‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 118 sur 223 · DÉFIANCE DE VICTOR-AMÉDÉE II · texte numérisé non relu

DÉFIANCE DE VICTOR-AMÉDÉE II

plutôt penser les choses qu'à les lui dire, ne point entrer dans ce qui regarde la conduite particulière de ce Prince soit dans sa cour soit envers ses peuples, ne marquer aucune curiosité de ses vues et de ses projets, écouter plutôt ce qu'il veut dire avec indifférence qu'avec attention, passer sous silence certaines réserves qu'il observe et qu'il fait observer à Tégard de Tambassadeur de Sa Majesté ; ne point trop s'arrêter à vouloir lui persuader par raison la justice de ce qu'on lui demande pour ne point l'engager trop avant dans le paiii de la négative que son humeur lui fait prendre facilement et soutenir avec opiniâtreté.

La fermeté est cependant nécessaire, mais c'est plutôt avec ses ministres par les effets et par le silence qu'il faut la marquer, que par des répliques quand on traite directement avec ce Prince. Du reste, il parle de son respect pour Sa Majesté, de sa reconnoissance, de son attachement aux intérêts de la France avec une profusion d'expressions qui ne laisse à désirer que de la sincérité.

M. Phélipeaux ne peut assez assurer Madame Royale, mère de ce prince, de la protection et de l'amitié de Sa Majesté. Elle se réserve toujours d'y avoir recours en deux cas seulement.

Le premier, si le duc de Savoie vouloit lui retrancher ses apanages ;

L'autre, s'il vouloit l'obliger à se retirer de Turin.

Sa Majesté est aussi très satisfaite de la sage conduite de Madame la duchesse royale et Elle conserve pour cette princesse toute la tendresse et l'estime qu'elle mérite. A l'égard du Prince et de la Princesse de Carignan, se renfermer dans les termes généraux; on ne les voit guère que par audience.

Le comte de Butilières * a succédé au marquis de Saint-Tho-

1. Joseph-Oa€Un Carron comte de Butilières, marquis de SaintrThomas d'Aiguëblanche, chcTalier graiid*croiz des Saints Maurice et Lazare, chevalier de TAnnonciade, succéda à son père, mort en 1699, dans la charge de ministre et secrétaire d^État du duc de Savoie. Il mourut à Turin en 1748. On trouve sur ce ministre les indications suivantes dans un mémoire manuscrit conservé aux Archives du ministère des Affaires Etrangères :

« M. ie marqois de Saint-Thomas qui seul fait les fonctions de ministre et de secrétaire d'Etat, n'est jamais consulté et n*a de connaissance des desseins de son

SM H. PHÉLIPEACX, 1700-1704.

mas bon père, dans la charge de premier ministre, il paroil Bsseï Liieo inlenlionn^, mais comme îl aura moins de crédit sur l'esprit de ce Prince que n'en avoîl son père, c'est pluldl un canal pour parler que pour persuader.

Le comte de la Tour est plus fin et plus artificieux. On le consulte assez souvent sur les affaires et îl en saurait assez pour s'attirer de la cousid^ralion , si le duc de Savoie ne s'éloit hit un principe de n'avoir d'autre conseil que lui-mf^roe.

Comme ce Prince veut tirer avantage do tout, quelque iot^ r*t qu'il eut de prendre des mesures avec Sa Majest*^. pour èfrc en état d'en profiter à la mort du roi d'Espagne, il a toujours gardé un profond silence sur ce sujet, soit dans lu \-ue de tirer par là un meilleur parti de la négociation, soit oBn de pouvoir prendre avec d'autres princes les liaisons et les engagements qui lui conviendront le plus.

Sa Majesté »'a pas eu de raison qui l'ait pu obliger ju&qu'à présent àfaire des ouvertures sur ce sujet au duc de Savoie. Mtûs. si les conjonctures venoicnt à changer, il ne seroil plus question de l'article ii du traité d'action de 1696. Et, si le Roi prcnoit le parti d'abandonner le Milanois au duc de Savoie, il sentit nécessaire de stipuler pour le Boi, outre la Savoie entière, le comté de Nice et VîIIefranche.

Le Roi accorde toujours sa protection entière au duc de Mantoue. Sa Majesté est aussi fort satisfaite de la conduite que les Gônois ont tenue pendant la dernif^rc guerre, et l'alliance perpétuelle avec les Suisses empC^cheroit que Sa Majesté ne puisse favoriser les entreprises que le duc de Savoie pourroit former contre le Montfcrrat, l'Etat do Gènes, et la ville de Genève.

Ce prince a souhaité depuis longt(.-mps d'augmenter ses Etals par l'acquisition de quelques (iefs impériaux, situés dans un

nuUre, qa'i metaraqnll loi ordonne d« tnvuiler mr Mlle m&UiK quHI InidanD* pour an fûre d#> mtinoirM cl du dép^bes en exictition da set ordrw, qv'O Inl dicta Irèi ROU>«nt. on t*il d'chI jus cnirô dana *n ruai rt daiu son uprit il Ica dtehira at \tt lai Ut r«rur«. Ce mmiitre est ion omrage. Il l'a rumé iîi u JDnnaxtc. 11 n'> ni lo* talents ni lu génie de feo M. 1« niarquii An Saint -Thomaii non père, et *i( né a*K un ctprit astei borné. Cependant, l'école d'an li ^aod priac* n'a pai laîMé de le former •. lltmoirt jur It roi de Suilt (1714). .\ff. Btr., Cotr. Turin, Vol. CXXl, bliu 338.

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