PREPARATIFS MILITAIRES DANS LE MILANAIS
Elle a jugé que, pendant l'intervalle ndcessaîre pour les isserabler, il convenoit que le comte de Tcssi? allât lui-m?me informer le Prince de Vaudcmonl de toutes les disposilJons t|u'elle fait.
L'éclat de ce voyage peut rassurer les peuples, animer les Princes d'Italie voisins du Milanoîs, faire voir aux uns et aux autres que Sa Majesté ne veut pas les abandonner, qu'elle est prCte à les secourir et que ses troupes peuvent entrer en Italie avant même que les Allemand^ aient entrepris de se rendre maîtres d'aucun poste. EnmCme temps, il est très à propos que le comte de Tessé, devant conduire les troupes du Roi dans le Milanoîs, examine par lui-même les forces des Espagnols, qu'il s'informe de l'état de leurs places, de celui du pays, qu'il connoissc les moyens de faire subsister les troupes de Sa Majesté, les routes propres à les faire passer, qu'il rfgle toutes choses avec le Prince de Vaudemont, qu'il convienne avec lui du temps pour amener le secours, du nombre de troupes qu'il demande, enfin de toutes les mesures nécessaires, tant pour leur faire trouver des magasins que les fHcilit<?s pour leur marche dans le Milanois, pour le passage des rivières et généralement pour lever tous les obstacles capables de retarder l'efTet qu'on doit se promettre d'un pareil secours.
Le Roi a déjà fait assurer le Prince de Vaudemont de la satisfaction enliêre que Sa Majesté avoit des marques qu'il donne de sa fidélité pour le Roi son maitre et de la confiance particulière qu'elle prcnoit en sa capacité et en son application. Le comte de Tessé lui renouvellera les mômes assurances de la part de Sa Majesté. 11 lui dira qu'elle a instruit le Roi d'Espagne de son ztle pour le service de ce Prince et qu'il est parti persuadé que le gouvernement de Milan étoit en de très bonnes mains; que la conduite du Prince de Vaudemont ne laisse pas lieu de douter que cette bonne opinion ne soit tous les jours augmentée et que Sa Majesté veut bien contribuer à la fortifier.
Elle fait joindre à ce mémoire les extraits des protestations que l'Empereur a nouvellement fait faire à Milan et les réponses du Prince de Vaudemont et du Sénat, Le comte de
Tessé lui dira que Sa Majesté a fort approuva la madère haute et convenable dont il s'eat expliqué en celte occasion. Mais, apr^s celle première démarche qu'il éloit impossible d'éviter, i! est bon d'empêcher qu'à l'aveDir il ne soit donné de pareils écrits de la part de l'Empereur : ils ne peuvent jamais produire de bons eiïels et quelquefois ils sont capables de donner k d<^s esprits inquiets des prétextes d'exciter les sujets à des mouvements contraires au repos de l'Etat. Il revient môme au Roi qu« dans Crémone et dans Pavie les habitants de ces deux villet semblent avoir quelque penchant pour les intérêts de l'Empereur. Il est à propos que le comte de Tessé s'en infomie exactement. Mais enlîn, si l'Empereur fait marcher des troupes en Italie, commp elles ne peuvent être envoyées que pour attaquer le Milanoîs, celte seule raison suffit pour empêcher de souffrir personne de sa part dans cet Etal.
Le Prince de Vaudemont a demandé que les Ministres dO' Roi, principalement à Venise et auprès des Suisses, eUBseat ordre d'agir de concert avec ceux d'Espagne. Sa Majesté avoit prévenu sur ce sujet te qu'il a désiré, et le comte de Tcsstf Ip peut assurer que ses ordres ont 4\é donnés dans l'instant même de l'acceptation qu'elle a faite du testament du feu Roi d'Espagne. Il est principalement nécessaire que ce concert paroisse entre l'Ambassadeur de France et celui d'Espagne a Cantons ; jusqu'ft présent, il y a lieu de croire que les Soiases n'accorderont pas leurs passages h l'Empereur ; mais il ne faut rien oublier pour leur faire connoitre les suites qu'ils auroiei à craindre d'une résolution contraire.
Un gouverneur de Milan peut encore plus facilement intimider les Grisons. S'il empêche leur commerce, s'il défend ta sortie des blés du Milanois. il est impossible que ces peuplol puissent réparer par d'autres voies un semblable préjudice. Toute espérance leur est ôlée du côté de la France lorsqu'cll est unie aussi intimement qu'elle l'est présentement avec l'Espagne ; et d'ailleurs, on peut leur faire craindre encore d'aidei aux habitants de la Valteline à se soustraire k leur gouverne' ment et à s'unir à l'Etat de Milan. Ils savent que cpa peupla y sont assez disposés. Enfm il paroît facile de contenir lei