‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 10 sur 223 · RUPTURE DE I6»0. LV · texte numérisé non relu

RUPTURE DE I6»0. LV

fofpreiiilre à la cour de Fnoce sur les secrfrles lendancvs de Yictor-Amëdép. Une fois qu'il fui rentré dans ses Élals, on le viteiercer fiôiTeusemeal ses troupes cl augmenter par tous les monnâ les réserves de son tn^sor. Ces dispositions frappèrent le marquis d'Arcy qui en informa Louis XIV. Ce fui le signal de nouvelles rigueurs et le roi ne fil rien, mPme dans la rormc, pour adoucir les désagrémeiils du vasselage dans lequel il knait la maison de Savoie. Victor-Amédth! négligeant la duchesse et se montrant trop galant auprès de certaines dames <le lacour ducale, Louis XIV. qu'on ne s'attendait guère à voir il sévère sur l'article de la foi conjugale, chargea le marquis (f'Arcjdc rappeler au duc do Savoie ses devoirs d'époux '. Puis, il inlerdit au prince piémontais d'accréditer un ambassadeur à Madrid. Victor-Améd<^ céda ; mais il répondit à ces injonctions ptrdes récriminations et des tracasseries, arrêta les courriers français qui traversaient ses Etats, et molesta plusieurs sujets da roi. Sa fidélité parut de plus en plus suspecte. Au mois d'octobre 1689, le marquis d'Arcy lui demanda, par ordre de lonis XIV, de faire passer trois de ses régiments en France. C'était un moyen d'affaiblir le duc de Savoie, et de prendre un ^c contre ses velléités de défection. Victor-Amédée n'était iwiol encore en mesure de refuser. Dans le courant du mois de dicenibre 1689, une convention militaire fui conclue, stipulant qu« le duc mettrait trois régiments à la disposition du Roi. Il se réservait de les rappeler en cas de nécessité, et en prévenant quatre mois d'avance. Cette négociation fut la dernière qii'eul à traiter le marquis d'Arcy. 11 quitta Turin au mois de janvier 1690, et eut pour successeur le comte de Rébenac. lie nouvel envoyé exerça ses fonctions senlement pendant Iques mois. A Versailles, les soupçons contre Victor-Amédée idissaient chaque jour. Les rapports que recevait Louvois de l'étranger lui apprenaient que de nombreux réfugiés protestaols et Vaudois se réunissaient pour entrer par les Alpes dans 1« Danpbtné, soutenus par des troupes allemandes, espagnoles st pièmontaises. An mois de mars 1689, Gatinat fut envoyé &

de Verrat et la e

r-Amédétt par O.

ITI INTRODCCTION.

Pignerol avec des forces imposantes. Il devait exiger qne le duc reçût des garnisons françaises dans les forteresses de Verrue et de Turin. Au lieu d'agir vite, la cour de France se laissa prendre aux atermoiements et aux doléances du duc de Savoie. Durant ces délais, le Jeune prince adh^a en secret à la Grande Alliance (3 et 4 juin 1690). Lorsque l'ultimatum français lui fut remis, Viclor-Amédée, sûr d'«?tre promptemeol secouru, convoqua dans le palais ducal une réunion d'environ quatre cents personnes de sa noblesse. Entouré de ses principaux officiers, il déclara d'une voix ferme qu'il préférait la guerre à l'asservissement et fit appel au dévouement de ses sujets. Sa harangue fut chaleureusement applaudie. Le 4 juin 1690, la rupture était un fait accompli.

Après cinquante-cinq années d'alliance, la Savoie venait de briser les liens qui l'attachaient à la France. Pour être graves, les incidents qui avaient précédé la déclaration de guerre étaient cependant moins critiques que ceux avec lesquels Richelieu s'était trouvé aux prises, lorsqu'on 1638 et 4639 il fit occuper les places du duc de Savoie. Si l'on en juge d'après ses procédés et ses exigences, Louvois semble s'être inspiré du précédent tracé par le cardinal. La copie ne valut pas le modèle. Haut, pressant, impérieux, autant peut-être que le ministre de Louis XIV, Richelieu eut sur celui-ci la supériorité de comprendre qu'en politique la brutalité se justifie parfois, mais que les tracasseries sont toujours une faute. En trois mois, tout fut réglé : les troupes royales s'installèrent dans les principales forteresses ; de gré ou de force, la maison de Savoie était liée à la France. Colbert de Croissy et Louvois, au contraire, ne surent pas juger le prince de vingt ans qui se trouvait en face de Louis XIV. Dédaignant sa faiblesse et son inexpérience, ils le blessèrent dans ses sentiments les plus intimes, sans cependant le désarmer complètement. La rancune et l'ambition allaient faire du petit duc de Savoie, grâce à la situation de ses États, ■ l'un des adversaires les plus coûteux << et les plus redoutables ' >> du Grand Roi.

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