ÏMOIRE REMIS AU MARECHAL DE BERWICK PAR LE SIEUR PROCUREUR LAURENT
Afl. Étr. CoPT. Turin, vol. CXVI, fol. 78.
Le père Arnaud revenu de Turin, a chargé le procureur Laurent de vous remontrer que Son Altesse Royale de Savoie se tenant à la première demande que vous aviez faite, savoir si elle écouteroit les propositions de la France pour vivre en paix, à quoi a été répondu qu'oui, mais qu'elle n'est pas en état d'entreprendre des traités par les raisons connues au Roi, mais seulement d'écouter les propositions qu'elle agrée, passant par le canal dont vous lui avez fait l'ouverture, sans borner les vues et les desseins que vous avez, ce même Père a témoigné que, si le Roi étoit en état de faire remuer Venise et Rome, à qui les Princes d'Italie (qui commencent à trouver le joug des Allemands rude) s'uniroient facilement, Son Altesse Royale se rangeroit de ce parti .
1. Cette pièce est annexée à la lettre du maréchal de Berwick au marquis de Torcy en date du 5 octobre 1710.
â78 LE MARÉCHAL Dg BERWICK. )7I0.
Qu'elle pourroit se déclarer tonlc senlp, si vous lui proposeï libremrat des avanlâges convenables, les Torces que le Roi luj peut fouruir et le* assurances plausibles qu'il lui donnera.
Sou AiLcsse Royale se détermiueroit h rester enteodu avec la Frucfl, occuperoit les Allemands, et les en)p<!cberoil de rien faire, OQ bieo elle pourroit se déclarer nenlr.
Le procureur Laurent a connu par la longue conversation qu'il a eue avec ce Phte, que le seul expédient pour parvenir à une bonne fin. est que le Roi défère beaucoup a Son AJlesse Royale à celte occasion, qui n'agit que par un principe de gloire, et pour favoriser le Roi d'Espagne son beau- Dis. Et ce seroit en lui oITrant tout ce que le Roi a dessein de loi donner, et lai témoigner que Sa H^esté l'agréeroit arbitre à la paÎK générale ; lui donnant les motifs tels, que vous troaverei bons pour le tout.
Il a une si grande déférence poar vous, au rapport de ce Père, et lai en a parlé avec tant d'avantages que Laurent ose vous supplier de faire ub« lettre détaillée à Son Altesse Royale, et lui marquer les avantages et les assurances que le Roi lui donnera ; à laquelle il fera tonte l'attention.
Aff. Ktr. Corr, Tarin, vol. CXVl, fol. 81.
L'alTaire dont il s'agit ne pouvant être traitée trop secrètement, mais comme en même temps pour avancer, il est nécessaire de commencer i mettre quelque cbose en forme, j'ai cru qu'en vertu des pouvoirs que J'en ai reçus du Roi, el vu la manière avantageuse dont il a plu & Votre Altesse Royale de s'eipliquer à mon égard, je devois préférer à toute autre voie, celle de m'adresser en droiture à Votre Altesse Royale, et de lui envoyer un mémoire, la suppliant de vouloir bien le faire apostUler par qui Elle le jugera à propos, en cas que cela lui soit agréable. Vous n'y verres. Monseigneur, point de figures de rhétorique, mais seulement un discours simple, lel qu'il convieutà un bomme de mon métier. Anssi j'espère que vous voudrez bien eicuser les fautes qu'il y peut avoir, et me permettKde TOUS réitérer les assurances du profond respect avec lequel j'ai l'hoiuieur d'être, etc.
HiMOIRE >
AJI. Éi. Cort. Turin, vol. CXVI. foL f
Personne ne peut douter que le Roi ne souhaite de bonne foi la paix avec S. A. R. puisque l'intérêt de S. H. s'y trouve ; l'on a aussi lieu de
S. Anaezé i la Utire dn Haréclul ds Bcrwick du 5 oci^bra ITIO.