‹ Sauvons le genre humainChapitre 23 sur 27 · PROCÉDURE ET PÉNALITÉ · texte numérisé non relu

PROCÉDURE ET PÉNALITÉ

La procédure est simple : point d'huiâsier, lé deinanfleur ajourne lui-même son adversaii-e [condictio] et le traîne àii besoin devant lés juges (niànm injèctio). C'est là méliiode de rhét)reu ou du Roniaiu primitif; —débat public et purement oral, accompagné chez les tiomains de détails tout à fait brigiuàux. Chaque naliori modifie par des nuances les pliéhomènes générant que nous retrâtjonô. Le Komain primitif, c'est-â-dire le seul Rbmain vraiment barbare, conduit sbn adversaire sur le champ litigieux, y engage avec lui un 'combat fictif éd teilant la baguette, image de la lance. Cette cérétnonie bien caractéristique d'un peuple guerrier et conquérant est le début de toute rèvebdication en justice Les Rbmainfe admettent dans la procédure ce petit drame qui leur est tout spécial ; ils admettent àusâi le serment judiciaire^ comme toutes les nations.

LE GKffRB tinUÂIN. t^^

Oîl Ml cUUibietf le pki*jafë âolénnel ëteit rëflooté des figypttetiâ et dès Jnifo; Mais les llbmaing» d'ufaâlUtré eftté, Ée êï>jÉnaiss»ient pas Ites épreili)és judiciaires.

C'est cependant un eàraGtë^e de barbarie des plus généraux, et dont les Româitis hé furefat exetnptés t^ue ^ar là YÎgoétir et là log;ique dé leut intelligence.

Vhotàïà&f ighoi-ant combien les miracles sontdiffieiles à Diéti^ lé consulte, eii sôuniettant les plaideurs à des épreuves dangereuses; épargnés, s'ils sont innocents et téridiques, ils devront subir une atteinte matérielle s'ils sokit coupables et menteurs. L'ëpretive divine (est detbafadée k Tean, au feu, à tous les éléinetlls. Cette coutume avait été remarquée chez tousleti peuples bceidentàux du moyen-âge. Mais peu de personnes ent fait attention aux i*écits de Sttuys le voyagent, qui a vu répreuve du feu appliquée, dans le i'oysktinie de Siam, sur une très-large échelle. L* épreuve de Venu afnère eét ibdiquéé dans la Bible comme une institution de Moïse, et bien que la Bible soit plus conlitie qbè lean StruyS, be détail est à peu près ignoté des éatholiques, les livres qui sont la base du christiarnisiné ft'ëtant presque jamais lus par eut d'un bout ft Tauitrk. L'eau amère est Téprelivè des Caffresi celle du poisbn appelé tanguin^ l'épreuve du peuple hovA qui tyrannise Madagascar.

La îertute est encore un ttioyen d*enquéte, barbare ^ar sun essence. On l'emploie surtout en matière criminelle^ el bien que de cruelles nécessités sociales aient pu l'excuser pendant longtemps, les peuples antiques > spéctaletnent les Juifs et les Romains, eit avaient du moins assez d'horreur pour rappliquer seulement aut esclaves.

SOO SAUVONS {

Il est pénible de penser qu'en France» dans on ^ favorisé du ciel à tous égards» un pays chrétien ettrè chrétien, la question, donnée à tous les accusés s» distinction, se soit perpétuée jusqu'à Louis XTL

Voici la solution de ce problème.

Les divers états sociaux que nous esquissons senû parfaitement séparés les uns des autres, si rhomaiÉ avait déjà constitué en ce bas monde son unité, si ell palpitait sur la terre d'une vie entièrement ceotnli» comme Test déjà sa vie des cieux. On suivrait aloii sans confusion d'aucune espèce et sans mélange à caractères propres à chaque phase, le développer de l'être humanité. La logique, entrevue sealenia * dans les périodes sauvage, patriarcale, barbare, cni lisée, telles que nous les traçons ici, serait absoliH

Biais rhumanité ne marche pas sur son globe ^ ensemble ; elle s'y trouve en travail de formation; I vie» qui doit allumer un jour tout l'ensemble, « scintillé que sur divers points successifs; U traînée h mineuse erre sur la carte» inspirant, animant toalj qu'elle rencontre, éveillant Tlndien» TÉgyptien, IBI breu» le Grec, le Romain» le Français» afin que toolj ces personnifications du génie humain donnent tonr' tour un élément à l'ordre futur. 11 y a des nations a la Providence n'a pas encore agitées ; il y en a d'aotn dont elle a désespéré» comme les races rouges eià mitives de l'Amérique, ces peaux rouges, qui 9sm produit, au Mexique» un état social à peu près égall degré à celui des Égyptiens, et dont les incas, lesl| chesses» les temples, ont été emportés par un clysme, parce que le ciel en avait désespéré.

Vous étes-vous jamais demandé pourquoi ces

miers germes de société, jetés par les Azt^aes, avaient disparu da globe, sans qu'il en restât vestige, après avoir produit dans l'isolement, au milieu des mers, sans concours avec les travaux ni avec les révélations de l'Europe, des lois, des dynasties, des pyramides, une écriture même? Comment ont-ils pu monter si haut? Pourquoi se sont-ils arrêtés là?

Et la conquête des Espagnols, vous rappelez-vous combien elle fut impitoyable? Que d'outrages à Thumaoité ! que de crimes sans nom I Les Espagnols ont détruit la population virile dans les mines ; ils ont râti des enfants vivants. On a vu l'Espagnol , en se rendant à la chasse, prendre en passant l'enfant au sein de sa mère, et le couper en morceaux pour le faire manger à ses chiens. Ils ont exposé dans les boucheries des quartiers de jeunes filles. Ces horreurs permises ne se concilieraient pas avec l'existence de Dieu, si Mexico ainsi châtié n'avait été un amas de crimes, que nous devons résumer en un seul trait, car nous n'aimons pas les récits atroces. Dans cette ville, embellie par les arts, attestant un raffinement industriel et intellectuel déjà remarquable, la religion , qui doit épurer les cœurs, adorait des monstres altérés de sang. Un peuple est jugé lorsque, dans Tétat de raisonnement auquel étaient parvenus les Aztèques, il s*imagine honorer Dieu en arrachant, sur son propre autel, le cœur d'un homme qui agonise.

Mexico fut la hideuse tête de la race rouge tendant à l'organisation, l'âme lui manqua. On le voit bien dans ses œuvres. Ses ébauches de sculpture n'ont pas la gaucherie d'un art qui commence et que l'avenir animera. C'est la bestialité sans espérance.

La tété coupée, hi débris cltt cb^ps ÈôiA épars pourchassés dans les fbtêts. On n'en fera jamais rie! C'est une race mahquée. Ces sativâges ont consen dans les bois certaines qualités tiTi*iIs péfdrbiit m jbur^ en §e groupait; niais ce sofat des bêtes ranT& L'organe de la destruclion les domine. Là ft-ovideui a complètement renoilcé à en faite uh |ieuplé.

Il y a des peuples à qilî Dieu renonce aiiiÊsi; d'autre s'Usent dans sa main, comme bn outil se brisé. C'dl j^àrcë que ta vie dé rbumàhité, circulant partout avant de se fbi-mer ùû cenlfré, t)rend des nationalits ptiis les quitte, les ëbauche tbutèë à ta fols à des degrl iliégadx, lédr permet de communiqtlfer cntW elles, l cet étal d'ihcohéi^ence générale, cju'on Téit dtt trih Jiklriârcâles enrichies, par une fréquentation supérleni'e, de quellgues ëléihents de cirilisatibB. Panioe attire cause, itepûtablë % deë làctinfê volontaires i\ Tintelligence od de Tâmour, on voit deis nations ciiili séëS conserver, ati sein de leur développement, do souillures dé la barbarie la ptuS profonde.

La France à conservé la torture jdsîjtie sous Louis XYtl De()uts des siëcleé; elle aurait dft l'abolir; depuis des siècles elle était coupable de la inaintenif, et sa conscience le lui disait. Sous Louis ÏVI, elfe était encore chargée de lois et coutiitiiés tout à b& indigtles de son rang supérieur ati milieu des peuples. Elle n*y renonça pas assez tôt ni assez cobi^ilétement JJoul' éviter là tévoliition française, instrtiiiient de progrès fet instrument de chàlitriènl tout à la fois. S cette révolution fut terrible, tout eh laissant vivre et refleurir notre pays, c'est (Jue Dieu voulait épurer b France par la dobtt*ur. Il 81 bf»5dftî dMh tincorG.

LE GpRlÇ HUMAIN. f[):\

î-^: B^^ftHt^ J^^r^are e§t cruplle. I^fiïj huf u^jjçjpe est d'intimider, de faire un exemple ; elle lue san§ pitié. Pesi iafr^ctiQ^s, ^ui oous parattraient t)ieD légères, sont punies de mort par Moïse comme par Dracon. Il en était de même en Egypte, avant les reformes iptroçluites par le§ rois. La législation i^es |)arbares, soit ^ Télat de coutume, soit à î'élal postéfiepr de Ipi écritCi établit une gradation entre les châtiments corporels, les seuls qui cQnyienneat à son génie.

Son macpimum est lap^i^e de mort avec tortures :-nsupplice des auges dans la Perse ancienne, du pal phez les Turcs, des crochets pour les Barbaresques; supplice d'être coupé en dix mille morceaux chez les Chinois , déchiqueté avec des roseaux coupants dans l'ancienne ]Ègypte; supplice, à Rome, d'être cousu dans un sac et jeté à l'eau avec un coq, un chien, un singe, une vipère; supplice de mourir sous le bâton, la tête prise dans une fourche, odieuse mort appelée tout simplement le mode des apcêtres, modu^mqjorum, et dont l'approche épouvanta Néron, jusqu'au point de décider sa lâcheté de hyène au suicide. — Aux Romains encore appartient la criminelle invention d'avoir fait manger des hommes par des bêtes. Nous disons criminelle, car ils s'en faisaient up jfîu et n^ pouvaient invoquer, en faveur de cet amusement féroce, les sévères arguments qui justifient la peine de mort, et plus que la peine de mort, dans les époques de ténèbres et d'endurcissement sociî^l.

De lapeme de W'Ort simple ^ décpll^tiou, sfrpgulation, la loi descend à la mutilation en beaucoup de pays. Elle est appliquée, le plus souvent, aux parties âe la tête faisant saillie, le nez et les oreilles. Les

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Abynias retranchent souvent le pied; Holge am^ la main dans un cas spécial.

Enfin, le dernier degré de cette échelle, eiclasfr^ ment corporelle, ce sont les coups y administrés a^ une baguette, sur le dos chez les nègres, les Abj^iu, les £gyptiens, les Hébreux au temps de Moïse ; sorl plante du pied chez les Arabes ; sur la partie po^^*^ rieure du corps en Autriche ; — ailleurs on sesenin du knout, connu sous des noms divers, chez les andei Perses, les Scythes, les Juifs après la captivité^ lij Romains.

Dans une époque barbare, et dès lors dominée ]S2: la matière, on ignore encore absolument ce que lach, vilisation appelle honneur, et les coups ne flétrisscc pas. Les premiers de TËtat les reçoivent de la mmh prince, et rentrent immédiatement, sans s'éfflouvoii, dans Teiercice de leurs fonctions. i

Comme, en tout pays , cependant, rinteiligena a besoin d'éclore, à toutes les figures matérielles m idée s'unit, et cette union s'appelle symbole. La pénalité barbare a des tendances caractérisées vers le symbolisme. Chez les Ëgyptiens et les Juifs, le feu punit II luxure, le feu sensuel. C'est dans I échelle des modlations surtout que la correspondance matérielle di crime et de la peine est cherchée avec intenb'on; h, partie coupable est supprimée de préférence. On es trouve, dans les anciennes lois égyptiennes, deseieiDples assez nombreux. Mais c'est la loi indienne de Ifanou qui est typique à cet égard ^

*■ Manava dharma sastra, traduction de Loisdeur De^ champs.

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Un homme delà basse classe, assez osé pour s* asseoir i c6té d'un homme appartenant à la classe la plus élevée ^ doit être marqué au-dessous de la hanche et banni.

S*il crache avec insolence sur un brahmane, que le roi lui fasse mutiler les deux lèvres.

S'il le prend par les cheveux, par les pieds, par la barbe, que le roi lui fasse couper les deux mainsy sans balancer.

Voilà des horreurs qui se conçoivent chez les Indous, intelligences toujours endormies, âmes sans ressort, qui ne pourrissent pas comme les Chinois, mais qui languissent dans une même situation, depuis tant de siècles. — Que dire de la France, si elle avait appliqué la mutilation des parties de la tète, jusque sou Louis XY le Bien-Aimé, à des femmes, et pour de simples contraventions de police, le tout en vertu de la décision du grand roi Louis XI Y? C'est pourtant ce qu'il faut rappeler, pour affermir nos concitoyens dans un sentiment qui parait aujourd'hui commun à tous, l'acceptation sans aucune arrière-pensée, sans regrets, sans esprit de retour, de la révolution française et de ses résultats, moins ses crimes. — On peut citer en passant lordonnance du 4 décembre 1684, portant que les déserteurs seront condamnés à avoir le nez et les oreilles coupés, à être marqué de deux fleurs de lis aux joues, puis à être rasés et enchaînés, pour être envoyés aux galères. Cette ordonnance fut appliquée si sérieusement que, l'année suivante, le 48 janvier \ 685, on en rendit une seconde, ayant pour objet l'arrestation de tout homme rencontré avec la mutilation et la double flétrissure déterminées ci-dessus. Ces or-

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donnançe^ doiveot réyolter moips ffue }e rè^;lfmeiit di 1 3 mars t687, porUal que : les fill^ de n^^yaise Tif qui serqpt trouvées à deo^ lieues ^^ euvif ops 4e V»sailles ou des camps, avec des soldats, seroDl jugées par des conseils de guerre, et poD(Iaim[ié^ k &^oir leâ oreilles coupées.

Nops ne permettons pas la mi^v^ vie, mîps qn'oB Ip sache, il est u|i crîme beaucopp pluf; graif^d que les égarements du cœur ou même des sens. Q'^t Thypocrisie ia^pitovable de rbomfue spusiie], châtiant la fpmme dont il viept de se servir, et ne p^SËmi^del' foulejT aux pieds, afin 4^ ^ don^^er ui)e apparefipe è vertu, que pour lui faire que cpur ipomqpde.

L>ipende et la pri^pp sppt de$i peines 40 phase civilisée, qui pe s'introduisent ds^ps U code b|irbi|r^ qa'eii demeurant spr le ^ecQpd plan, et iivee ub A§[r^(è]t bien différept de leur applicatioi) déQp^Uyp. I^'aipende, ^ son origine, est pne rép^r^tiop du tort pauj^f^, et la pivilisaUon ne distipgpe ep elle qp' assez \^4^ le^ fjovmagps-iptérèts at^fx^ués ^ la pf^rtie Ipsée de | ameiule prpprement dite, pQpstituan| pp^pe. Le yplppr payera le Rouble de Tobjet quUl ^ dérobé et, en pas (le pirpoastance aggravante, le qpadruple. Tel est le systèioede Moïse et des Rompins. Le vol est-il acpoippagné d'effraction, la nuit, le yoleur est tué légitiippment. Toos jes principes régissant le vol sont identiques c|iez les Hébreux du temps de Moïse et chez le$ Romains do temps dAppius.

La prisop n'apparptt chez lesf barbs|res que comoie pne entrave^ un moyen matériel ^e rester en pos^essioii du coupable, jusqu'au jugement op i^ lexécutioa. Cfiacun sait qu'il pn est ainsi chez igs ^j^, gpéfii-

LB GifUTlà hÛMÂIN. Ji69

mt iâ BàstohÂàde, quelle qa'éd sbit la doéë, h ii6ti4

îgime pénilëiiliàire ; et ce pfaiht de tue n'èteit psô

erdti e6eE les Aoitiàiti^, iS^us TEMpite tâêtné;

a Certains gouYernears dé provincfes, dit Ulpiëli*,

cdiidhtlihent dëâ cbiipàblës & rester (en prisbn en èn-

chatliéS; mais b'est à t^rt; dé telles peines sont

: interdites. La t)riècf& ddit être employée pottir garde*

< l^é homiàés, ndti potai* les punir. )»

Là Ibi péfiaté des barbares, dans soh état le pluii )r{iiiiiif> n'est ^as àus^i redoutable K tt)Ufe qu'elle {iaratl îu premibr coup d'tfcil ; mais sa dôucièur n'est qn'UA iésor^re et Hbn pas niie inspiration de l'huinàîiitéi Pour lés fcaà de meuHre et blessure, elle pose en {jrinci^ë la Ibi dH talion} œil flbUf œil, deilt pour dent^ €obithé Moîsë et les douze tables. Mais cette règle, bieà éloignée de la vérité, puisqu'elle ttiet utife ed^réSpondaudé màteHellè à la f)lace dé là justice^ â'bst pis toujours ap^li(j|Uée. Le talion, ehet Moïse et ehèz les RemaillS, est uil effort du législateur voulttni déS6fA«F ranti(|ué veiigeanee familiale. Avant cette loi t^gnélè ^engièUt du hàng; lé plbs |jh)chfe pàreiit du mort^ béuiréàu Selott lë dévoir d'alors; Pôûf le decîdeF â Vi^ bàndoli dé cette fission; la loi lui bffré lé talidn, Is'il fe'ëîl ripi^oftc h la Sobiété; et Pinvitfe, sll U'abêepté Jjaà cfetlé intëfventidn; à composer avec son adversaire (*ï mei/tihruih rupit, ni ium to paeiî, i'alib 'ésio). Lé vengeur, oil l'homme offeiisé, composé quand lë coUj^able est Hbhé, et la niiséricohié aiti^i tomprisè ëst bif^ imperffebtion dé plus dané lés lois ^ûi peuvëiil T^d^-

« Digdsie, Oe Pferils, 1. i^, ^ 9.

t08 siinroiis

mettre,— compottlton^ pécuniaireiy en Àbysâme» ei Arabie^ chez les Hébreux» k Rome» au moyen âge primitif. — Le législateur est, de bonne heure» hostile î ces traités qui paralysent la justice.

Elle est encore paralysée » mais par une inspirayos meilleure. En barbarie» la procédure criminelle muque de preuves écrites et s'égare facilement; les sopplices sont atroces; un innocent peut être conduit à la mort. La société le reconnaît et tolère que» pard» moyens extrajudiciaires, des accusés» des condamna même lui échappent. La religion aura le droit degraœ et les lieux réservés k Dieu seront des asiles. Tel est le caractère des bois sacrés, par toute la terre, à tabernacle puis du temple, chez les Juifs, du temple aussi chez les Grecs et les Romains, des églises et des monastères au moyen âge.

La première législation des barbares» bien qa'elle soit présentée assez souvent comme infaillible, est encore informe» incomplète. Il faut en développer les principes» jusqu'aux détails d'une utilité reconnue plus tard ; il faut de plus la modifier en elle-mèine, pour qu'elle s'harmonise avec le progrès social et en suive le mouvement. Telle est la mission des jurisconsultes, rabbins juifs» prtiden^^^ romains, divisés partout en deux classes» les conservateurs amis de la lettre (schamméistes ou sabiniens) et les serviteors^^ progrès» plus attachés à l 'esprit (hillélistes» proculéiens). ▲ Rome» dont le mécanisme judiciaire et législatif e$( plus compliqué que partout ailleurs» le progrès de la législation est activé par une juridiction très-originale, celle du préteur, affichant, à son entrée en fonctions, sur VaUmm^ ou pancarte blanche fixée an seuil desoo

prétoire, la série des modifications qu'il lui convient d'apporter à la loi civile.

La phase barbare est le fond des limbes, au sein desquelles rhumanité doit descendre. C'est son creuset d'épuration. Elle y fermente, elle y souffre, mais elle y va changer de nature. C'est là que le progrès vers la justice et le bonheur trouve un point de départ et cherche la trace du progrès intellectuel proprement dit, qui n'a jamais pu se ralentir. Les développements de l'activité humaine dans tous les genres, au point de vue matériel la création de la grande industrie, au point de vue moral un sentiment de la dignité féminine de plus en plus accusé par les institutions, introduisent le genre humain dans la civilisation, dont nous allons maintenant parler*

ClTl£.ISATIOI¥.

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