Dieu des animaux et ne craignait pas de lui immoler son propre fils, comme une victime plus agréable que les autres. Dans l'état barbare, l'acte principal du culte est encore le sacrifice, et l'emploi des victimes humaines, quoique plus rare, se reproduit encore quelquefois. On offre à Dieu une partie de toutes les richesses, les céréales, soit en épi soit en pâte. Le pain, chez les nations agricoles, étant le fond de la nourriture, on aime surtout à offrir à Dieu ce pain qui soutient la vie. L'Égyptien étale des pains de proposition sur la table que Moïse lui a empruntée; Melchisedech offrait le pain devant le Seigneur; c'était aussi la coutume des Madianites, Quant

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aax liquides, l'eau, le vin, Thuile, il esl d'onze les verser sur Tautel» pendant le sacrifice, et soosk^ nom de libations. \

Tel est le culte égyptien» hébraïque, grec et romaô. Les entrailles de la victime ont frissonné sous le coi-! teau. L*homme, cherchant le guide surnaturel quilil perdu en ce bas monde, s'efforce de découvrir un ses dans tous les événements, fruits du hasard. U a crééb divination par les songes, onéiromancie^ par les ligns de la main, ehiromande » par le vol des oiseaux, mgure. Les palpitations de la victime, sacrifiée demi Dieu, dans le temple, et dans les circonstances la plus vénérées, lai semblent porter, plus que toutaotit accident, le caractère d*une révélation. L'on intemgera les entrailles, usage araméen, grec et romain, eic.

Indépendamment des sacrifices, le coite célèbre des solennités périodiques. Pour en constater le retour, les prêtres se livrent à Tastronomie. Le nombre sept, vénéré déjà par les sauvages, dont la religion naturelle se partage en sabéisme et en fétichisme, préside en général aux évolutions du temps. Sur ce nombre esl basée \ la semaine, de sept jours chez presque toutes les Dations, et en outre, chez les Hébreux, la semaine d'années, close par Tannée sabbatique, et la smm d'années sabbatiques, close par le jubilé.

Chez les sauvages, Timperfection des outils, eh^^ patriarches, la vie nomade et pastorale» empêchaient Tart de se développer. Chez les barbares, il existe. U masse y domine plus que l'expression : — temples de l'Egypte, de l'Inde, du Mexique.

Du culte et de ses cérémonies, nous rapprocherons rhabillemeut de l'homme, avec d'autant plus déraison

^» SOUS le régime théocratique» des prêtres égyptiens de Moïse, par exemple^ le clergé s'en préoccupe iblcment, au point de vue de l'hygiène et à celui s rites.

L^hommeestna dans TÉden, plus ou moins tatoué rmi les sauvages. Sous le régime patriarcal, il porte s manteaux, des couvertures, dont le burnous est le pe» et qui servent de lit comme de vêtement. Le cosme propre à la barbarie est encore large et flottant» i laissant à nu que certaines parties du corps, telles le les jambes, la chaussure étant une industrie rafnée que les Romains eux-mêmes ne possédaient pas dlièrement. Mais le costume barbare est beaucoup lus riche que celui de la période patriarcale. Un État étant constitué avec ses castes, cette hiérarchie a esoin de distinctions apparentes, et les couleurs oyantes ne séduisent pas moins les peuples jeunes [ue les enfants. On a réalisé assez d'industrie pour imployer des étoffes éclatantes. La magnificence des rêtements turcs avant la réforme, persans, sykes, chinois, en un mot asiatiques, est assez connue. Un proverbe juste a célébré le luxe oriental.

La loi graduelle du développement sériaire est si naturelle à T humanité dans sa croissance, que le tatouage de la sauvagerie ne disparaît pas, dans la société barbare, sans y avoir laissé quelques vestiges. Dans certaines contrées s'offrent des substances qui permettent de donner aux traits une coloration, non plus ineffaçable, mais encore contre nature. Le henné teint en rouge-aurore les ongles de l'Égyptienne, de la Juive^et de toutes les Orientales ; l'antimoine élargit leurs cils et leurs sourcils par des lignes noires. L'In*

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dien porte encore, en ce moment^ l'empreinte de 9 caste au milita in front.

EnJkTIONt HrrtRNATIOlULBS.

L'introduction de Tesclavage a mis fin à l'anlhropojphagie^ mais la guerre des barbares est encore cruelle. Elle entraîne souvent le massacre général des enfanu et des femmes: — guerres de Josué coiltré les Chananéens, guerre d'Attila, de Gengis-kban, de tous les envahisseurs du monde romain. Le vainqueur allume des incendies inutiles. Brûler ce qû on a conquis e^t le stupide usage de la barbarie. Les Abyssins en donnent encore Texemple.

Entre les peuples barbares, là gûetré n'est pas le seul point de contact ; ils ont enti*e eux d'autres rapports ; ce sont des ambassades extraordinaires, ayant pour objet de faire des réclamations, de conclure des traités, dé féliciter sur des événeihénts importants. Telle est, à Rome, la mission des pfcianà:.

GOByERMSIIEMT.

Là terre une fois occupée, la faatlon cultive, tout en conservant ulie )3t*ofoilde empreinte du |)atriàrcat et de se* habitudes pastorales. Le territoire se partage entrlè les vainqueurs, qui ne taéttent pas directemenl la main à Tagricullure. Les esbiâvefe et les vaihcus bêcheront le *!ol.

Ainsi les Inférieurs sotil immobilises, veotlus arec

la ^errç qu'ils (^cQp4ent. Les prppriétftires se hiérarchisent. Us se donnent des rangs correspondant à leur importance militaire, et ne quittent pas an instant lépée.

Telle est la féodalité, qui fournit son type achevé dans l'Occident y au moyen âge, mais qui se trouve dans l'Egypte ancienne et dans TAbyssinie moderne, h peu près complète. II y en a des vestiges dans toutes les autres sociétés. Qu'elle se perfectionne, elle produira une centralisation, par le Roi, et conduira les hommes progressivement aux institutions civilisées.

Le lien de famille conserve encore une importance sociale si démesuré^i que les généalogies, gardées avec le plus grand soiii, correspondent ^ ^es fonctions publiques traditipnnelles. De là les castes. Elles sont tranchées et ne se mêlent jamais, dans l'Inde, dans Tancienne Egypte. Chez les Hébreux mêmes, indépendapiment de la classification générale par tribus, les enfants de Léyi composeQt uqc caste h trois degrés ; on y distingue le grand prêtre, désigné pendant des siècles entiers par sa naissance, le prêtre, le simple lévite. Parmi le$ lévites, les familles de Caath, Oerson^ Verar^, sont distinguées par leurs emplois héréditaires.— rÀu-dessous de toi](s les Israélites se rangent : le bâtard, — le néthinéen ou serviteur public, — l'étranger , — Taffrancbi , — l'esclave hébreij, — l'esclave étranger.

Les deux grands peuples providentiels par excellence, les Romains et les Français, avant d'atteindre à la civilisation, ont passé par la barbarie. Les premiers distinguaient : le sapg ptricien ou sénatorial, — le chevaUer,--l€^ plébéien— et Tesdave. («es seconds:

le noble, — le boorgeois,— enfin le manant oaprok taire.

Si Ton ne vent pas tenir compte de nuances tré^ variables, tontes les castes se réduisent à trois, k nons indiquerons les correspondances dans IM, parce que Tlnde est le pays typique des castes: Glassb privilègièb (prêtre ou brahmane, noble oi kchatrya)y classe moyenne (bourgeoisie^ ta^à\ BASSE CLASSE (esclavc, ioudra).

Quand on veut apprécier le caractère esseiitk! d'un gouvernement, le nom de république ou de isonarchie qu*il adopte a peu d'importance. Examine quelle est la classe qui domine et à qui le pouvoir ser! d'instrument. En barbarie, ceux-là régnent natarell^ ment qui ont conquis le territoire et peuvent le défeodre. A cette époque de fluctuation des peuples, garé sa place est l'intérêt le plus puissant. Les directeurs de la société senties guerriers; c'est la classe noble, guerrière ou destructive qui régit le monde. Il est mi que Vautre fraction des privilégiés lui faitconcorrcnce. Le clergé veut fonder un gouvernement surli base des révélations divines. La Théocratie riralise avec les pharaons guerriers de l'Egypte; ilj* lutte entre les melecks ou rois juifs et les grands prttres, comme plus tard entre les empereurs et les papes. Dans ce conflit, les avantages se balancent, mais le pouvoir temporel flnit habituellement par l'emporter, et le clergé se console, en s attribuant la saprématie dans les annales de l'hanianité qu'il rédige.

Sa part est belle, car il est, pendant une longue suite de générations, dépositaire exclusif des sciences. La caste sacerdotale de l'ancienne Egypte était seule

géomètre, astronome, musicienne, elle cumulait toutes les branches de Tart. On sait que le clerc du moyen âge était le savant.

LÉGISLATION CITILB.

Quelle sera la loi de cette société ? En édenisme, liberté complète, chez les sauvages des usages seulementy dans la vie patriarcale des traditions, et chez les barbares des coutumes qui ont, pour organes et conservateurs, les vieillards, bien qu'on accepte aussi, mais par exception, les inspirés pour juges, — la prophètesse Olda, le jeune Daniel.

Rien n'est sanctionné, promulgué encore; mais les mots d'usages, traditions, coutumes, ont été choisis par nous pour indiquer des habitudes qui prennent une autorité de plus en plus grande. La coutume finit par être une véritable loi, décidant de l'état des personnes, de la transmission des biens, de la pénalité. Seulement elle n'est pas écrite ; il faut la coordonner.

Dès la barbarie, paraissent des législateurs : Xisuthrus ou Noé pour les Chaldéens, Zoroastre, Moïse, Dracon, Numa, Mahomet. Ils sentent la nécessité de proclamer des principes d'ordre et de les sanctionner par des peines régulièrement instituées. Ne pouvant puiser leur autorité dans le raisonnement, beaucoup d'entre eox utilisent le sentiment du merveilleux, en se rattachant à la religion qui, de leur temps, abonde en miracles. Leurs lois sont écrites souvent dans le même livre que les règles da dogme et du culte, et présentées au même titre, comme inspirées par le ciel.

IU4 SAi:vu;.;>

M^^te, ^1^ £gïPtPi attribue ses loi$ ^ perwès; Hbm en Crète, à Zeu§; Lycurgae, à Aj^llpa i Zfiihraostei législateur des Arimaspes, au géoip b)epfais|])t; h\ moxis, législateur des Gètes, k Yesta ; Numa, àlanp pheËgérie; Hanou, àBrahma; Moïse, à Jebovaii Qu'où s arrête ici.

Moïse doit être mis au premier rang des hommes di génie et de courage traQ$rormaDt up peuple eacon brutal par les efforts de leur intelligence et de leoi volonté. Il a augpienté son action par une mise e: scène de prodiges factices, comme le fait se trouve! peu près avoué dans la Bible même. Son histoire, écriti après sa mort, lui attribue à tort des faits et gesta miraculeux; mais il et^it envoyé du ciel.

La Providence, en construisant sa tête pourlamissicE ]a plus importante qui ait été donnée à un homme avaal le Christ , Tavait armée 4e facultés fermes et sâres pomplétées par les élans d'une inspiration plus féconde c[ue cel|e des polîtes. Dieu n*en faisait pas plus alors, parce que les moypns sqrjiaturels lui coûtent, parce qu'il aime à laisser le^ hoqmes agir librement e( gagner tout le mérite d'une destinée qu'on s'est faite de ses propres mains. Il a fallu bien de TendurcisseniienKlBii p6té, bien des siècles de souffrances de l'autre, pour q^e la Providence employât, au milieu de nous, les agents surnaturels, avec une prodigalité qui ne s'étaîl rencontrée dans aucun autre 4ge.

Les lois commencent par déterminer le dogme, la morale et le culte, bas^ de l'édifice tout pntier; Yiennest ensuite des prescriptions relatives au gouvernement, ï radministration, aux lois civiles et pénales. U^ légi^- Is^teurs attachent de l'importance h effacer les tracer

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éttérïeùreë tië li isàilvâgerié, dont les usages les plnà réTôltàolJs ont déjà dispàta deS ihoefurs. Noé prohibé l'usagé de riistùget' la chair Vitànle et de bôihe le sang chdtid: Mof^é réitète cette {)rbliibitioa ; il y joint celle du tatouage étse i*encoiitrie avec la loi rotnaihédès Douze TablëS) quand il défend de S'écorichër le visage daiife M cérémonies funèbres.

Les ihstitutions paitiàt^bales feçoiveht dtl lëgislateur barbare d'autres àlteihtes. L'omnipotence dri père est ditoinilée; ôii lui iiitërdit de proâlittier fees filles; sdn drbit ^iHttiitif de tië et dfc mort trouve uûfebarlriëré: L*Ëgypte antique lui ini|)4se, tjuàhd il en use, un châtimetit flétrissant;

Bien que là bulture sôii la basé de Tétàl barbare, 1« tltivaii iiidùfelHël, ddht le développement kmètiëta It civiliSatidti, balt théi lui. L^s esclaves iiidùëtrifelS, dont lêë ïltéliers àttiennent à là maison dtl inàltre, etefbènt les inétietsqui exigent dé la fbrbe; les esclaves iemeUes , sous la direclioil des épouses, tissent les étoffés, se livrent à la bouture, à la broderie, à tt)Us les travaux d*âîgiiiHe. Les esclaves affectés spécialement au travail domestii^ùe babillent le liiaître ou la mattt'éSSd, lès escortent {pediseqm, pi^dùequœ), lespoheiit en litière à ftome^ en palanquin dans rihdë; kn milieu d'ëut^ mais seulenient dans les maisons Hchës, se ti'oùvéiit déS nains et des bouffons. Ce fait apparaît en Abyssiiiie, en Égyt>té, èh Italie, dùSpanacus lui-fcbême, l'esclave ré^ tolté, àVBÎt ses botiffbnis et feés nains, efafin dânsTEu-^ topé dtt rioVed âgé:

Le sauvage ne portait qu'un noih personnel et toujours sigtllBcatif. SoUs ié rëginlé patriarcal^ le nom du père détheuraH alihé^é l Celui flii fil<ç. La bai-barie,

pour conserver des filiations plus anciennes et dont ramifications sont .plus larges, attache à beaaooapit^ noms individuels le souvenir d'une source déjà éloignée : les fils de Gaath, de Gerson, de Merari, deBechab» chez les Hébreux; les Claudiens, lesFabieiusi Rome. Le barbare porte un cachet à son empràlt spéciale; c'est ainsi qu'il signe.

Chez les Hébreux, où la constitution patriarcale ik la famille avait encore ses nécessités au temps de Moïse, parce qu'on n'était pas sorti de la vie nomà et constituée par Iribus, l'absolutisme paternel nesi pas aussi directement combattu qu*en Egypte, fs exemple. Mais le père ne peut provoquer la mort à son fils qu'en déclarant à la magistrature la cameit son mécontentement. C'est le peuple entier qui exécate la sentence. Des conditions sont imposées au mana^ des femmes par voie d'achat, ainsi qu au droit de les répudier. Le mariage s'entoure de céfémonies qoi le rehaussent, et si les fiançailles continuent à rappeler l'époque où le mari donnait les arrhes de son marée, nous devons pardonner au peuple juif, et à beaucoup d'autres^ ce léger souvenir de barbarie ; nous TavoDS conservé nous-mêmes, et les traces de la grossièreté primitive constatent seulement un triomphe de l'Iiomanité quand elles sont ainsi transfigurées.

Ainsi les faits de la vie sauvage sont proscrits, les faits de l'état patriarcal sont atténués. Les iégisl^ teurs ferment à l'humanité tout retour yers les phases sociales déjà traversées en leur ouvrant le chemin des phases postérieures.

En ce qui touche la propriété, sans faire aocDDr théorie de ce droit qu'ils expliquent par l'occapatioB»

résolvent les difficdtés pratiques du bornage et ^ principaux contrats, tels que la vente et l'échange. Le sauvage connaissait peu les métaux et trafiquait

nature. En barbarie, Tor et l'argent sont extraits du l et circulent par lingots. Lors de la vente, on les upe en parcelles qui sont pesées. De là l'emploi néssaire de la balance dans les ventes barbares, chez s nègres mandingues et changallas, en Egypte, chez s Hébreux, les Chinois, même chez les Grecs et les omains à l'origine, bien que tout peuple un peu ^ancé connaisse la monnaie frappée qui, sous le réime civilisé, sera substituée complètement à la prelière.

Pour les ventes d'une importance secondaire, la arbarie utilise comme monnaie un objet de convenions briques de sel et pièces de toile en Abyssinie» auris ou coquillages ailleurs.

De la vente et de l'échange rapprochons le prêt, lont l'importance politique, économique et sociale est ilors énorme, car les métaux précieux, rares encore, iont loués par le riche au pauvre* au taux le plus excessif. On a souvent présenté le juif comme le type de i^usare; mais si l'admiration classique nous aveuglait noins, nous reconnaîtrions à quel degré les usuriers romains furent infâmes, exploitant le bas peuple au point de se partager en morceaux la chair de leur débiteur avec plus de réalité que le vieux Shylock de Shakespeare, entraînant Tinsolvable en captivité, lui déchirant le corps à coups de lanières. La république romaine fut une exploitation du monde par lesRomains, de Tesclave romain par l'homme libre, du plébéien par le patricien, exploitation pesant si durement sur les

l9è SiuvdifïS

classée sbttffl'àntës que, Join de 6b pasi^îonnei* colàïM oii l^â cru pout- Ife îiom et les institutions dé !a répul)Iit|ne, elles passèrent de iohgues génératibnd à implorer uii Vengeur^ et iie virent pas un ùsuf|)ateur, lïiai^ iin èaùVetir, dahs le preoiler des Césars:

A.tix tdntrâts, là législation barbare ajoute les èh^agèmeiité qiii se forment sans convenlioid. Ils résultent le t)ltts souvent d'iiii doîhWage, et d'un domtnagë femjJhihté à là tië fles feBàmps. Moïse, la loi dés douze tables, parlent du bœuf qiii a frappé "de In corHe, et regardent la responsabilité du maître comme plus ou rnom^ grande, suivant que lé bioeuf adonné ou non des signes antérieurs de brutalité.

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