‹ Sauvons le genre humainChapitre 5 sur 27 · S4(J¥0NS · texte numérisé non relu

S4(J¥0NS

mMnwniMils; mais Fourier «e devait pas en eendiue q«'«a pourrait calculer, qu'il avait calculé lei-méme exactenent les effets de Tattractien kumaine ou passion, considérée co«me une force du même genre. Cette assimilation a choqué le sentiment général et justement. 8î Dieu est libre, l'homme TeM ai^i; beaucoup moins sans doute^ mais très-réell^»ent escore. Fourior n'a pas eu la noti<m de cette liberté, ideiKifiée par lui avec l'attraclion. De là vient la suppression complète de la moralité dans son système; suppression très-innocente de sa part, car il agissait en savant qui suit froidement une déduction et qui ne cherche pas à profiter personnellement du vice de ses priucipes, mais suppression qui devait blesaer les co&sciences et conduire ceux qui auraient pratiqué iittéralement «on système à une dépravation inévitable ^ profonde.

Fourier avait cependant posé une base dont la morale profitera» en reconnaissant qu'à partir de rhomme et en remontant jusqu'à Dieu, non^euiement les at- Uactîoiis sont plus nombreuse, plus variées, plus riches que dans les branches inférieures du mouvement; mais elles cessent d'être, comme les instincts ée (animal, dirigées exclusivement vers la satisfaction de l'individu et produisent, comme leur couronnement, une passion d'un ordre nouveau, V Unitéismef germe de tous les dévouements, amour du bien , tendance vers le bonheur de la création tout entière.

Cette idée fort juste aurait dû amener la conséquence inévitable que voici ;

Le eentiment chez l'homme a donc deux pôles : — il inspire le désir des satisfactions personnelles, d'or-

LE GBHRB HUMAIN. 19

Ire sensîtif, affectif ou inteUectoel ; — il nous inspire d'autre part le désir du bonhear géfiéral, même aa préjadice de nos jouissances individuelles.

Comment clioisir entre ces deux tendances, spécialement flans la société mal organisée ofa nous vivons, et qui, loin de les concilier, les met en conflit perpétaelf

Une puissance divisée ne saurait prétendre à régner seule; Tattraetion, «i contradiction avec elle-même, ne peut plus être le principe unique du mouvement. Elle ne peut offrir à l'activité de Thomme que des motifs, en lui laissant la faculté et la responsabilité d*uii choix entre eui.

Il existe nécessairement dans l'homme un principe neutre, qui se portera, sans y être contraint par la nature, vers les satisfactions personnelles ou les fonctions d'une utilité générale. Si Dieu possède une notion de Tordre naoral, celte notion, dans une proportion très* restreinte, se retrouvera dans l'homme fait k l'image ded)ieu. L'attraction, dès qu'on arrive aux créatures du même rang que l'homme, cesse de commander le mouvement et se borne à le conseiller. L'homme ne peut pas agir en dehors de ses attractions ; il faut né^ cessairement que Tune d'elles lui suggère <3hacun de ses actes et en soit l'origine ; mais entre les attractions nobles ou basses, égoïstes ou dévouées, l'homme fait son choix en vertu de sa volonté, principe omis par Fourier dans sa description de l'âme, et cette volonté juge les attractions et leurs conseils, en vertu de la notion du bien el du mal, appelée conscience dans la langue de tout le monde, faculté omise par Fourier, ainsi que Inintelligence tout entière, dont elle constitue l'élément le plus élevé.

Accepterons-nous maintenant cet axiome fouriériste fondamental : Les attractions sont proportionneUet

aux destinées ?

Les attractions de la pierre» de la plante, de Tani mal sont exactement proportionnelles aux destinées de la pierre, de la plante, de Tanimal , c'est-à-dire aui vues des créateurs qui les ont fournis à laction de ces forces. Quant à Thomme, une partie de sa deslioée dépend de lui. Ses atlraclions sont proportionnelles aux vues de ses créateurs et elles tendent certainement au bien, mais elles y tendent avec plus ou moins de lumière, tous les créateurs, excepté Dieu, n'arrivant ai bien comme Thomme lui-même que par des efforts gradués, par un travail dont les résultats s'épurent indéfiniment. L'homme aura toujours douze passions radicales telles que Fourier les a déterminées ; ce moole des douze passions nous a été donné par une puissance tellement élevée qu'elle est, relativement à nous, infaillible et immuable; mais la manière d'être de chacune des douze passions, la nature des inspirations qu'elles nous donnent émanent de Tàme de la Terre, puissance très-voisine de nous, dont nous pouvons apprécier, jusqu'à un cerlain point, le travail progressif, et qui, en fait d'amour par exemple, n'a su donner aux premiers habitants du globe que des inspirations brutales , fort éloignées de l'essor élevé que cette passion doit prendre» à mesure que l'âme de la Terre se fortifiera par son exp<^rience personnelle et les leçons données de plus haut.

Les attractions ne sont donc pas proportionnelles ao bien absolu, mais à Tintelligence et à la bonté de ceux qui les donnent, et ces attractions, appliquées à

LE GSliaE HUMAIN. 2 t

rhomme, ne produisent pas des effets mathématiquement certains. Les décisions souveraines de la volonkS obéissant ou résistant à la conscience, peuvent sans doute se présumer d'après le caractère et les antécc* dents de chacun, mais jamais être calculées d'avance comme on calcule les résultats d'une force matérielle. Effaçons donc le principe fameux : Les attractions sont proportionnelles aux destinées. Il n'est vrai qu'avec des restrictions et des distinctions trop nombreuses pour pouvoir être formulé comme un de ces axiomes qui servent de base à une science. Nous de* vous y substituer celui-ci, à développer plus tard :

LES CRÉATURES MONTENT VERS DISU EN RAISON DU BIEN qu'elles ACCOMPLISSENT.

Fourier n'a esquissé, des facultés morales de l'homme, que la passion. Il en fait le mobile de nos mouvements, et cela est vrai, tout mouvement nous étant suggéré par une passion noble ou vile ; mais il a omis, et nous rétablissons, le contrAle des conseils de la passion, par la conscience et la décision d'obéir ou de résister à la passion par la volonté ; contrôle et décision qui se rencontrent plus ou moins caractérisés dans tous nos actes, sauf les exceptions. Et il y en a, car la liberté de l'homme a des limites, et, dans certains cas, les puissances placées au-dessus d'elle en suspendent l'exercice, sous leur responsabilité.

Nous avons fait l'analyse et la critique du premier axiome fouriériste ou phalanstérien : Les attractions sont proportionnelles aux destinées ; — que dire du second : La Série distribue les harmonies?

Qu'il n'est pas clair et ne présente pas une idée nette, à ceux même qui ont passé leur vie dans l'étude

a SAUVONS

de la théorie phalanstérienDe, avec une intelligence ordinaire. Peut-être en viendraient-ils k saisir complètement cette notion juste au fond et vicieuse dans la forme, s'ils étudiaient deux fois plus longtemps, avec une intelligence double; mais la Science Sociale, dont Fonrier, incontestablement, a jeté les bases, doit devenir vulgaire, et l'on ne peut vulgariser un axiome qui exige la traduction de chaque mot. Qa'e^-ce qu'une S^rt>? Qu'est-ce que les harmonies? Qu est-ce que les âisêribuer? La Série est un principe fort précieux, très-habilement nommé, qu'il faut bien étudier, si la sdence sociale est une science, et qu'ail fallait bien désigner par un mot nouveau, dans son acception au moins, puisque cette idée, principal produit ds génie inventif de ?ourier, était une idée nouvelle. Mais pourquoi multiplier les difficultés et joindre aa mot 5^t>, qui ne peut être compris sans travail, cette distribution d^harmonieSj si nuageuse pour des esprits même exercés? €omme on ne peut être, en science socittie, mattre ni même écolier sans apprendre en quoi e^mste la Série, il n^en coétera guère, en prenMt ici la notion de la chose, de loger dans sa mémoire le mot et noQs ne le changeons pas. Mais nous rendrons la formule un peu plus simple^ en nons exprimant ainsi:

LA SÉRI£ BST LE PLAN, TRACÉ PAR DIBU, DE L'OEGAlfl- SATIOM UNIVERSELLE.

LB GBNRB HUMAIN. 23

Page 1