‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 113 sur 223 · PRËSBNT AU MARQUIS DE SAINT-THOMAS · texte numérisé non relu

PRËSBNT AU MARQUIS DE SAINT-THOMAS

et dans les autres cours étrangères, afin d'être instruit par eux de ce qui s'y traitera et que ce qu'il en apprendra serve de règle à sa conduite.

Outre ce qui est contenu dans cette instruction des avis ordinaires que le Roi veut que le comte de Briord lui donne de ce qui se passera dans la cour de Savoie, l'intention de Sa Majesté est que tous ses ambassadeurs lui apportent, au retour de leurs emplois, une relation exacte de ce qui se sera passé de plus important dans les négociations qu'ils auront conduites, de l'état des cours et des pays où ils auront servi, des cérémonies qui s y observent dans les entrées, dans les audiences et dans tout autre rencontre, du génie et des inclinations des princes et de leurs ministres ; enfin, de ce qui peut donner une connoissance particulière des lieux où ils auront été employés, et de ceux avec qui ils auront négocié. Ainsi, le comte de Briord préparera cette relation de l'emploi que Sa Majesté lui confie pour la remettre à son retour entre les mains de Sa Majesté.

Fait à Marly, le 23 mars 1697.

SNVOTÉ BXTRAORDllfAIRE

Marié depuis Tannée 1684, Victor-Amédée n*avait pas encore d*hé- ^îtier mâle, lorsqu'au mois de mai 1699 la duchesse mit au monde ^n lils. Le Roi n'eut garde de laisser passer une occasion de donner ^u Duc de Savoie un nouveau témoignage de son affection. Le mar- <iuis d'Urfé * fut chargé d'aller remplir à Turin cette mission de courtoisie. Pendant son séjour en Piémont, il ne devait rien négli- S^r pour convaincre le Duc de Tamitié du Roi, et lui donner Tassui*ance que le plus vif désir de Louis XIV était de fortifier encore l*union déjà existante entre la France et la Savoie.

L.es instructions suivantes furent remises au marquis d'Urfé, Jean-Baptiste Colbert marquis de Torcy étant ministre des Affaires Etrangères.

? • Joseph-Marie de Lascaris, marquis dUrfé. Il ayait déjà rempli, en 1685, une \ '^^ssion analogue à la conr de Turin. Y. ci-dessus, p. 131.

LE MARQUIS D'DRFE, 1699.

HÉHOIRE POCB SEHVIH D IKSTHCCTION AU SIECD MAHOOtS D rRPÉ, ALLAIT A TCBIK EM QDALITÉ d'eKVOTÉ F.STnjLOHDINAtBE DU BOt AUPRÈS DB M. LE DtC DE SAVOIE.

AIT- Eir., Corr. Turin, VoL CIII. foUo 3ït.

VersaiU», 1« 31 n

iie».

L'iotérM que le Roi veut bien prendre à ceux d'un Princt qui a l'honneur de lui appartenir par tant de liaisons du sang, a port^ Sa Majesté à témoigner particulièrement à M. le duc de Savoie la v»5ritablc joie qu'elle a de celle qu'il a ressentie de l'heureuse naissance du Prince son fils. Il l'avoil sî justement désirée qu'il ne peut arriver d'occasion dans sa vie où les marques de l'amitié de Sa Majesté lui doivent ^tre plus sensibles. Aussi, Elle avoit pris la résolution de lui en faire porter les nouvelles assurances aussitôt qu'Elle eflt été informée par l'ambassadeur de ce prince de cet événement, et Elle avoit choisi le sieur marquis d'Urfé pour s'acquîtcr de pptlp fonction même avant l'arrivée du coralc de Rovere', que le duc de Savoie a depuis envoyé pour lui en donner part. Sa Majesté, l'ayant admis à son audience depuis quelques jours, veut qoA le sieur marquis d'Urfé ne perde point de temps à se rendre k' Turin et, comme Elle est persuadée qu'il ^'acquilteroit parfaimenl de ses ordres en des emplois plus importants, Elle n« doute pas qu'elle n'ait une entière satisfaction de la conduite qu'il tiendra dans celui qu'Elle lui confie présenlemenl. Ellej s'assure aussi qu'ayant déjà fait plusieurs voyages li Turin, n personne en sera plus agréable h M. le duc de Savoie, et Elle; sera bien aise que ce Prince remarque en toutes choses les elTets de la considération que Sa Majesté veut bien lut témoigner.

Il sera instruit par le comte de Briord, ambassadeur de Sa Majesté; auprès du duc de Savoie, des premières démarches.

1. Le cnmte de Roiere, premier gentilhomme de it. chunbre do doc de S**oi>^ lieuUiuutt géo^r») de se» anné«i, gDaiemeur de Selncei, tnyoji «itraordinain i) la coor de Pnnce en mai 1896.

NAISSANCE DU PRINCE DE PIEMONT. 2u8

qu'il devra faire en arrivant et des ci5rénioBii'3 qui devront Aire observées à ses audiences, soit que l'ambassadeur de Sa Majesté aille avec lui h celles du duc et des duchesses de Savoie el (]u'il le présente, soit que le marquis d'UrfiS y aille seul.

Comme la joie de sa Majesté, en apprenant la naissance du Prince de Piémont, a été très-véritable et très-sincère, son intention est que le sieur marquis d'Urfé n'oublie rien pour faire connoltre au duc de Savoie une vérité qui doit lui faire autant de plaisir; Elle veut qu'il l'assure qu'étant aussi sensible qu'Elle est aux avantages de ce Prince et à la gloire de sa maison. Sa Majesté est très aise de voir, par la naissance «l'un fils, naitre en même temps dans la branche du duc de Savoie de nouveaux sujets de lui donner des marques de son amitié; qu'Elle ne doute pas que les occasions ne se trouvent souvent de lui faire connaître ses sentiments, et, qu'en même temps. Elle est persuadée que le duc de Savoie élèvera son fils dans toutes les dispositions qui peuvent lui faire mériter la tendresse de Sa Majesté ; qu'elle la rossent déjà pour un Prince «fui a l'honneur d'être son petit neveu, et Gis d'une princesse ^ue Sa Majesté aime et estime inBniment; qu'Elle s'assure que l'éducation qu'il recevra augmentera considérablement l'inclination qu Elle a déjà pour lui; qu'eniin, Elle fait par avance un heureux jugement de cette éducation et du succès qu'elle aura, par l'expéricnci' qu'Elle fait tous les jours de celle que Madame la duchesse de Bourgogne a reçue dans ses premières «anées, et par l'extrême satisfaction que son esprit et sa conduite donnent de plus en plus b. Sa Majesté.

Après cette première audience, le marquis d'Urfé sera conduit à celle de Madame la duchesse de Savoie. 11 lui dira que tous les termes dont il pourroit se servir n'exprimeroient que faiblement la tendresse que le Roi a pour elle, que Sa Majesté ne pouvoit recevoir de nouvelle plus agréable en apprenant la naissance du Prince de Piémont, que celle de la bonne santé de cette princesse; qu'Elle s'intéresse toujours également à sa parfaite satisfaction, et qu'il paroît que l'amitié de Sa Majesté pour elle, augmente encore par le contentement qu'elle a de l'esprit, des manières et de la conduite de Madame la duchesse

900 LE MARQUIS D'URFÉ, Ifift».

de Bourgogne ; que, tanl de raisons concourant ensembli M. le duc de Savoie aux intérfits de sa Majesté, il n'j lieu de douter que ce prince ne reçoive souvent des m de la part qu'EIIe prend h ce qui le regarde, et que la ci ration qu'Etle a pour Madame la duchesse de Savoie sei jours une raison très particulière de fortifier encore l'ui la parfaite intelligence entre Sa Majesté et M. le duc de i

Madame la duchesse douairière de Savoie a reçu I marques de l'esltme et de l'amitié du Roi. qu'il doit stt l'assurer qu'il n'y a nul changement pour elle dans lât ments de Sa Majesté, qu'Elle est bien aise de le faire OOl à cette Princesse en toutes occasions mais qu'il ne poni en arriver de plus agréable que celle de ta naissance d'iu|{ aussi désiré de ceux qui s'intéressent aux avantages A duc de Savoie. Que cette Princesse a toujours rempli si lement ce que l'on pouvoit attendre d'elle, que Sa Maje point été surprise des preuves éclatantes qu'elle a donl sa joie en celte occasion ; qu'enfm elle peut compter n même amitié du Roi qu'elle a toujours éprouvée, et qoa! jesté se fera un égal plaisir de la faire connollre à tout le jj

Après ces audiences, le marquis d'Urfé sera condoil en cérémonie à l'appartement du prince de Piémont, md prendra point d'audience en forme du Prince et de la Pfj de Carignan. Il les assurera cependant, dans les virt l'estime et de l'affection de Sa Majesté et il se conduirai leur égard, soit dans les autres choses, suivant les I comte de Briord.

Quoique le service de Sa Majesté ne demande poûl fasse un plus long séjour k Turin que celui du temp faudra pour avoir ses premières audiences et ensuite 0^ congé, comme il a cependant quelques affaires partiedl régler. Sa Majesté lui permet de demeurer deux mois en H B*i] le croît nécessaire pour ses intérêts. il

n loi rendra compte directement de ses audiencoal cérémonies qui auront été observées pour l'y conduîrflj

La modëratioa dont avait Tail preuve Louis XIV dans les négocia- IJuos de Rysviclc avait été motivée par la secrète préoccupai ion de s'assurer une trÉve en vue de préparer le règlement de la succession du roi d'Espagne, dont la santé chancelante faisait prévoir à bref dtlai l'ouverture. Ne croyant pas pouTOir aspirer, avec chance de siiMès, 4 la totalité de l'héritage en faveur d'un Prince français, la cuuF de Versailles chercha du moins & s'en assurer d'avance une partie par la voie des négociations. Un preoiier traité de partage fut signé à La Haye le 11 octobre 1098, entre la France, l'Angleterre et les ProviDces-Unies,

Ed vertu de cet arrangement, les royaumes de Naples et de Sicile, l«s ports de la cûte de Toscane , le marquisat de Final et la province <le Gtiipuscoa étaient destinés au Dauphin. La couronne d'Espagne, arec les Indes espagnoles et les Pays-Bas, devait être attribuée au prince Joseph- Ferdinand, lïls atné de l'Électeur de Bavière, et le duché de Hilan devait être donné & l'archiduc Charles, second fils de l'Empereur. Mécontent de ce partage fait de son vivant, et du morïeltemenl projeté de ses Etats, le roi d'Espagne fit un testament par lequel il déclarait le prince électoral de Bavière son héritier universel.

La mort de ce jeune prince, survenue le 8 février 1699, rendit bieotût nécessaire un remaniement de l'accord de 1698. Deux traités lignés il Londres le 13 mars 1700, et à la Haye le 35 du même mois, entre la France, l'Angleterre et les Provinces- Uni es réglèrent un nouïeau partage.

a08 M. PIIELII'EAUX, 1700-1704.

l'an ce Iraité, le Dauphin, oulre les Deux-Siciles, les porls espagnols do la cAle de Toscane, le marquisat de Final et la province de (îuîpUBCoa que lui attribuait le premier partage, devait avoir encore^ leH duchés de Lorraine et de Bar. Le duc de Lorraine recevait 1^ Milanais à titre de compensation de 1a perte de ses États. Les autres possessions de la monarchie espagnole devaient ^tre assurées à l'ar — chiduc Charles, ei si celui-ci n'acceptait pas le traité de partage dan& .^g l'espace de trois mois, les puissances alliées devaient se concerte ^^t entre elles pour choisir un autre prince & sa place.

La cour de Vienne refusa de souscrire à cet arrangement, el le i"—^ gj Charles II, toujours rebelle à l'idée d'un partage de ses Etats, fit, T' jg S uctobrv 1700, un nouveau testament par lequel il instituait s héritier universel Philippe duc d'Anjou, fils pufné du Dauphin, 1 substituant successivement, en cas de refus, le duc de Berry, t frîîre, l'archiduc Ctiarles et le duc de Savoie. Quelques jours aprf mourait le roi Charles II (1" novembre); Louis X!V accepta f Hun j>ctit-llls la succession intégrale de la monarchie espagnole, et- H novembre, le duc d'Anjou fut proclamé roi d'Espagne sous le ns de Philippe V,

Telles étaient 1« importantes négncialioDs qui occupaient "1 rhancellmes «u moment où le roi dnt se préoccuper de donne ^^è Turin un sarcessenr au comte de Briord qui venait d'être appel -^t l'unbundc d« La Haye. Il lit chois pour cet emploi de Ra»mo ^<f- Billhkur Pttd^eanx du Verger", maréchal de camp, qui venait <lr niuptir \f« ftwctioiis d'Mivoyé dn roi anprt^s de l'Etecleur île Ouli^ftnf. * C'^loil hb crmnd homme, bteo fait, de beaucoup d'eisf^vrit « K de lni«K, «at«relleii>eDt cloqaral. satirique, la parole fort ^h- !■ I maiD, avec lirs traits «4 bcaaooop d'agrément et. quand il le v«=)ii- * lait, de fitrce .. Il êtoit nn vrai épicatie* qui croyait tout dfi à ^^o ■ m^tv, M il fiûi vrai qa'îl avail des laleals de guerre et d'affai *»

r « «t Uwt pMctUe par r>pfî et oevx de son nom qui étaieol dan s lirt»w : ■MètpartièàliiratliÉrt wapiHCT. d un commerce cta«r

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