SUCCESSION D'ESPAGNE, 20U
différents arrangements dont l'héritage du roi d'Espagne élnil successiTement l'objet. Du chef de son aïeule, l'infante Catherine, fille de Philippe 11, il se trouvait lui-même parmi les héritiers du Roi Catholique. 11 souhaitait ardemment la possession du Milanais, et l'on savait qu'il était profondément blessé de n'être pas appelé & recueillir sa part de la succession. Pendant la dernière année de l'ambassade du comte de Briord, il avait toujours espéré que quelque proposition lui serait faite de la part des puissances signataires du trailé de la Haye. Il n'en fut rien. La duplicité don! avait fait preuve Victor-Amédée pendant la précédente campagne avait éloigné de lui la plupart des souverains, et, en dépit des démarches qu'il fit faire à la Haye, it Paris et à Londres, il fut d'abord tenu systématiquement en dehors des négociations.
Pbélipeaux reçut pour instruction de ne rien faire pour tirer le duc de Savoie de l'état d'incertitude où il se trouvait, et de ne lui présenter aucune ouverture. Il devait s'efforcer seulement de connaître tes engagements tlu Prince et s'en tenir d'abord avec lai aux généralités, laissant Victor-Amédée comprendre de lui-même que son intérêt était de s'attacher à ta France, Le nouvel ambassadeur arriva & Turin le âl juin 1700. Les événements ne lui permirent pas d'observer longtemps l'attitude de réserve et d'attente qui lui était d'abord prescrite.
L'accession de Philippe V au trAne d'Espagne produisît la plus grande impression en Europe. L'empereur prit une attitude résolument hostile, les Hollandais murmurèrent, l'Angleterre gardait un silence peu rassurant. On sentit bientôt qu'il fallait se préparer à la guerre : chaque parti se mit en quéle de recruter des alliés.
En Italie, Louis XIV a surtout besoin de pouvoir compter sur te concours de trois Etats pour défendre contre les armées impériales le Milanais qui vient d'acclamer Philippe V : le duc de Savoie qui détient les passages pour aller de Dauphiné en Lombardie ; le duc de Hanloue, dont la capitale offre pour une action contre les Impériaux une importance stratégique de premier ordre ; enfin Venise qui peut fermer aux Allemands les déblés du Tyrol par lesquels ils ont accès dans les plaines lombardes. En hâte, Louis XtV envoie Tessé ù. Milan et à Turin, tandis que le cardinal d'Estrées. mandé par ordre euprès pendant qu'il est à Rome, va traiter avec les Vénitiens et avec Il duc de Mantoue. A Milan, le prince de Vaudemont, gouverneur général, obéit aux ordres qu'il reçut du Roi Catholique, tl concerta tuus les préparatifs militaires avec la cour de France, et envoya an Roi Don François Colmenero, général d'artillerie et son confident, l>our renseigner Louis XIV et prendre ses ordres '. A Venise, le car-
'• f«i<it(c(ion pour Don Françoit Colmenero. général de l'arlîllerie et gouatrascCEtl, DES INSTR. DIPLOM. N<V. — 14