VICTOR-AMEDEE ET LES ITALIENS
canton appelé le Langhc. C'est une des choses qui donna occasion aux liaisons qu'il prit avec les ennemis tie Sa Majesti'. Mais les cours de Vienne et de Madrid ont loujours forliné les possesseurs de ces fiefs dans lopposilion naturelle qu'ils avoient d'en vendre la souveraineté au duc de Savoie.
D'ailleurs, il ne paroit pas qu'il soit recherché d'entrer en alliance, ni par l'empereur, ni par le roi d'Angleterre, Tous les princes d'Italie ou sont jaloux de sa puissance, ou lu craignent, ou sont mécontents des mauvais traitements qu'ils en ont reçus pendant la dernière guerre.
Les Génois ont toujours des différends avec lui pour les contins. Ses prélentions sur une partie de leurs Etats le font regarder, par cette république, comme un ennemi perpétuel.
Le duc de Mantouc de mi'^nie. h cause du Monlferrat; la prétendue royauté do Chypre et les traitements royaux, le brouillent avec les Vénitiens. La cour de Rome se souvient de la cassation d'un de ses brefs, par arrêt du sénat de Turin. Le sénat de Nice est pcut-Otre ît la veille de censures ecclésiastiques pour cause d'immunités. Tous ces princes sont persuadés qu'il causeroit ïi l'Italie les derniers malheurs, pour y accroître ses Etats; aucun n'y prendroit confiance pour l'exécution d'un traité. Les peuples du Mihmois qui autrefois avoient eu de l'incHnatipn pour la maison do Savoie, et qui, avant la dernière guerre, auroient pu entrer dans un projet qui leur auroit donné ce Prince comme souverain, se soumetlroïenl plutôt à l'empereur et h. toute autre puissance qu'au duc de Savoie. Les Princes avec lesquels il s'étoit ligué pour faire la guerre au Roi. le regardent comme suspcc depuis la paix et l'alliance qu'il a faite avec Sa Majesté.
Il ne laisse pas dans cette siluatio de former encore les projets les plus vastes depuis la naissance du Prince son fils. Il ne croit pas moins que de pouvoir élever ce jeune Prince ù la monarchie d'Espagne, h laquelle il est appelé, au défaut des enfants de l'empereur; et, par conséquent, le droit de Monseigneur et des Princes de France est incontestablement antérieur il celui du duc de Savoie.
jorsque M. Phélipeaux arrivera, il doit donner part de son
M. PHÉLIPEAXIX. 1700-1704.
arrivée à M. le comlo de Bulilitres, qui en informe M. le duc de Savoie. Le maître des cérémonies vient ensoite lui faire compliment de la part du Prince et des Princesses : on lui donne jour pour une audience particulière. Le duc de Savoie le recevra debout et le fera couvrir; il vient au-devant de lui jusqu'au milieu de la chambre. Le maître des cérémonies le mène ensuite k l'audience de Madame la duchesse mf>re, de Madame la duchesse Royale, etc.. Il remet eu celte occasiuo des lettres de la main de Sa Majesté; celles de créance sonl réservées pour l'audience publique qui suit l'entrée.
Il ne s'agit ordinairement que de compliments dans cette première audience. Néanmoins, s'il trouve cette occasion favorable pour expliquer les sentiments de Sa Majesté à Madame la duchesse douairière, il le peut faire, et prendre en mAme temps des mesures, pour éviter que la confiance qu'il auru cette Princesse, les avis qu'elle lui donnera, ne la rendent pas plus suspecte au duc son fils, dont l'esprit n'est que trop aliéné sur ce qui la regarde.
Le comte de Buliliéres viendra ensuite chez M. Phélipeaus il ne doit point lui donner la main, ni & personne Je la cour de Savoie.
Il assurera ce ministre de la satisfaction que Sa Majesté avoil des bonnes intentions que le marquis de Saint-Thomas, son père, a fait paroître dans tous les temps.
Les affaires particulières qu'il y a présentement à traiter sont en petit nombre et peu importantes, mais d'un trop grand détail pour avoir place dans cette instruction.
Tel est le péage que le duc de Savoie prétend lever à VUIi franche, dont on remettra un mémoire séparé;
Les différends avec le Prince de Monaco dont Sa Majesté est arbitre;
L'entre-deux Guyers.
L'ambassadeur de Sa Majesté doit donner une attention particulière à empi^cher qu'il oc s'établisse de françois protcstaot» dans les vallées de Luzerne, et que les sujets de M. le duc àû Savoie dans ces vallées n'aient commerce pour fait de religioit avec xeux de Sa Majesté.