CONDITIONS D'UN RAPPROCHEMENT. 27B
mml, plus la coDclusion du traité seroit prompte, plus il seroU facile de redresserles affaires d'Espagne, dont l'état n'est pas aussi mauvais i]u'i>n l'&voitjugésurles premières nouvelles, d'accomplir les projeta de H. le duc de Savoie, de renverser ceux des ennemis ; enûn de changer alisolumeut la Face des affaires en FVance, en Espagne et en Italie.
Pour y réussir, je vous répète, UonsJeur, par ordre du Roi, ce que Sa M^estd a déjà offert à H. le duc de Savoie, et ce qu'elle veut que vous offHet présentement par la nouveUe voie qui vient de s'ouvrira vous.
Premièrement, la cession entière des droits du Roi d'Espagne sur l'Etal et duché de Milan, que Sa Majesté Catholique abandonnera sans réserve à H. le duc de Savoie pour lui et pour sen successeurs.
L'uuion des forces du Bai i celles de Sou Altesse Hoyule, taut pour la conservation de la partie du Milanois qu'elle possède, que pour le recourremeot de l'autre partie de cet Etat, que l'empereur s'est réservée et dont le roi d'Bspague, à qui elle appartient, aura fait la cession à H. le duc de Savoie.
Un par^t concert entre Sa Majesté et Son Altesse Royale, tant pour la quantité que pour la qualité des secours que Sa Majesté conviendra de lui tuumir, et dont Elle laissera le commandement absolu à Son Altesse Royale.
Les subsides pour le paiement et pour l'entretien des troupes de M. le duc de Savoie, proportionnés à ceux qu'il reçoit des eunemis de Sa Majesté, dont il doDueroit un état exact et lldèle.
Si la négociation devieut réelle, il sera très nécessaire. Monsieur, que vous donnieE une attention particulière A cet article des subsides ; car il ne conviendroit ni pour le Roi ai pour H. le duc de Savoie, d'engager Sa Nqjesté à ce qu'elle ne pourroit exécuter. Vous savei l'état de ses ûnances. Il vaut beaucoup mieux pour M. le doc de Savoie de ne stipuler que les sommes qu'on pourra lui payer réellement, que d'en spécitîer d'autres si excessives qu'il seroit impossible de les acquitter.
D'ailleurs, plus il demandera de Iroupes an Roi, plus les subsides doivent être diminués, parce qu'il aura moins de troupes à lui qui agiront, et que celles de Sa Majesté seront payées par Elle. C'est en qnoi vous pourrez, si TOUS le jugei à propos, faire consister la proportion entre les subsides que Sa Majesté lui promettra et ceux qu'il a reçus jusqu'à présent de ses alliés.
Enlln, la dernière offre du Roi, est de recunuoltre H. le duc de Savoie en qualité de Roi de Lombardie. et véritablement son état comportera ce grand titre, si par les secours de Sa Majesté il vient à joindre tout le Milanois au Montfeixat et aux Etats héréditaires qu'il a reçus de ses ancêtres.
Ce piince insistera, selon les apparences, à garder Exilles et Penestrelles. Il est à propos d'en prétendre et même fortement la restitution, moins pour l'obtenir (car il croira bien que le roi lui cédera deux places que Sa Majesté lui laissoit par les préliminaires) que pour empêcher ^u'il ne fasse d'autres demandes qu'il seroit impossible de lui accorder.
Ainsi, Monsieur, l'intention du Roi est que, si l'on vous demande Exilles 6t Feneslrelles, vous paroissiei surpris que M. le duc de Savoie veuille s'agrandir aux dépens de Sa Majesté dans le temps qu'elle ne songe qu'à lui tirocurer de nouveaux Étals, que lui-même et ses prédécesseurs auroieut payés avec plaisir, en cédant à la France la Savoie et peut-être encore d'autres provinces, pour avoir son assistance. Vous direz que le Roi offre la sienne gratuitement; qu'il ne demande ni la Savoie ni aucun démembrement des pays de Son Altesse Royale, mois aussi que Sa Majesté ne veut pas qu'il lui coûte rien de son ancien domaine. Vous le défendrez le plus longtemps qu'il vous sera possible, mais l'intention du Roi est que vous
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relâcliiei deux places asse» inutiles, plutôt que de rompre la oégocialioi Uchei, s'il est possible, de les conserver k condition qu'elles sei'ont raséa eu bien d'obl«Dir, en vons désistant d'Exilles et de Fenestrelles, que H. 1b duc de iSovoie en fera démolir les ForlificalioDS.
L'article important sera celui du fort de B&rraux, de Briançon et de Hout-Dauplûn, si H. le duc de Savoie persiste h les demander. Car il est impossible de lui accorder ces places. J'avoue que lorsiju'il en a Tait la proposition, J'ai cru qu'il cberchoit seoteroent un prétexte d'éloigner t négociation qu'il ne vouloit ni conclure ni rompre absolument. Si l'état de» aiïaires générales le fait penser autrement, j'espère aussi qu'il se rendra plus traitable sur cet article, tl est trop habile pour ne pas comprendre que le Roi ne peut jamais remettre ces places à un duc de Sa»oie ai puissant qu'il va le devenir s'il sait proliter de la conjoncture présente.
Tout se dispose à le seconiter. Le roi de Suède ', nouveau général des Turcs et des Tortares, commence b. donner de vives inquiétudes & la cour de Vienne. L'empereur seroit mal conseillé de laisser toutes ses troupes en Italie, quand l'ennemi esta ses portes, et vraisemblablement il aimera vieux conserver ses anciens domaines que de s'exposer à les perdre pour maintenir de nouvelles possessions.
Il s'élève bien des nuages en Angleterre '; H. le duc de Savoie en «st ponctuellement averti et peut-être qu'il ne compte déjà plus sur la protection des Anglais et qu'il ne craint plus leur vengeance.
En cet étal des alTaires, il ne doit pas former des demandes impossibles et relarder le bien que le Roi peut lui faire encore. Sa Majesté ne prendra certainement aucune mesure avec lai, si elles dépendent, ou de lui donner les places de Briançon, Mont-Dauphin et le fort de Barraux, ou de les lui laisser en dépôt jusqu'à la réduction entière du Hilauuis, comme il a paru qu'il vouloit l'insinuer.
Vuus savei. Monsieur, que depuis longtemps, M. \« duc de Savoie souhaite de s'étendre du côté de la mer, et que Monaco et Savone sont d<^s objets bien lenlanls pour lui. Le premier doit étie toujours sous la prolection du Roi, et Sa Majesté a un grand intérêt à ne le pas abandonner. Elle n'a pas les mêmes raisons de protéger les Génois, et si M. le duc Savoie veut s'agrandir & leurs dépens, rien n'engage le Roi à l'empêcher de se satisfaire. S'il falloit entrer dans l'énumération de tous les Princes d'Italie, on ne trouveroit que le seul duc de l'arme qui ait f^t Toir da bonnes intentions suivies, et qui mérite d'être ménagé si Jamais les atbirrs changeaient en Italie.
Je souhaite, Moasienr, que vous puissiei contribuer i cet heureux changement, et, comme M. le duc de Savoie pressera la négociation, si l'ouverture faite de sa part est sincère, le Roi veut vous mettre en état de Usiiivr« et même de la terminer. Ainsi, Sa H^eslé m'a commandé de joindre i* l'ciplication de ses intentions, le plein pouvoir que je vous envoie p vous en servir, s'il est nécessaire.
1. Charles XII, hullupuleiRiu»» i Poltara (IlOU), lanut de se mUrer ehMtM [ TuFCI 1 Bender.
%. Due m^orilé larj oUnl ontr^e tu Pulemont, 1> (utioo whig. dont !• dus de Htrlborough élaitchir, aa traurs^culéedes alTiircs. Henri Sauit-John, viGomie da Botingbrcike, pirljsui déclaré d« U pûi, (ut nommé tïccétairo d'El>l.