‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 110 sur 223 · MAINTIEN DE LA PAIX EN ITALIE. 19B · texte numérisé non relu

MAINTIEN DE LA PAIX EN ITALIE. 19B

les elTets qu'ils lui ODt attirés du ressentiment de la maison d'Autriche.

La conduite des Gônois pendant cette guerre a élé telle que Sa Majesté !e pouvoit souhaiter. Enfin, elle ne peut trop rf'péter au comte de Briord que tout ce qui troubleroit prt^sentemenl le repos de l'Italie, seroit entièrement opposé à ses intdrtïta, pt elle d<!sire que la mâme tranquillité soit maintenue, tant à l'égard des Suisses que de la ville de Genève.

Il y a cependant beaucoup d'apparence que le duc de Savoie, pei-pétuellement occupé des vues de son agrandissement, proposera bientôt des projets à l'ambassadeur du Roi. Le plus sensible ou le plus avantageux pour ce prince, est celui que la mauvaise santé du Roi d'Espagne donne une occasion naturelle de former. Il a déjà demandé au comte de Teasé si le Roi consentiroit à lui donner les moyens de se rendre maître du Milanois, en cas que le Roi d'Espagne vînt à mourir, et aux conditions portées par l'article 14° du traité d'action conclu, la campagne-dernière, avec ce prince.

Le comte de Briord verra par la copie que Sa Majesté lui fait remettre de ce traité, qu'elle s'obligeoit, au cas de la mort dn Roi catholique, à céder au duc de Savoie toutes les conquêtes qu'il feroit dans le Milanois. avec la protection et les assistances de Sa Majesté à condition que ce prince en donneroit au Roi l'équivalent en Savoie, et que, devenant possesseur de tout l'Etat de Milan, toute la Savoie apparticndroit en mOme temps à Sa Majesté,

C'est sur ce plan que le duc de Savoie prétendroit traiter encore ; mais Sa Majesté veut que le sieur de Brîord élude celte proposition le plus qu'il lui sera possible. Enfin, s'il ne peut éviter qu'elle lui soit faite dans les formes, il répondra que, comme il est porté par l'article 21 du traité d'action, qu'il ne doit avoir aucun effet si la neutralité d'Italie est acceptée, il n'a point reçu d'instruction du Roi, sur ce qui est contenu dans l'article 14" ; qu'il ne peut par conséquent rendre de réponse positive avant que d'avoir informé Sa Majesté des propositions du duc de Savoie, et reçu d'elle les ordres nécessaires sar ce sujet.

laO LE COMTE DE BRIORD, )097-(699.

Le Roi lui fait donner aussi la copie du traité de paix, que Sa Majesté a signé avec ce prince; mais, comme toutes les conditions on ont été ponctuellement exécutées, il ne reste rien & négocier sur aucun des articles. Le sieur de Briord assurera seulement le duc de Savoie que Sa Majesté fera conlîrmer traité dans celui de la paix générale, ainsi qu'il est porté par le second article. 11 est nécessaire aussi de l'informer que ce prince a supplié Sa Majesté de signer, s'il le lui demande, UD nouvel original de ce traité, en supprimant le premier, afin d'Ater aux alliés par le changement de la date, la connoissanc« certaine du temps qu'il a été signé. La comte de Briurd peol l'assurer que Sa Majesté est toujours disposée à lui donner cette satisfaction, et que c'est dans cette vue qu'elle a voulu que le traité demeurât secret, quoiqu'elle ait rendu public et fait enregistrer au Parlement de Paris le contrat de mariugfl de Monseigneur le duc de Bourgogne avec la princesse lille.

Il est très important que l'arlicle 7° de ce traité soit exactement observé, et Sa Majesté veut que son ambassadeur dooas une attention particulière à l'exécution de lu promesse que la duc de Savoie a faite par cet a^ti(.^le, d'empêcher les habitants des vallées de Luzerne d'avoir aucune communicatioa avec les sujets du Roi, cl de ne pas souiïrir qu'aucun françoJi. s'établisse dans ces vallées sous quelque prétexte que ce soili Enlin, il est absolument nécessaire de maintenir tout ce qui ê été stipulé par cet article.

Ces ordres sont présentement les principaux que Sa Majesté ait ik donner au comte de Briord. Elle veut qu'il se rende incessamment h. Turin pour les exécuter. Il y trouvera le comte dt Tessé que Sa Majesté a fait demeurer auprès du duc de Savoîa jusqu'à l'arrivée de son ambassadeur, persuadée que personne n'étoitptus capablede bien ménager l'espritdece prince. Il en a donné des preuves réelles par la manière dont il a conduit U négociation de la paix de Savoie, iH l'entière satisfaction de Sa Majesté. Il informera parfaitement le comte de Briord de la situation présente de cette cour, de la manière dont il est à propos qu'il se conduise par rapport au service du Roi, et pour

Page 1