‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 112 sur 223 · CÉRÉMONIAL A LA COUR DE TURIN · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIAL A LA COUR DE TURIN

Les plus considérables, cl dont Sa Majesté veut que le comte de Briord maintienne l'usage sont premièrement :

Que ses ambassadeurs ne donnent point la main aux chevaliers de l'Annonciade, quoiqu'ils tiennent le premier rang à la cour de Savoie ; qu'ils la prennent sur le chevalier qui est envoyé pour accompagner l'ambassadeur à la première audience de cérémonie.

2° Que le jour de l'entrée du marquis d'Arcy, le prince de l^arignan n'envoya point de carrosse, parce qu'il fut décidé que ceux de cet ambassadeur marcheroienl immédiatement après celui du Nonce, quoique te prince de Carignan eût proposé plusieurs expédients pour y faire trouver les siens qui furent également rejetés parle marquis d'Arcy,

3* Que l'ambassadeur de Sa Majesté reçoit ce prince lorsqu'il lui rend visite, de la même manière qu'il en a été reçu, et que Sa Majesté ne veut pas que celui qui est honoré de ce caractère lui cède le pas en lieu tiers, s'il ne peut se dispenser de s'y trouver, mais qu'elle permet à son ambassadeur d'éviter cette dispute autant qu'il lui est possible.

i" Qu'fin deux occasions différentes le marquis d'Arcy eut un fauteuil à la table du duc de Savoie; que, depuis, ce prince étant à Monaco, refusa d'accorder le même honneur à l'ambassadeur de Sa Majesté, et prétendit même que cet usage n'avoit point été observé ; mais il fut obligé de convenir ensuite des exemples qui lui furent cités, de ce qu'il avoit accordé luimfirae à cet égard au marquis d'Arcy et de ce qui avoit été pratiqué par les autres ambassadeurs qui l'avoient précédé.

Enlin, le duc de Savoie promit de lui faire donnera sa table un fauteuil égal au sien, dans les occasions qui s'en présenteroienl. Mais comme il ne s'en trouva plus pendant le reste de l'ambassade du marquis d'Arcy, lo Roi ordonna au comte de Rébenac, lorsqu'il partit pour Turin en qualité d'ambassadeur extraordinaire de Sa Majépté, de profiter de la première occasion qu'il auroit, de manger avec le duc de Savoie afin de ne pas laisser interrompre trop longlemps la possession du fauteuil.

Les nouveaux honneurs que le Roi vient d'accorder au duc rie Savoie, en considération du mariage de monseigneur le duc

de Bourgogne, ne doivent pas diminuer ceux que 1rs ai deurs de Sa Majesté ont toujours reçus à la cour de Turin ainsi, elle a lieu d'attendre que ce prince ne contestera au comte de Briord aucun des traitements dont les précédents ambassadeurs de France ont été en possession. Sa Maje»l(!ï veut aussi qu'il les maintienne; mais elle lui permet de ne point' chercher avec alTectation les occasions de s'en mettre en pos* session et d'attendre seulement qu'elles se présentent pour* faire rendre ce qui est dû h son caractère, ,1

La dcraifre observation qui reste h faire sur le cér^moDial^est queTambafisadeur de SaMajeslé assiste auscliapclles que tîeatJ le duc de Savoie ; que le prince de Carignan ne s'y trouve point lorsqu'on célèbre les grandes messes et qu'il est régli^, deputtj l'année 16K2, qu'on donneroit la paix et l'enceas & rumbassadeufij de Sa Majesté avant que de les porter h ce prince. j

Le sieur do Briord sera informé par le comte de Tessé, qatt le marquis de Saint-Thomas est le seul ministre du duc dai Savoie qui ait la confiauce de son maître. 11 a paru, pendant la,: n<^gociation de la paix de Savoie, désirer sincèrement que ce princ« pût rentrer dans les bonnes grdeos de Sa Majesté. Le comte de Briord discornera mieux, après qu'il aura fait quelquft séjour & Turin, quels sont les véritables sentiments de cft ministre. Sa Majesté veut bien cependant qu'il lui lémoîgaft l'estime qu'elle fait de sa lidélité pour son maître et de sa eapi cité, et. pour en donner encore des preuves plus solides, ell^ fait remettre au comte de Briord le présent considi^rable qu'ella lui a destiné, en considérutîon de la signature du traité de paixj Ce prissent a été différé jusqu'à celte heure, la vaisselle qui oa compose une grande partie n'ayant pu ùtre achevée plus promp» Icment.

11 rendra un compte exact directement à Sa Majesté pari tous les ordinaires de tout ce qu'il apprendra qui aura quelquél rapport à son service, et les ordres qu'il recevra d'elle lui seiy viront d'instruction particulière sur toutes les affaires qui aup» viendront. i

Il entretiendra aussi une bonne correspondance avec ceux' qui seront chargés des affaires de Sa Majesté à la cour de Roou

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