SITUATION DU DUC DE SAVOIE EN
D poroit, en effet, qu'il soage sérieusement à s'en garantir. Un prince rooÎDS éclairé que lui ne pourroit demeurer insensible aux maiu réels don I l'Italie est accablée depuis que les Allemands y dominent. H. le duc de Savoie commence d'agir comme connoissant de quelle importance il est pour lui d'arrêter le progrès de cette domination dangereuse et d'affranchir l'Italie des maîtres étrangers qui la {posséderont tout entière, si la maison d'Antrîche a e trouve enfin des bornes à son ambition.
Ckimme il conuoit la faiblesse ou la partialité des Princes d'Italie, il ne l'est jusqu'à présent adressé, pour travailler à la liberté commune, qu'à la seule République de Venise. Elle est véritablement aussi timide que tes Princes ses voisins ; mais elle est plus menacée par l'empereur. Elle a plus de forces que ces Princes, et la crainte fait quelquefois trouver des ressources, ignorées auparavant de ceux qui se croient en sûreté.
H. te duc de Savoie a tenu depuis quelque temps à Venise des agents sans caiactère, les contestations sur le cérémonial ayant depuis longtemps interrompu le commerce public entre la République et la Cour de Piémont. Hais on dit que la principale négociation a élé conduite à La Haye entre le procurateur Foscarini et le comte del Borgo ', Envoyé de Savoie. On assure qu'elle vient d'être conclue, et que M. le duc de Savoie va travailler de concert avec les Vénitiens, à former une ligue en Italie pour en faire sortir les Allemands.
n De peut se déclarer leur ennemi, et demeurer en même temps eu guerre contre le Roi. D'ailleurs, les secours de Sa Majesté lui sont nécessaires pour l'exécution de ce grand dessein, et c'est dans le temps qu'on apprend qu'il le forme sérieusement, que vous reeeve! la proposition dont tous rendei compte au Roi.
D y a donc lieu de croire. Monsieur, qu'elle n'est ni chimérique ni faite îauB ordre. M. le duc de Savoie connoit ce que de moins habiles que lui coQDoitroient : qu'il est impossible que l'Etat de Milan demeure partagé entre deux maîtres différents. Lepluspuissantdoitréunirunjonrle partage du plus foible. II faut donc examiner de quel côté sera la puissance supérieure, si ce sera de celui de l'empereur, maître du royaume de Naples, de Mantoue, peu^éIre de Ferrare qu'il demande aussi bien qu'une parlie de l'Etat de Venise, ou si ~^tte supériorité sera du côté de U. le duc de Savoie, nouvellement possesseur du Montferrat et d'une petite partie du Milonois. Il faut peser si c'est à tort que l'empereur se prépare déjà des prétextes de retirer la partie de ce ducbé qu'il a cédée, lorsque l'alliance de Savoie lui sera devenue inutile, ou bien si H. le duc de Savoie a des 'orces suffisantes pourl'empécberetpoui' anéantir la maxime qu'on établit i Vienne, qu'un état dépendant de l'empire comme le Hilanois ne sauroit It» aliéné ni démembré sons le consentement généra] de l'Empire. Il est «rlain que ces maximes ne seront pas abolies volontairement par l'empeeur lorsqu'elles lui seront favorables, et M. le duc de Savoie ne sera guère 'u état après la paix de les contester, se trouvant sans alliés ; et, bien loin le conserver les nouveUes acquisitions qu'il a faites, il pourra se trouver ipoaé à perdre son ancien patrimoine, car il seroit téméraire de lixer un oint, où la maison d'Autriche borneroit elle-même ses projets, si elle ne 'OUvoit aucun obstacle à les exécuter.
L est donc de la prudence de ce Prince de prévenir le danger iraroitdont il est menacé, de songer h conserver son ancien domaine et ses
Aico Solar de MoreLle. comte [juis morquis Jel Borgo, représeilta le dac d« • au Cvagri» d'Ulreeht. Il fut dans U suite ministre d'Etal 1 Turin. I BECUSa DES INSTB. D[PL. MV. — 18
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uouvelles acquisitioDs. Et, comme il lie peut le foire qu'ei encore sa puissaDce et le lustre de sa maisûo, il faut nécessairement q se lie étroitement avec le Roi pendant qu'il en est temps encore e trouvant ses propres avantages dans les liaisons qu'il prendroit « HfUesté, il efface, par les services qu'il peutlui rendre, le souvenir r&chn des temps passés.
Il ; a plus d'un an que U. le duc de Savoie sait que le Roi est di^poa à traiter avec lui et à lui donner les moyens qu'il peut désirer pour f conservation des pays que ses alliés lui ont cédés pour l'augmentation J sa puissance et pour ta splendeur de sa maison. En effet, Honsienr, S Majesté lui offroil, et le Roi d'Espagne y auroit consenti, de le maint«l dans la possession de la partie du Hilanois dont il jouit présentement ;
De le rendre maître de celle que l'empereur s'est réservée;
De le reconnottre en quolité de roi de Lombardie.
11 sufUroit pour accomplir ces conditious de lui donner, pour agir s ses ordres, une partie de l'armée que vous commandes. L'intention de S Majesté étoit de la lui acccorder, d'y joindre encore des subsides qu'eUj aurolL proportionnés h ceux qu'il reçoit de ses alliés.
Autrefois, il auroit cédé la Savoie avec plaisir pour obtenir du Roi I assistances nécessaires pour se rendre maître du Milanois. Sa H^eslé II accordoit gratuitement et sans demander ce duché en échange un en IK compense des secours qu'elle vouloit bien lui prêter.
Je crois que H. le duc de Savoie étoit ébranlé par des offres aus&i an tageuses et par les réQexions qu'il doit faire sur l'avenir. Uùa il * continuer les négociations potir la paix. Il crajgnoit qu'elle ne v1nt&.d conclure et que les alliés irrités des manèges secrets qu'il auroit faits pM rentrer dans les bonnes grAces du Roi, n'en prissent ujie vengeaoc« uisl en abaudoonant ses intérêts tors de la signature du (raité.
Dans cette incertitude qui a duré, comme vous savei, plu» d'un an < demi, M. le duc de Savoie ne vonloit ni accepter, ni rf^eter absolameall offres de Sa Majesté. 11 disoit lorsqu'on le pressoil qu'il seroït impradO de se lier avec la France et avec l'Espagne, allaquées toutes deux pari aussi grand nombre d'ennemis dont elles éloient presque accablées, 9 ce seroit seulement vouloir périr avec elles.
Ensuite, U insisloit pour avoir des eiplications claires et précbes d« ' que le Roi voudroit «t pourroit faire pour lui. Les offres de Sa Haj«8Ul plaisoient, mais il ne vouloit parollre conteut qu'à demi, et, sans les r^j 1er, il assuroit en général qu'on savoit en France ce qui pouvolt le sa) faire : qu'il n'y avoit qu'4 le dire. Au milieu de ces discours enveloppi ce qu'on a tiré de lui de plus clair étoit qu'il vouloit outre les piaf d'Exilles et de Fenestrelles, celles de Mont-Dauphin, Briançon et le forti Barraux. Celte demande avoit mis fin h la négociation. Le roi na poa* consentir & donner une telle entrée dans son royaume, et H. le dac de I voie gardoit le silence, attendant apparemment quelle seroit U Ha d conférences do Cerlruydenberg.
Depuis leur rupture ', il n'étoît rien venu de sa part. La proposition qa^ vous a faite. Monsieur, est la première démarche qu'il ait faite depuis 4 toute apparence de paix est évanouie.
On vous demande de vous expliquer nettement, sans alti^ratioi ili^tour : cela est conforme aux intentions du Roi. On voas demandai le faire promptement ; c'est aussi l'intention do Sa Majesté. Et certain