‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 138 sur 223 · Cette pièce était anneï6e à la lettre précédente · texte numérisé non relu

Cette pièce était anneï6e à la lettre précédente

' Je dois vous dire que c'est à présent le temps de travailler à ce traité, qu'on le doit presser autant que Ton peut, surtout ayant affaire avec i Prince d'une vivacité d'esprit comme Son Altesse Royale. Je suis tout à vous.

LR MARQUIS DE TORCY AU MARÉCHAL DK BBRWICR.

Aff. Etr. Corr. Turin, vol. CXVI, fol. 52.

Marly, le 9 septembre 1710.

J'ai lu au Roi, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m crire le 5® de ce mois, et c'est par son ordre que je réponds à ce qu'e contient.

Il est naturel de soupçonner les intentions de M. le duc de Savoie da les avances qu'il paroit faire, mais on doit proire qu'elles sont sincèi quand elles sont conformes à ses intérêts. Celles dont vous rendez comp Monsieur^ s'accordent non-seulement aux intérêts de ce Prince, mais i core aux sujets qu'il a de se plaindre de l'empereur. Ainsi, bien loin de rejeter, il faut profiter de la conjoncture et ne pas perdre, comme on vc le marque, en compliments et en cérémonies un temps très précieux q l'on peut employer utilement à prendre des mesures solides.

Quoique vous connoissiez parfaitement dans quelle situation M. le d Savoie se trouve avec ses alliés, je crois cependant nécessaire de vous n peler son état présent à leur <*gard, afin de vous exposer ensuite plus cl rement les intentions de Sa Majesté sur l'usage que vous en pouvez fai

Les Anglois et les Hollandois ont eu do grands ménagements pour Prince depuis qu'il est entré dans leur alliance. Ils connoissoient Tuti] de la diversion qu'il pouvoit faire des forces de la France, et comme n'avoient nul intérêt à démêler avec lui, cette bonne intelligence n'a altérée que par quelques plaintes, d'un côté, de négligence à payer les si sides, et, de l'autre, d'inaction dans le temps qu'on se llattoil chez les eni mis de voir l'armée de Savoie pénétrer dans le royaume et contraindre Roi à lui opposer une grande partie des forces que Sa Majesté avoit Flandres et en Allemagne.

Mais ces plaintes réciproques, ni les marques de la défiance que les ail de M. le duc de Savoie avoienl de sa conduite, n'ont point ébranlé le cr^ qu'il avoit en Hollande et principalement en Angleterre. Elles n'ont empêché que les ministres de ces deux puissances ne soient devenus siens lorsqu'il a été question de presser l'empereur de satisfaire aux en gemenls qu'il avoit pris avec M. le duc de Savoie, et les instances qi] ont faites pour obtenir en sa faveur l'exécution de son traité, ont été s tenues de menaces lorsque l'empereur a refusé l'accomplissement de parole solennelle qu'il avoit donnée.

Ces sollicitations ont attiré des réponses aigres de la cour de Vien Vous on jugerez, Monsieur, par la copie que je vous envoie de l'une dernières, et vous verrez ce que M. le duc do Savoie doit attendre à l'a nir des dispositions de la maison d'Autriche, implacable à l'égard de o qu'elle a offensés, s'il ne profite de l'état présent des affaires pour se met à couvert de sa vengeance.

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