‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 125 sur 223 · QUESTIONS DE CÉRÉMONIAL · texte numérisé non relu

QUESTIONS DE CÉRÉMONIAL

la place derrière les fauteuils des Princesses, quoique le maître

des cérémonies tâche d'en donner une autre. Quoique le Prince de Garignan tienne à la procession du

Saint-Sacrement, le bftton du poéle plus proche de M. le duc

de Savoie, l'ambassadeur de Sa Majesté ne doit pas faire difficulté d'y aller comme ont fait ses prédécesseurs. Ce prince est regardé en ce cas comme de la famille qui ne se sépare point.

Les pourparlers secrets que le comte de Tessé avait poursuivis de *6Q3 i 1696 avec Victor-Amédée cl !e rôle qu'il avait joué à Tocca- ^■on du mariage de la duchesse de Bourgogne lui avaient permis de "oiaer avec le duc de Savoie des relations d"un caractère particuliè- *'^>zieDt intime. • Le duc me disait qu'il vous aimait autant qu'il lui

* ^tail possible d'aimer un Français, > écrivait la comtesse de Ver-

* f ïie ' <L Tessé, • mais qu'il ne souffrirait jamais qu'aucun Français *■ le conoAl autant que vous l'avez fait. • Ces rapports affectueux ^vec un prince ombrageux et peu communicalir, faisaient de Tessé l'iionime nécessaire toutes les fois qu'une question délicate divisait ^es deux cours. Au mois de juio 1699, il fut envoyé une première fois * Turin, pour sonder les intentions de Victor-Amédée. en vue de la procliaine ouverture de la succession d'Espagne '.

On a vu dans les instructions de Phélipeaux que le duc de Savoie avait fail faire & Vienne, à Londres et k Paris des démarches afin ■l'être compris dans le partage des Etals du Roi Catholique. La com- ^ bînaison que Victor Amédèe s'efforçait de faire prévaloir, devait lui réserver l'Etat de Milan. En échange, il eût cédé la Savoie à Louis XIV, le duc de Lorraine devant, de son côté, être indemni.sé de la perle du Milanais par le royaume de Naples, destiné, d'après le trailé

' - Jeanne- Baptiste d'Alberl de Luynes (1670-1736), mariée en 1683 au comte de Verrue; msltreese du doc Victor-Amédée. Cf. La comltsse de Verrue tt la cour * Vicier-Am/dêe II rfe Savoie, pu G. de Léti». Pari», 1881 p. 130.

î. Mémoires dt Tesif.

■ !■■! Tété et 1700, ndêe anii bit qsHqn* rbmia I etro«pawaàheo«r^'Ha'ctaîty«i*ii5 Lntêrtt de chercher A se I readre eoaiite des totitt* ronwrioT aoujoelles se préternit | le éae de Smèe poar oMeair le MBaBais.

TeM( M chsrgé de cette aègoeUtioa, que I» mort du roi d'Es- J ptsne TÏat d'uUevs bnHqacMeBt ialetrai^re. L«3 iostraclioM I NiivaitlM ftnvat lédiKtes ea vae de cette nïasMW, Colbert de Torty I étast mioûtre des ASûns EtraagèTet.

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CHE¥ALtn DES OBDBCS DV KM, UEUTEKAKT «ÉHÛIAL DE SBS AHifil ETC., ALUXT A TTItH ru OBOmS DC SA aURSTÊ.

AC Btr. Cora. Twi», ToL CV. bl. m.

Avant qne le roi eut d^Uré le» mesures qu'il « prises avec le roi d'Angleterre et avec les Etals G^ni^raux pour le mainliea du repos public, les bruils d'un traité de partage de la succession d'Espagne, répandus de tous côtés, avoîent obligé le duo de Savoie à demander à Sa Majesté quelque part à la division des Etats dont la monarchie est composée. Pour l'obtenir, il faisoit plusieurs offres, mais elles a'étoient point écoutées, le* alliés de Sa Majesté ayant toujours fait paroitre une répugnance invincible à favoriser ce prince dans ses prétenlioos.

Ainsi, te traité devenant public, le duc de Savoie eut : seulement la mortificalion de voir qu'il n'étoit fait nulle meation de SCS intér(*ts dans aucun des articles, maïs encore qiia le Milanois, le principal objet de son ambition, étoil destiné aa duc de Lorraine.

1-e chagrin qu'il en ressentit fut d'autant plus vif qu'il perdoit pour jamais l'espérance d'acquérir cet Etal, et qu'il la voyoit passer sous la domination d'un prince, dont il avoil conçu une jalousie particulière depuis son rélabUssemenl dans le duché de Lorraine.

Aussi, les premiers mouvements du duc de Savoie donnèrent lieu de croire que toutes ses vues, depuis la publication du traité, éloient de s'unir étroitement à l'empereur. Les longues conférences de son ambassadeur à Vienne avec les ministres de ce prince, le secret observé, les fréquents cou rriersdépèchi^s, faisoient juger que, si l'alliance n'éloît pas faite, elle se concluroit bientôt. Les ministres de l'empereur laissoicnt mi'^me entendre à Vienne et dans plusieurs cours étrangères qu'ils Ploient assurés du duc de Savoie.

Cependant, les démarches qui rendoienl suspecte la conduite lie ce prince se ralentirent. Il résolut d'envoyer le comte de fa Tour, premièrement au roi, ensuite en Hollande, au roi d'Angleterre. Ce ministre eut ordre d'assurer Sa Majesté que son maitre n'avoît aucune liaison avec la maison d'Autriche. Il le lit dans les termes les plus forts. Il ajouta que le duc de Savoie lui avoit expressément ordonné de savoir les intentions du roi avant que de passer en Hollande, et d'interrompre son voyage s'il n'étoit pas approuvé de Sa Majesté.

Elle voulut bien l'assurer elle-m^me qu'elle désîroit véritablement les avantages de ce prince, qu'il les aurolt trouvés dans le traité s'il eût entièrement dépendu d'elle d'en régler les conditions : mais, la négociation exigeant le consentement de toutes les parties, Sa Majesté dit qu'elle verroit avec plaisir que le comte de la Tour, instruit des intentions de son maître, put ilisposer le roi d'Angleterre et les Etats Généraux à convenir de 'luelques changements conformes aux intérêts du duc de Savoie i^t que, s'il n'alléroit point les conditions essentielles du traité pt le maintien de la paix que Sa Majesté s'éloit proposé comme son principal objet, elle contribueroit volontier.s aux avantages lie ce prince.

Il y avoit lieu de croire que le comte de la Tour, admis dans le* conseils de son maître, paraissant avoir part k saconiiance, seroil informé de ses desgeins et qu'il feroit quelques proposîliois particulières : on s'aperçut, cependant, qu'il navoit que désordres généraux. En effet, quoique la destination du Mila- 1013 fût réglée par le traité, il se renferma toujours à faire "O"" de quelle ulilité pourroit être l'alliance de ce prince pour

•M LE COliTE DE TESSE, 1700.

l'exëcnlion des mesures prises si le Milanois devoil fitn récompense. Il étoit inutile d'entrer alors dans aucune diacussion et de s'informer de IVquivaleot que le duc de Savcûe dottneroil au roi pour l'acquiâilion d'un Etal désiré de loul teropft par les prédécesseurs de ce prince, cl dont la possession au^ meuteroil autant la considération d'un duc de Savoie. Non seulement t>n voyoitque le comte de la Tour étoilsanspouv< instruction, mais, quand mt'nie il enaurott eu. les liaisons prisM avec le roi d'Angleterre et avec les Etals généraux ne penneltoient pas de changer aucun article du traité que de concert a%'ee eux. Il étoit de l'intérêt du roi d'attendre que ses alliés fusseol les premiers à lui proposer des changements : la moindw démarche faite sur ce sujet de la part de Sa Majesté, donnant lieu de croire qu'elle le désiroil, bien loin de faciliter ces chas;gements, éloignoit au contraire toute négociation. Le silenoA de ses ministres en Hollande eut l'elTel qu'elle avoil pr^^vn. l roi d'Angleterre et le pensionnaire de Hollande voyoient depui longtemps que l'union des royaumes de Naples et de Sicile & I France éloit mal reçue des Anglois et des IloUandois, que oei deux nations, craignant les forces maritimes du roi. croyoieal leur commerce niîné dans la Méditerranée, lorsque Sa Uaji fieroit en possession de ces royaumes compris dan^t le partage de Monseigneur le Dauphin. Le roi d'Angleterre appréhendoit les mouvements du prochain parlement ; mais il dîsstmuloit cette crainte pour conserver la réputation de son autorité. Enfm. le temps de repasser la mer approchant, il falloit an* s'expliquer aviint que de retourner en Angleterre.

Le pensionnaire le fit et proposa dans une conférence ai ambassadeurs du roi, l'échange des royaumes de Naples et i Sicile avec les Etats du duc de Savoie. Instruits des intenlioai de Sa Majesté, ils lui répondirent qu'elleconnoissoit parfailemeot la différence de ces royaumes et des Etats du duc de Savoie, beauté des premiers, les grands revenus, lu considération, la commodité pour le commerce ; que cependant, elle vouloit biea aussi considérer que cet échange seroit encore une nouvcito sftreté pour la paix, qu'il coniribucroit au repos du roi d'Angl»terre en faisant cesser les plaintes des Anglois ; que ces motih

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