‹ Sauvons le genre humainChapitre 4 sur 27 · S4CV0II · texte numérisé non relu

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%^ Si haatqve notre pensée puifise remonter, Dkqi lottjoors produit des œuvres ; il a toujonni vécu, d manifestant par des créations, ear il n'est pas le typ de rinertie et de Tégolsme, mais le modèle de ramotf et da travail.

La première hypothèse est ridicule; elle le sera poitf tout homme capable de la dégager du {H*estige que l'éducation première a su lui donner par surprise, daDi ' rage de la faiblesse intellectuelle. Un créateur oisif ! ni Dieu dans le vide I un roi sans peuple I le premier des oovriers sans ouvrage! Et cela durant une période qui n'a jamais eu de commencement, pendant un temps qui dépasse tous lesmillions demilliards de siècles que notre imagination peut accumnlerl II est impossible de se payer de cette supposition , alors surtout que s'offre à nous une supposition complètement satii^aisanle, en analogie avec l'organisation de tous les êtres que iioiis pouvons examiner, d'accord avec tous les faits placés dans le champ, dans le rayon de nos études.

Dieu a toujours créé, doit créer toujours, Dieu vit créant. Il n'y a donc pas eu de commencement pour la substance universelle. Toujours les mondes en déclin ont été remplacés par des monde jeunes et riches d'avenir.

L'action de Dieu ne consiste pas à faire quelque ehose de rien, mais k façonner des types qui varient à l'infini. Constituer un être nouveau avec des déments préexistants, voilà la seule fonction à laquelle le mot de création puisse être appliqué avec justesse. L'esprit, en ce sens, est créateur ; en ce sens encore tout esprit crée. La création, c'est le produit du travail. L'&me de la fourmi, detaraignée, delabeille, du castor a ses

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créations qui sont an magasin, une toile, une ruche, une digue. L'âme de l*homme a ses créations qui sont des outils, des machines, des édifices, des œuvres d'art, des institutions sociales. L'âme de la planète Terre a ses créations qui sont des âmes de végétaux , d'animaux et d'hommes. Il en est ainsi aux degrés supérieurs , jusqu'à Dieu dont les créations directes présentent une puissance et une richesse dépassant les bornes de notre conception.

Tout être créateur, inférieur à Dieu, possède pour son travail une substance à façonner qu'il n'a pas faite, qui lui est fournie de plus haut et que nous appellerons la Nature. Si la Nature et Dieu peuvent être pris, en un sens vague et général, pour des synonymes, nous avons vu que Dieu, quand on veut le distinguer de la création, est spécialement Y esprit à ses différents degrés, et surtout au degré le plus élevé. Le mot nature, quand on veut lui donner une acception spéciale et précise^ daigne, pour chaque créateur, la création préparatoire sur laquelle il doit agir. Pour l'âme de la terre, par exemple, chargée de façonner les corps et les âmes de tous les êtres vivant à la surface de son globe, la nature se compose, non-seulement de la substsyoLce universelle qui lui a été donnée dans un état très-grossier et dont elle n'a pu tirer d'abord que des ébauches, comme les animaux antédiluviens, mais encore de lois générales établies en haut, et dont la Terre ne peut pas s'écarter dans ses conceptions, pas plus que le musicien, si capricieux qu'il soit dans ses fantaisies, ne peut transgresser les lois de l'harmonie et de la mesure.

Il 7 a des lois données à tous Us créateurs secon*

daires, en même temps que la matière première, bas« de leur travail. Il serait inexact de dire que ces lois leur sont imposées y car elles les soutiennent, les guident, et ils ne pourraient s'en passer.

 tous les étages, en remontant, on trouve de pareilles lois, constituant , avec la matière première donnée aux créateurs, la Nature, base de leurs opérations. €es lois ne se contredisent point; elles sont la charpente de Tunivers dont l'équilibre se foade sur leur harmonie. Dieu lui-même ne crée pas sans se conformer à des lois. Il s'y conforme volontairement. Les créateurs secondaires obéissent, parce que leur raison et leur intérêt bien entendu leur disent qu'en transgressant les lois naturelles, ils n'aboutiraient qu'à des œuvres extravagantes, semblables à celles du musicien fou qui voudrait composer sa musique de discords et supprimer la mesure, sous prétexte d'originalité. Dieu suit les lois de l'arithmétique et de la géométrie dans ses productions, les lois de la justice dans ses actes. Il adopte ces règles comme le moyen de réaliser des créations aussi dignes de lui que possible; mais il n'y a point de sa part, comme chez les créateurs en sous-ordre, adhésion à une législation qui lui serait enseignée. Nul n'a qualité pour lui faire accepter des lois; c'est lui qui en donne à tout le reste. Les règles qu'il suit ne sont autre chose que la rectitude nécessaire de son esprit, et si nous les distinguons de lui-même sous le nom de lois, c'est encore une de ces distinctions faites par l'étude entre des éléments qui ne forment qu'un tout indécomposable dans la vie.

Les notions qui précèdent permettront de com-

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prendre cette affirmation, point de départ de la théorie de Fourier :

L'univers se compose de trois principes éternels» incréés, indestructibles :

Dieu, ou Tesprit, principe actif ou moteur;

La Matière, principe passif et mû ;

Un principe neutre et régulateur du mouvement, qui s appelle Mathématiques dans Tordre physique, et Justice dans Tordre moral.

BRAlfCHES DIT RfOIITElMEIf T IJIflTERSEI,.

Quelles sont donc les attributions de Dieu?

Imprimer le mouvement, d'après un plan général harmonieux, avec une bienveillance universelle, une providence qui s'étend à tout, mais qui n'agit directement que sur les faits d'une importance majeure, confiant les œuvres secondaires aux incarnations inférieures de Tesprit, dont chacune est Dieu, c'est-à-dire dont chacune joue le rôle divin dans sa sphère.

Le mouvement universel se distingue, suivant les objets auxquels il est appliqué, en quatre branches, plus une branche tellement supérieure aux autres par son importance et sa nature, qu'elle ne peut figurer au même rang, pas plus que le blauc ou lumière pure ne figure dans la série des couleurs. Les quatre branches inférieures du mouvement sont :

4 "^ Le mouvement matériely imprimé à la matière inorganisée, au minéral sollicité par plusieurs attractions dont la principale, la seule bien observée jusqu'ici, est la gravitation ou pesanteur^ faisant mouvoir

le corps absmdoQiié k lui-même, ea Fattirani vers le centre de la terre.

T Le mouvement organique , distribuant aux plantes un principe de vie, ou, pour parler plus exactement, de végétation, qui fait circuler la sève et donne aux plantes quelques autres caractères d'animation latente, de sensibilité sourde. Ce mouvement,i d'ordre lupérieur au précédent, s*y ajoute. Toute plante subit s'influence du mouvement matériel. Elle a des affinités et des répulsions chimiques, elle a un poids comme le minéral. Le mouvement organique vient s'y adjoindre.

3^ Le mouvement aromah ^ peine soupçossé par la science ordinaire, et régissant les agents intermédiaires, les fluides électrique, galvanique, magnétique, aromal proprement dit, qui servent de corps aux âmes placées au-dessus de rhumanité, et dont rhumanité peut se servir elle-même, dans certains cas, pour entrer en contact avec ces puissances supérieures.

4o Le mouvement instinctuel^ rangé au-dessus do mouvement aromal^ parce que T arôme n'est que la matière au plus haut degré de raffinement, mais toujours passive, et servant de conducteur au mouvement donné par les esprits, sans pouvoir imprimer ce mouvement elle-même, tandis que l'instinct, s'il occupe un degré inférieur parmi les âmes, participe de la nature des âmes, et que l'instinct du moindre insecte, étant un principe de mouvement, a plus de valeur dans Téchelle du raffinement général que le cordon aromal, demeurant inerte tant qu'il ne platt pas à un esprit de s'en servir comme d'uE organe. Les propriétés particulières de Tarome (ou des fluides intermédiaires en général) l'élèvent un peu au-dessua de la matière inorganisée, autrement il

n'aurait pas le earactëre de transition entre cette matière el les âmes. Hais s'il est possible, pour eette raison, de le dasser au-dessus de la végétation, il ne saurait être mis au rang de l'instinct des animaux, destiné k entrer par un seul degré de raffinement dans là composition des âmes humaines.

NoHS avons épuisé la série des mouvements inférieurs, ei Ton peut remarquer que le nuMivement instinct^él les résume tous ; car Tanimal est doué, par son corps, des propriétés de la matière simple; il possède dans la circulation de son sang et antres mouvements internes, indépendants de son action propre, les qualités organiques du végétal ; il n*est pas étranger à raction des fluides; le chat, par exemple, est manifestement un réservoir de galvanisme et d'électricité. L'instinct s ajoute à toutes ces attributions.

Le mouvement supérieur unique est le mouvement passionnel f spécial à l'homme. Ici doit être dessinée une ligne de démarcation très-profonde. 11 n'y a pas solution de conlînufté. L'homme est, par son corps, matière soumise k la gravitation, aux afBnités chimiques. Il est végétal dans ses appareils intérieurs, arôme par son fluide magnétique, animal par ses appétits d'ordre inférieur.

Il a de plus — la Volonté.

Nous nous écartons ici de la théorie de Fourier pour la première fois Cette théorie n'a fait nulle part de la volonté un principe spécial el indépendant. Nous le ré-

tablissoDS, et ce u'est pas là une stérile question de mots.

Pour Fourier, Dieu n*agit que par attraction ; Tattraction est le principe générateur de tout mouvement. Le minéral, la plante, Tarome, l'animal, l'homme obéissent à des impulsions fatales. L'homme ne diffère de l'animal que pour posséder un système d'attractions plus riche; il peut suivre des inspirations plus diverses, mais toujours calculées d'avance et proportionnées aux fonctions qu'il est chargé de remplir en ce monde. Il suffit de concevoir un système social, un milieu, conforme aux intentions du Créateur et adapté à ces attractions appelées passions dans l'espèce humaine, pour que l'homme puisse les suivre aveuglément, sans avoir besoin d'aucune action réformatrice sur luimême. Résister aux passions est, dans toutes les sociétés, impossible; ce sont des forces de la nature, aussi bien que la pesanteur. — Dans la société telle que Fonrier la désire et la décrit, non -seulement on ne pourra pas résister à ses passions, pas plus qu'on ne peut, d'après lui, y résister maintenant, mais il sera toujours salutaire qu'on y obéisse, la passion, dans son vrai milieu, ne pouvant conduire qu'au bien. Elle est ponr l'homme une boussole divine, une révélation permanente; elle le guide sou verainemient à son but, comme l'attraction d'ordre matériel guide les astres, à travers l'espace, avec une clairvoyance merveilleuse, et réalise par leurs mouvements Tharmonie céleste.

Est-ce bien là le point d'appui de Fourier? Nous pourrions l'établir par de nombreux textes, nous nous en dispensons. Le lecteur admettra bien sur parole que nous connaissons la théorie de Fourier et que nous sommes de bonne foi.

LE GBNRB HUMAIN. 4?

Eh bien! Fourier, qui a présenté rattraction comme un soaffle divin, passant à travers les êtres créés comme à Iravers des harpes d'Éole qui rendent des sons plus ou moins harmonieux, plus ou moins suaves, suivant le nombre et la qualité de leurs cordes, n*a pas déve* loppé avec assez de logique cette idée posée par luimême que tout esprit est Dieu, c'est-à-dire fait à Timage de Dieu et coopérateur de son œuvre. Les attractions de Dieu sont-elles fatales? non certainement. Qui les lui imposerait? Qui les calculerait pour les adapter à sa mission? Les attractions de Dieu sont ce qui platt à Dieu ; elles sont son amour ou sa bonté, comme la loi de Tordre, justice ou mathématiques, est son intelligence même. Dieu conçoit ce qu'il lui platt de concevoir et sent ce qu'il lui platt de sentir. Les âmes placées au-dessous de lui, à des degrés divers, ne lui ressembleraient pas, si elles ne participaient pas à sa liberté, dans des proportions toujours décroissantes jusqu'à rhomme, dernier type de l'être libre. Ces âmes reçoivent une intelligence qu'elles n'ont point faite, des attractions ou passions qui ne sont pas non plus leur ouvrage et qui sont bien calculées, en effet, en vue de leur destinée^ qui sont bien des aiguillons par lesquels on les stimule d'en haut à l'accomplissement de leur mission, mais pas avec autant de rigueur, de précision , d'absolutisme que Fourier le pose en principe. L'attraction ne règne avec cette puissance exclusive que dans les branches inférieures du mouvement. Ainsi Newton et les astronomes ses disciples ont pu calculer, avec toute l'exactitude dont l'arithmétique est capable, les effets de Tattraction parement matérielle appliquée aux astres et à leurs

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