LA PRINCESSE MARIE-ADKLAIDE
prince dans des intérêts opposés à ceux de Sa Majesté et aux siens propres.
Sa MajestiJ sensible à la satisfaction qu'elle a présentement de le voir dans les engagements que demandent de lui sa naissance et les liaisons du sang qui lui donnent l'honneur d'appartenir de si près à Sa Majesté, veut aussi faire connoître au public ses sentiments sur ce sujet par les honneurs qu'elle ordonne qui soient rendus à Madame la princesse de Savoie lorsqu'elle arrivera dans le royaume.
Quoique l'âge de cette princesse diffère encore pour longtemps la céli?bration du mariage et qu'elle ne puisse par conséquent être traitée comme duchesse de Bourgogne, Sa Majesté a cependant voulu quelle fftt reçue d'une manière distinguée des autres princesses de son rang, ce qui marquât par avance celui qu'on lui destine.
Elle a ordonné pour cet effet que sa table fût servie sur la route par des officiers de sa bouche. Elle a augmenté le nombre ordinaire de ses gardes du corps qui la doivent suivre, cl pour lui donner enfin un traitement qui n'a encore été accordé qu'aux filles de France, Sa Majesté a fait choix d'un prince pour aller la recevoir à l'entrée du royaume.
Elle a jeté les yeux pour cet elTcl sur le comte de Brionne, grand écuyer de France et chevalier de ses ordres; et l'importante charge dont il est rev(>tu, jointe â sa naissance, doit faire connoître la manière distinguée dont le roi veut que cette princesse soit reçue.
L'intention de Sa Majesté est que M. le comte de Brionne se rende à Lyon en même temps que la duchesse du Lude('); les ■ dames qui vont avec elle au-devant de la princesse et le marquis de Dangeau* qu'elle destine pour être un jour son chevalier d'honneur arriveront en cette ville avec la maison du roi. Ils y seront informés par le comte de Tessé du jour que la
1. MargueriCe-Louiss de Bolhune, duches.iv du Lude, vcurc da Henri ds Daillon, duc du Ludg, graQd-msitre de l'artilUrle de France.
2. Philippe de Courcillon, marqui» de Dangeau, n* le 21 septembre 163S, cherahtr d'hiantas de la Oauphiae, membre de l'AcAdémie fcincaise en 1668: mourut
Ti nso.
princesse de Savoie partira de Turin, de celui qu'elle arrivera au pool de Beauvoisin, et ils prendront leurs mesures pour y arriver en même temps, la recevoir avec les honneurs coDveoabies. dont ils seront infopmt^s par le sieur Desgranges ' maître des cérémonies, et la mener le m£me jour coucher à quelques lieues sur la roule de Lyon, si cela se peut, sinon iJa passeront encore la nuit au pont de Beauvoisin. faisant loger Uadame la princesse de Savoie dans la partie du boui^ qui est i au roi.
Le comte de Brionne l'assurera de l'empressement que Sa Majesté a de la voir, de la joie v(5rilable qu'elle a ressentie du rapport avantageux qui lui a été fait des bonnes qualités de cette princesse, de la tendresse qu'ElIe sent déjà pour elle et de la disposition où Elle est de lui en donner des marques en fout ce qui dépendra de Sa Majesté. EnCn, il n'oubliera rien de tout ce qui pourra lui faire connoître qu'elle trouvera, même avant son mariage, dans les sentiments d'un grand roi, ceux d'un père 1res tendre.
Il lui présentera les dames et les principaux officiers que Sa Majesté a destinés pour la servir, et, après l'avoir suivie jusqu'à Lyon, il pourra venir par avance à Fontainebleau en apprendre des nouvelles certaines à Sa Majesté.
Il aura soin cependant de lui faire rendre tous les honneurs qui lui sont dus pendant le temps qu'il demeurera auprès d'elle. Sa Majesté veut aussi qu'il lui donne la main d'uncût^, et le marquis de Dangcau, destiné pour Mre son chevalier d'honneur, de l'autre ; et, si le comte de Brionne survenoit lorsque cette princesse seroit appuyée sur un écuyer du roi et sur le sien propre, l'un et l'autre lui doivent céder la main en sorte qu'elle ne soit menée que par le comte de Brionne.
Dans les audiences qu'elle donnera pour recevoir les harangues, le comte de Brionne se tiendra le plus proche d'elle à ses c6té8.
n assurera les dames et les principaux officiers de la cour de
l.Uichsl Ancd, sieur de* Granges, maîlriidrg cérémonies en 1S91, secréUire du Roi, oblial en 1708 la gouTemcinenl el le gruid bailliage de Seni, se dcmît «n 1716 de M* ronclioDi de mailrc des eéréinonief en fiTOur de son BU, el mourut en 1731.