‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 111 sur 223 · ENTENTE AVEC LE COMTE DE TESSÉ · texte numérisé non relu

ENTENTE AVEC LE COMTE DE TESSÉ

plaire dans celle vue au duc de Savoie, il l'instruira plus parliculièrement du caractère et du gënie de ce prince, du crédit et des talents de ses ministres; en6n de tout ce qu'il est nécessaire qu'un ambassadeur sache pour accomplir les ordres de Sa MajesW.

Elle lui fait remettre les lettres de sa main qu'elle écrit au duo de Savoie, à Madame la duchesse sa mère, et à Madame la duchesse, ni^ce de Sa Majesté.

L'intention du Roi est qu'en arrivant il fasse demander, par l'pntremisc du comte de Tessé, une audience particulière au duc de Savoie, et qu'ensuite il la demande aussi à Mesdames les duchesses, sans attendre l'arrivée de son équipage pour paroitre en qualité d'ambassadeur.

Il fera connoitrc à ce prince, en lui rendant lu lettre du Rui, que les événements passés n'ont point altéré l'amitié que Sa Majesté a toujours eue pour lui, qu'il ne lui parleroit pas des conjonctures fatales qui l'ont malheureusement entraîné dans un parti contraire aux sentiments que sa naissance lui avoit inspirés, s'il n'avoit en même temps ordre de lui dire que la manière dont il s'en est retiré cl la sincérité de son procédé ont encore augmenté l'affection du Roi pour sa personne et l'estime véritable que Sa Majesté fait des qualités qu'il possède ; qu'elle les considère comme des assurances de la solidité de l'alliance qui vient d'être renouvelée, et qu'elle fait un fondement encore plus certain sur la reconnoissance que ce prince lui témoigne que sur le pressant intérêt qu'il a de ne se point séparer de ceux de Sa Majesté; que les nouvelles liaisons qui l'engagent à s'y attacher, sont d'autant plus agréables à Sa MajesUÏ, qu'elle trouve en la princesse sa fille, la douceur et le tour d'esprit qui pouvoient mériter toute sa tendresse; que Sa Majesté lui en donne avec plaisir les marques les plus sensibles et qu'elle est persuadée que ses soins pour celte princesse servent encore h rendre l'union plus étroite avec elle et le duc de Savoie.

Le comte de Briord ajoutera que les ordres les plus positifs qu'il ait reçus du roi, sont de se conduire à la cour de ce prince (l'une manière qui lui fasse bientôt connoître que Sa Majesté,

LE COMTE DE BSIORD. Itt;-16»t.

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eoanoltre we iiile«lîiMis an sieur de Briord aa sujet de cette pi il r Ml. il hn pariera ecMlutHément à ce qui lui en a éié marqué aa ffifpmfjirj.™#»i de cette inslmctîoo. s'il juge qu'il doire d'abord entrer avec elle dans quelque détail, et s'il croit le deroir remettre k aœ antre occasion, il l'assurera seulement en termes généraux de U coolinuatioa de l'esUme et de l'ami* lié que Sa Majesté a toujours eue ponr elle, et du plaisir qu'elle aura de lui en dcouier des marques, lorsque les occauons s'en présenteront.

La sage conduite de madame la duchesse de Savoie, nièce de Sa Majesté, lui ajustement acquis l'estime du duc son mari, et celle de tous ses sujets. Le ^ieur de Briord ne peut employer d'expreBBÎons trop fortes pour lui marquer combien elts angmeola la tendre amitii^ que Sa Majes-té a toujours eue pour elle. et. comme il ne peut lui rien dire après ces assurances, qui lui soit plus agrt'Able que celtes qu'il lui donnera de la satisfaction que le Roi re^il tous les jours de la princesse sa (ille, il lui confirmera de la part de Sa Majesté, ce' qu'elle sait déjà de l'cspril que cette princesse fait paroîlrc en toutes occasions, inliniment au-dessus de son âge, de la manière dont elle répond h l'amitié que le Boi a pour elle, enfin, de l'heureux succès de l'excellente éducation qu'on lui donne qui achève de perfectionner celle qu'elle avoit reçue de la duchesse u mère.

Après ces premières audiences, le comte de Briord se conduira par les conseils du comte de Tessé, sur les visites qui seront i faire et h recevoir. Mais, comme il n'a point eu la qualiti^ d'ambas.>iadeur auprès du duc de Savoie, et qu'il peut ignorer beaucoup de circonslances du cérémonial dont ceux qui n'en ont point affaire s'informent rarement, Sa Majesté fait joindre & cette instruclion quelques remarques principales sur ce qui s'est observé aux entrées de ses ambassadeurs à Turin et pendant le séjour qu'ils y ont fuit.

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