‹ Sauvons le genre humainChapitre 8 sur 27 · LE TRAVAIL SÉRIAIRE EST ATTRAYANT · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL SÉRIAIRE EST ATTRAYANT

L'organisation qui réalise dans les fonctions humainei Tordre voulu par Dieu est aussi celle qui rend

4Q SiUTpNS

le tn^vail le pins a^||*ayaut et le plas produciil

c La terre fera germer pour toi des ronces et i

c épines; ta gagneras ton pain à la sueur de t|

t front. r>

Cette malédiction, qui résume vivement la conditi passée du travailleur, pe saurait pe^er sur son aveu Si Dieu est intelligent, notre destinée est le trava car il nous a donné des besoins, des facultés, desbn Si Dieu, est bon, notre destinée est aussi le boaheai nous devons être beureux dans le travail et par le tn vail. Déjà les ravissements solitaires du savant et ( poëte qu'une idée soudaine illumine, la joie bruya des cultivateurs assemblés par des moissons ou vendanges, nous ont appris que ces mots, travail soufifrance, ne sont pas nécessairement accouplés. Qoej demande le paysan fatigué de bécber la terre dans le silence et la solitude et qi|i s'appuie avec dégoût sui son instrument de travail? Que demaixdent ceox-li même qui rejettent Toutil aussi bien que la plume et qui cherchent dans T estaminet des réunions bruyantes, des jeux variés? Quel idéal pourrait les satisfaire?

Cet idéal, c'est le travail dans les rangs de la série telle que Fourier Ta décrite. On connaît assez les noms des douze passions destinées h, servir de mobih à rhommp diaprés la doctrine phalanstérienne, ic conforme à la nature. Nous nous abstenons de défini) longuement les trois distributives composite^ cahd^ liste et papillonne, et d'en développer l'usage dans m état agricole et industriel bien organisé. Il nous suffi d'être d'accord avec Dieu, et il admet la réalité de cei trois pas3ion« ainsi q^e des effetg que Faurief leu attribuQ.

Là composite est la pàâsioûde Taccord. Appliquée à rîndustrie, elle se manifeste par Tardeur du travailleur pour la fonction qui est d accord avec sa nature, avec ses aptitudes; elle Tanime d'un enthousiasme d'autant plus vif qu'il a des collaborateurs plus sympathiques à l'œuvre commune. La passion qui les unit alors est un essor élevé de la composite, connu dans la langue ordinaire sous le nom d'esprit de corps. Cet enthousiasme est d'autant plus ardent que les travailleurs ont adopté une fonction mieux assortie à leur vocation, et, pour ménager à ce ressort tout son jeu passionnel, l'organisateur social doit diviser les travaux, de manière à présenter à chaque groupe et, dans le groupe, ï chaque individu, la parcelle, le détail dans lesquels ils excellent. L'expérience de chaque jour prouve que ^tte méthode dé distribution du travail est réclamée par la nature. Sans doute on ne voit pas le jardinier, ie menuisier, le forgeron, chargés d'un métier que nilie détails compliquent, en choisir une fraction, aégliger les autres. L'absence d'association les oblige i cumuler toutes les parties de leur tâche. Mais l'homme riche, libre dans ses allures, s'il veut exercer pour se distraire une profession manuelle, n'en prend ]ue les côtés qui l'intéressent. Telle dame qui ne vonïrait, pour rien au monde, préparer un dîner complet, paraît avec honneur à la cuisine pour une pâtisserie dont elle possède la recette. Tel homme de loi, jardinier pendant ses vacances, ne voudrait pas faire la chasse aux insectes, office destructeur qui plairait beaucoup k son fils; mais il aime les dahlias, les préfère aux autres fleurs, et se borne à en créer, à chaque saison, des variétés nouvelles.

La cabaliste est la rivalité ardente , ingénient dans ses combinaisons, qui natt entre les iadividii^ entre les groupes consacrés à des fonctions vomud La puissance de cette passion, qui n'a pas encore é| disciplinée, dirigée avec assez de science vers Yémà tion industrielle, honorable et féconde, se maoites^ aujourd'hui par des effets incontestables.

La papillonne est le besoin de repos et de viriéti le désir naturel à l'homme de changer le mode de si activité au bout de quelques heures de travail, hit tribution de l'humanité par groupes et séries depn duction peut seule satisfaire cette tendance qaicoDiiiii aujourd'hui à la lassitude, à Imertie. Si Vhmn engagé volontairement dans un certain nombre! séries, consacrées à des travaux aussi divers qoela^ culture» le commerce, les arts, pouvait participer Im à tour aux séances de chacune d'elles , toutes lesli cultes de son intelligence et de son organisation pi; sique , utilisées successivement , deviendraient It instruments d'un labeur aussi attrayant que coo tinuel.

En consultaat Tordre universel» écrit partout dan la nature;

En interrogeant le vœu des passions qui se ratt» chent à Tindustrie ;

Nous sommes arrivés à concevoir, dans son organisation complète, la série de travailleurs, dont le ré^' ment n'est que Tébauche.

Voici les conditions qu'elle doit remplir. Noos la indiquons dans un ordre et avec des numéros quio'oiil rien de sacramentel :

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4 o Avoir un but productifs comme le seraient les travaux que nous avons partagés en sept classes ;

â"" Associer totAS les sociétaires, som le triple rapport du Capital, du Travail et du Talent. Tous participent au bénéfice collectif; nul ne reçoit un salaire. L'association se reproduisant pour tous les degrés politiques et toutes les divisions du globe, les. séries d'une Commune versent au cheMieu de la province leur mise de capital pour les travaux d'un intérêt provincial ; la province contribue aux dépenses utiles à tout l'empire, et ainsi de suite. Il faut donc, sur le bénéfice des séries d'une Commune, prélever la part de l'impdt, répartir le reste en trois dividendes : l'un réservé aux actionnaires qui ont versé des capitaux ; l'autre divisible entre les heures de travail qui ont été fournies, le troisième ayant pour objet de rétribuer les inégalités de talent ou de science, constatées par le vote de tous les sociétaires compétents.

d** Comprendre les deux sexes. L'armée, organisée en vue de la destruction» exclut et doit exclure les femmes, comme elle exclut les enfants. Les uns et les autres n'y sont admis qu'exceptionnellement et dans une proportion minime» les femmes^'à titre de cantinières, les enfants comme trompettes ou enfants de troupe. La série industrielle, étant l'organisation de l'aotivilé humaine dans toutes ses branches, admettra nécessairement les femmes; il y aura même des genres de travaux y des séries où elles seront en majorité.

La série de travailleurs bien organisée comprend tous les sexes, nous l'avons dit et ne le rétractons pas; mais la femme intervient dans le travail, selon sa na* ture, pour y apporter le charme et la grâce qui sont en

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elle. Les efforts énergiques ne doivent paâ être attend dos d'elle en général (bien que ce principe sou&e nne exception transitoire pour les travaux du méliftge, oi| la femme est soumise actuellement à des corvées q^ ne peuvent pas être immédiatement supprimées).

L'homme est intelligence, la femme estamonr.EHi nous vaut au moins, mais sa carrière n'est pas h nAtre. Le sentiment général est juste, en réprouvani un essor prématuré qui rendrait la femme rivale de l'homme dans toutes les branches du gouvernement, de la religion, des sciences, des arts, de Tindustrie.

Posséder moins d^activilé matérielle que l'homme et plus de raffinement moral que lui, telle est la part de nos compagnes sur la terre. Elles sont placées, dans l'échelle des Ames, plus haut que nous. Dieu passe par leurs cœurs, quand ses rayons veulent arriver jusqu'à l'homme. Celui-ci plus rapproché de la nature physique, et chargé spécialement de la conquérir par l'industrie et la science, accomplit un travail plus vigoureux, dont les résultats immédiats sont plus sensibles; mais la pierre est inférieure à l'eau, comme l'eau est inférieure h la vapeur , la vapeur au gaz, le gaz à Tarome, l'arôme h l'âme.

Est-il possible que Ion considère de bonne foi l'homme et la femme comme séquestrés indéfiniment, chacun dans leur sexe, et que, dans nos idées si incohérentes sur la vie future , nous nous représentions l'immortalité comme inséparable d'une distinction aussi passagère?

Dans mes premières années, je croyais que les enfants, les adultes et les vieillards étaient des êtres complets et définitife, qu'on était enfant pour toule ht tic,

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comme Ia c^i est cbat, comme la fleur est ^eur. la voyais passer daos les allées du Luxembourg des pairs de France décrépits qui me faisaient peine» et me pa^ raissaient condamués à leur triste état depuis leur naissance jusqu'à leur mort, à cet âge de naïveté, je croyais aussi que le même factionnaire passait les jours et les nuits à la même grille, et je plaignais» cette condition du soldat. J'ai souri de ces jugements enfantins, depuis que Texpérience ma initié aux lois de la vie, et je viens essayer de dessiller les yeux à ceux qui ont borné leurs observations aux carrières te-*4 restres des âmes.

Les sexes ne sont en réalité que des états de Tetra humain, ayant pour efifet de raffiner alternativement; tantôt rintelligence, tantôt Tamour, Après avoir appar-^ tenu sur la terre au sexe viril, on se retrempe et on se recompose, en cas de besoin, dans le monde supérieur, pour descendre sur notre globe avec le sexe féminin. La supériorité de la femme, de la nympbe, de la déesse, de la sylphide, de la fée, de Têtreaimant et poétique par essence» est assez démontrée par ce seul fait que le degré le plus élevé dans cette ascen* sion, celui qui couronne l'existence humaine» et pcé-^ cède une transfiguration que nous décrirons ailleurs, est une existence de femme dans les régions transcen* dantes de lautre monde.

4® Embras$er tous les âges* L'association doit s'étendre» indépendamment des cohortes actives, aux enfants et novices qui désirent entrer dans la série; aux malades et aMX vieillards qui en sortent acçide^r tellement ou d'une mauière définitive. Aux enfants^ rasso(;iatipn doit une éducation qui soit conforme i^ la

vocation, proportionnelle aux aptitudes et donnée par la pratique, au moins autant que par la théorie; m infirmes un entretien suffisant et des soins médicaui; aux vieillards une retraite proportionnée à leur grade et à leur temps de service.

5* Libre vocation des travailleurs. La série se recrute uniquement par des engagements libres et que la volonté peut rompre ; c'est fe vœu de la composite.

6* Division et subdivision. La série» comprise elleméme, comme un seul terme, dans une division pins générale , se partage en groupes ob les fonctions sont très-subdivisées. Cet ordre est manifesté par tous les accessoires de la série; elle porte son drapeau unitaire à ses couleurs, à son blason, à sa devise, ce qui n'empêche pas les groupes d'avoir leurs guidons. Elle a sa musique générale, et tout groupe a l'équivalent des clairons ou tambours de nos compagnies. Aux instruments se joint par intervalles le chœur des voix. H entonne un des chants de la série, chant qui célèbre le travail adopté par les associés et soutient Tenthonsiasme du corps. Il n'est pas de groupe qui n*ait au moins sa chanson. La série porte un costume uniforme, différencié par des accessoires dans chaque groupe. Cet uniforme n'est pas agraffé, sanglé, cuirassé, assorti à des coiflPures métalliques inventées dans l'intérêt de la défense. Le costume du travailleur n'a rien de l'armure ; conçu pour une activité pacifique, il est commode avant tout; simple aux heures de travail, il devient, aux jours de festivilé du groupe ou de la série, un riche habillement de grande tenue ou de parade. La série manœuvre avec ensemble ; ses armes sont les haches, les pioches, les bêches. Suivant sa

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destination, elle est à pied on k cheval ; souvent des attelages tratnent dans ses rangs, non pas des pièces d'artillerie, mais des charrues, des pompes, des forges roulantes, d'autres machines, vernies et peintes à ses couleurs. Elle a des animaux auxiliaires : chiens pour les bergers; vigogne, alpaca pour les mineurs ; faucons pour la vénerie ; éléphants pour la bâtisse ; chameaux et dromadaires dans les voyages. Ces animaux obéissent à la voix, au cornet, k la clochette, au sifflet, au grelot, et Findustrie emploie avec ordre toutes les forces de la création.

7^ Avancement. La série possède un état-major collectif, indépendamment des officiers de chaque groupe. Cet état-major est consacré aux fonctions de direction, d'enseignement. La médecine doit y être représentée, comme elle Test déjà dans Tétat-major de nos troupes. Tout grade a son insigne, et les grades sont nombreux, car les fonctionnaires, en Harmonie, sont ceux qui travaillent le plus, et l'on ne craint pas de les multiplier; un avancement rapide, sans limite, est assuré k toute capacité, k toute persévérance.

8« Travail opéré par courtes séances. C'est le vœu de la papillonne ; cette disposition doit conserver, renouveler sans cesse l'ardeur au travail, maintenir l'homme en santé physique et morale, et neutraliser l'hostilité des groupes par des alliances hors de la série.

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