Briord au Roi. Aff. Ktr. Corr. Turin, toI. C
SUCCESSIO.N DESPAGNE. LXtll
Le coinli! de Briord fut alors remplacé à Turin par M. PhélipesDi. Daaâ ses iuËlructions ', le uouvol ambassadeur éUit mU lu courant des déceptions et des espérances du prince saroyard. Il avait ordre de laisser d'abord le duc dans l'incei^ titude. Il lui était recommande de prendre pour traiter les attmn précaatioDs que son prédécesseur. Dans ces graves coDJoactures, Louis XIV avait un intérêt évident à ne pas ligrironlre mesure un prince vindicatif, dont la France avait ippris à ses dépens à connaître la puissante rancune. Il charma le comte de Teiîsé qui, depuis les négociations de 1696, ^Inil resté tri's bien vu à Turin, d'aller entretenir Yictor-Amédéed'un projet tondant à lui faire acquérir le duché de Milan. U. deTessé devait donner à entendre que le roi exigerait en échange la Savoie et le comté de Nice '. La mort du roi d'Es- {ttgiie(l* novembre l~Ot)) précipita les événementâ. Une guerre génénle semblait imminente ; l'empereur se préparait h ambu le Milanais. 1^ comte de Tessé reçut de nouvelles ins- Inctioos ' et fut chargé de prendre d'urgence les dispositions oécMsaires en vue d'une campagne on Lombardie.
IHiur orgnni.'fr ulilcmcnt la défense Ou duché de Milan, Ijuiii XIV avait surtout besoin du concours de trois btuts italinDs : la Savoie, maîtresse des passages des Alpes ; Mantoue, iloQl lea ouvrages fortitiés barraient la vallée du Mincio ; Venise fnlin, ([ui pouvait fermer aux Allemands les défilés de Tyrol. 1* cardinal d'Estrées, envoyé en mission à Venise et h Manlûw, n'obtint rien des Vénitiens; mais il amena le duc de Manloue il recevoir une garnison franco-espagnole dans sa capitale (février 1701).
ta question du choix de ses alliances se posa brusquement pour Viclor-Amédée. En i690, il avait, avant de rompre avec LoniïXlV, fait appel aux Espagnols du duché de Milan. Cette ' Milonaiâ apparteniiit h Philippe V, allié et petit-fils i de France. I..e duc st- trouvait pris dans un cercle de
t pour trrvir tTiaiIrtietwit au litur Phéli/ieaux, vie.. Ig mai 1700. tp^ur tenir tTiiulructiOtt au eomU île Teué, tic, octobre 1701). I pour lervir d'iiMlmclion au tievr camtt de T*t»f, eic, 10 dé-
LXIT INTRODUCTION.
fer. Il comprit qu'il fallait subir ce qu'il ne pouvait empêcher. Dès le mois de décembre 1700, il accorda aux troupes françaises l'autorisation de traverser ses États pour secourir le Milanais. Puis, des pourparlers s'engagèrent entre lui et M. Phélipeaux afin d'arrêter les conditions dans lesquelles la Savoie coopérerait à une campagne contre l'Empereur ^ Le duc Victor se montra d'abord dans ces n^ociations exigeant et insaisissable. En dehors du traité d'alliance projeté, il essaya d'amener Louis XIV à signer un article qui fût demeuré secret pour TEspagne, et diaprés lequel le roi se fût engagé, à la fin des hostilités, à lui assurer le Milanais en échange de la Savoie, du comté de Nice et de la vallée de Barcelonnette *. Le roi écarta de semblables combinaisons, en faisant observer qu'il ne pouvait y souscrire sans se concerter avec la cour de Madrid dont le refus était d'avance assuré. Le temps pressait : Victor- Amédée n'insista pas. Le 6 avril 1701, un traité de ligue fut signé à Turin entre la France, l'Espagne et la Savoie. Cette convention confirmait, en faveur des troupes royales l'autorisation de traverser les états du duc Victor et mettait une force de dix mille cinq cents piémontais à la disposition de Louis XIV, pour une campagne en Italie. Les fonctions de généralisme étaient assurées au duc avec un subside de 150 000 livres par mois. Louis XIV demandait en même temps pour son petit-fils, le roi d*Espagne, la main de la princesse Louise-Gabrielle, seconde fille de Victor- Amédée. L'arrangement ne prévoyait aucun avantage territorial pour la maison de Savoie. 11 était même formellement stipulé par l'article XX que chacun demeurerait < dans son premier et ordinaire état ». Une telle convention ne pouvait satisfaire un prince ftpre au gain comme Victor- Amédée. Suivant l'exemple donné par Richelieu dans des circonstances analogues en 1629, Louis XIV eut été mieux inspiré, semble-t-il, en intéressant par la promesse de quelque agrandissement, le duc de Savoie au succès
1 . Cf. on mémoire manuscrit de Le Dran sur les • Négociations de ia part du
• roi Louis XIY à la cour de Turin à V occasion de Vavènement du duc d'Anjou^
• petit-fils de Sa Majesté, au trône d'Espagne^ sous le nom de Philippe V (1700- « 1706) •. Aff. Etr. Fonds divers. Mém. et Doc. Sardaigne, toI. VI.