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MALADIE DE VICTOR-AMEDEE II

efforts pour se rendre maîtres du pays, soit en mettant le prince Eliagène, qui leur est entièrement dévoué, à la tête de ce gouvernement en qualité d'administrateur, soit en le faisant régir ericore plus ouvertement par un commissaire impérial, il ne s^j7oit pas moins en ce cas de Tinté rôt de tous les autres pi:*inces de Savoie, de toute la noblesse et des peuples que de o^lui de Sa Majesté de conserver cet Etal tout entier au légiti^rïie héritier qui est le prince de Carignan. Qu'ainsi ce seroit lis cet événement que ledit abbé de Rivarolles, ses parents amis devroient employer tous leurs soins et tous leurs lents pour faire prendre audit prince de Carignan et à tous ux qui auront le plus de part aux affaires une prompte résotien de s'accommoder avec Sa Majesté et de faire dire aux llemands et Espagnols, qu'étant d'accord avec la France ils ont plus besoin de secours pour leur propre conservation, et Qu'ils les prient de retirer au plus tôt leurs troupes du Piémont, l^our ne les pas forcer à recourir à l'assistance du Roi, leur offrant même de s'entremettre pour une neutralité dans le ^ilanois.

Ce parti convient si fort aux intérêts des princes de Savoie

et de toute la noblesse et pays, qu'il ne faut pas douter que

ledit sieur abbé de Rivarolles et ses amis ne soient suivis et

applaudis de tout le monde. Si néanmoins il trouvoit quelque

difficulté à y réussir, il pourra en avertir secrètement comme

de toute sa conduite le sieur de Catinat, qui aura ordre de Sa

Majesté d'entretenir une parfaite correspondance avec ledit

abbé de Rivarolles, auquel Sa Majesté recommande aussi

expressément d'agir d'un parfait concert avec ledit sieur de

Catinat.

PLÉNIPOTENTIAIRE

ue se poursuivaient les opérationsde guerre, plusieurs négo-

tcrèles furent engagées entre la France et Victor- Amédée.

►1er les pourparlers confiés au comte de Rébenac, et qui

Qt à aucun résultat, Ghamlay fut chargé, dans les premiers

innée 1692, de présenter au duc de Savoie les propositions

ie la part du Roi : occupation par la France de Nice, Suse

lian jusqu*à la paix générale ; restitution immédiate de la

les autres domaines du duc, sauf les vallées vaudoises que

lait garder ; neutralité du Milanais ; remise de Gasalentre

du Pape ou des Vénitiens jusqu'à la paix générale ; envoi

Lie de Tarmée piémontaise pour servir en France. Pour

lue, Ghamlay était autorisé à lui laisser espérer le comman-

ine armée ; il pouvait encore ajouter, mais comme de lui- |

que si,, par hasard, le Roi d'Espagne venoit à mourir,

neur se trouvant Théritier, le Roi feroit en sorte que Mon-

* lui cédât son droit sur le Milanois et que Sa Majesté vou-

ème bien Taider pour s'en mettre en possession >. Par

amlay devait faire entendre au duc, qu'en cas de refus de

ccepter ces ouvertures, le Roi feroit démolir Montmélian,

abéry, Annecy, en un mot toutes les places fermées sur le *

inçais des Alpes ^

ainge de vues qui se produisit alors, ne se dégagea aucun

e la guerre. Vol. 1182. Cf. Camille Roasset, Hisloire de Louvois,

accord. Cependant, il n'entrait pas dans les vues du duc de Savoie de rompre des négociations dont il pouvait tout au moins se prévaloir utilement vis-à-vis de ses alliés. A partir de la fin de Tannée 1692, ce fut, entre Victor-Amédée et les commandants des forces françaises le long des frontières de Piémont, un échange de notes continuel, échange à peine interrompu par les rencontres des armées. Le comte de Tessé S gouverneur de Pignerol, moins en vue que Gatinat, moins absorbé que lui par le poids d'un grand commandement, devint, au bout de quelque temps, Tintermédiaire habituel entre les deux cours '. < C'étoit un homme fort bien et fort noblement fait, d'un visage agréable, doux, poli, obligeant, d'un esprit raconteur et quelquefois point mal ; au-dessous du médiocre si on en excepte le génie courtisan et tous les replis qui servent à la fortune pour laquelle il sacrifia tout... Manceau, digne de son pays, fin, adroit, ingrat à merveilles, fourbe et artificieux de même. On en a vu un étrange échantillon avec Catinat, auquel il dut le comble de sa fortune, pour s'élever sur ses ruines. Il avait le jargon des femmes, assez celui du courtisan, tout à fait l'air du seigneur et du grand monde, sans pourtant dépenser ; au fond ignorant à la guerre, qu'il n'avoit jamais faite, par un hasard d'avoir été partout et de s'être toujours trouvé à côté des actions et de presque tous les sièges ; avec un air de modestie, hardi à se faire valoir et à insinuer tout ce qui lui étoit utile, toujours au mieux avec tout ce qui fut en crédit ou dans le ministère, surtout avec les puissants valets ' . »

Dans le courant de l'année 1693, le Roi fit remettre au comte de Tessé divers projets de traité que celui-ci était autorisé à soumettre au duc de Savoie ^. Un de ces projets supposait que l'Empereur et le

1 . René de Froulay, comte de Tessé, aide de camp du maréchal de Créqui en 1669, mestro de Camp d'un régiment de dragons de son nom en 1674, brigadier de dragons en 1678, lieutenant général au gouvernement du Maine en 1680, commandant en Dauphiné en 1681, mestre de camp général des Dragons en 1684, maréchal de camp et chevalier des ordres en 1688, commandant de la frontière de Piémont, Savoie et Pignerol en 1691, lieutenant général en 1692, plénipotentiaire pour traiter avec le duc de Savoie en 1694, premier écuyer de la duchesse de Bourgogne en 1697, plénipotentiaire du Roi pour traiter avec le duc de Mantoue et commandant des forces françaises dans cette ville en 1702, maréchal de France en 1703, ambassadeur à Rome et près les princes dltalie en 1708, général des galères en 1712, ambassadeur en Espagne en 1723. Il mourut enl725àràge de soixantequatorze ans.

2. Cf. Histoire de la rupture survenue en 1690 entre le roi Louis XIV et le due de Savoie Victor-Amédée II* du nom, et de la paix conclue entre Sa Majesté et Son Altesse Royale par le traité signé à Turin le 29 juin et puis le 29 août 1696. Mémoire manuscrit par Le Dran. Aff. Etr. Fonds divers. Mém. et Doc. Sardaig^e, t.'.IV, fol. 37 à 241.

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