‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 143 sur 223 · CONDITIONS A DÉBATTRE AVEC LE DUC DE SAVOIE · texte numérisé non relu

CONDITIONS A DÉBATTRE AVEC LE DUC DE SAVOIE

croire que celui Je S. A. R. s'y trouve pareillement. C'est dans cette vue que S. H. m'a chargé de donner toutes les assurances nécessaires de son consentement à tout ce qu'on pourra raisonnablement lui demander.

Comme S. A. R. souhaite qu'on lui rende compte des avantages et secours que Sa Majesté lui donnerait, il faut, avant de les expliquer, la supplier de Taire les réflexions suivantes, après quoi Elle sera plus en étal de Juger de la solidité des oiïres de S. H,

Les prétentions de l'Empereur sur toute l'Italie, les maximes du conseil de Vienne et les chicanes que la dite Cour lait Journclleinent à S. A. R pour éluder l'cxéculioD de ses promesses font Juger que, dès que l'Empereur sera di^barrassc de la guerre contre la France et qu'il n'aura plus besoin de S. A. R., non seulement il ne sera plus ifuestion ni du Vi^'evnnasque, ni d'un équivalent, mais qu'il voudra encore dter h S. A. R. ce qu'il lui a donné et peut-être le réduire au même état de soumission que les princes d'Italie. S. A. H., à la pénétration duquel rien n'échappe, sait bien qu'en pareil cas, il ne pourra se déreudre qu'avec ses propres forces, car il n'y aura plus alors de Poissance en Europe, ni à portée, ni en état de le secourir. La France ne songera pins qu'à jouir de la paix et à rétablir les maux causés par la guerre. L'Angleterre et la Hollande seront dans le même esprit, puisque ce sera leur intérêt; ou, s'il en arrivoit autrement, ce ne pourrait être qu'à l'occasion du commerce et entre ces deux Puissances maritimes. Reste donc la maison d'Autriche, laquelle suivant toujours les mêmes vues d'agrandissement formf-es par CharJes-Quiut, cherchera à profiter de l'occasion, et, comme Son Altesse Royale peut être le seul ou le premier obstacle & ses vastes projets, ce sera par Elle premi^ement qu'elle voudra commencer. S. A. R. sait mieux que personne les mesures qu'elle doit prendre pour prévenir de pareils inconvénients, mais il parolt, à vue de pays, qu'il n'y en peut avoir de solides qu'en s'unissant avec la France.

Voici donc en gros ce que le Roi oITre, sur quoi S. A. II. aura la bonté lie Faire attention :

1° Restitution de part et d'autre des étals que l'on s'est pris depuis le commencement de cette guerre ;

S* La cession entière des droits du Roi d'Espagne sur l'état et duché de Milan que Sa M^esté catholique abandonnera sans réserve â M. le Duc de Saroie pour lui et pour ses successeurs ;

3° L'union des forces du Roi à celles de S. A. R, tant pour la conservalion de la partie du Milanois qu'elle possède que pour le recouvrement de l'autre partie de cet état que l'Empereur s'est ri^servée et dont le Roi d'Espagne, à qni elle appartient, aura fait la cession h S. A. R.

4" Un parfait concert entre S. M. et S. A. R. tani pour la quanlité que pour la qualité des secours que S. M. conviendra de lui fournir et dont Elle laissera le commandement absolu à S. A. R.

5' Sa M. T. Chrétienne donnera les subsides nécessaires à proportion de ce qu'ilr ecevoit des alliés. Cet article demande une plus ample explication et ne peut être entièrement fixé que l'on ne vienne à discuter la matière plus en détail.

6^ Sa M. T. C. reconnoitra S. A. R. pour Roi de Lombardie.

LE IIARÊCHAL DE BERWICR, 17101

1 HABOCB Ut lOBCT Ktt «AaCCfltL bt BUWICl

AIT. Bir. C«rr. Ttan. roL CXVI, toi. 87.

Tu refU la )«tlre que fous m'arei tait l'honneur de m'échrt Ir cinqnifai» de ce mob arec ta copie dn inêiiioire que le procnrenr Laorent *4MU a donné, c^Ue dp voire lettre à H. le dac de Savoie ; enfin le mémoire qne ions y avez joint el que «ons aiet en même lemps enrayé à ce prinev.

J'ai eu l'honneur de lire au Roi ces différentes pièces rt Sa Majesté m'a commandé de tous laire savoir ses intentions sur les qaesUoDs qne tons Taites. A l'égard de la première, le Roi verroit avec plaisir qu'on p4t former une Itpie entre les Vénitiens el les autres Princes d'Italie pour assurer leur Elal et leur liberté commune contre les entreprises de l'empereur- Sa Majesté coniritineroît autant qu~il dépendrait d'elle au succès de cet oUTragr. Mais les orûces qu'elle emploieroit pour cet effet seroienl regardés comme intéressés : les Princes à qui elle s^&dresseroit croiroient qu'elle seroit moins louchée dn désir <lf procurer leur ?éritàble bien qne du fruit qu'elle retireroit de foira en Italie une diversion considérable des forces de se» ennemis. Les instances de H. le dnc de Savoie ne seront pas interpntlées de même. Ainsi, Sa M^esté est persuadée que ce Prince doit fair* toutes les démarches qu'il jugera nécessaires pour donner du courage ila République de Venise et aux autres Princes d'Italie, et pour Ire unir anc lui en leur représentant ie danger dont ils sont également menacés. Lorsque H. le duc de Savoie auroîl tait quelques progrès sur leurs esprits, il pourroil les assurer alors que le Hoi se joindrott à celte ligue pour ta forlifter, et Sa Uajesté conflrmeroil de pareilles assurances aU5»itdt que ce Prince le jugeroil nécessaire.

S'il souhaitoit même qu'il voulût agir auprès des Princes d'Italie dès le moment qu'elle seroit d'accord avec lui, elle ne le refnseroit pas, étant bien résolue, en cas d'union, de lui donner des marques d'une entière confiance.

Je vous marquai. Monsieur, par ma lettre du 9 septembre, quel secourt en général le Roi ponvoit donner à H. le duc de Savoie, s'il vouloit a'unir h Sa H^esté pour faire une guerre offensiïe. L'idée de la neutralité esl nouvelle ; mais Sa H^eslé ne la rejette pas. Il s'agiroit de savoir ce qus M. le duc de Savoie prétendrait pour demeurer neutre. M demanderoil apparemment des subsides et Sa Majesté consentiroit à lui en accorder quoiqu'ils dussent être bien moins considérables pour un traité de neutrtililé que pour on traité d'action.

Il seroit inutile, en ce cas, d'engager le Roi d'Espagne à lui céder ses droits sur la partie du Hilanois occupée présentement par l'empereur, puisque M- le duc de Savoie demeurant neutre ne songeroit pas à s'en rendre l«i matlre. Sa M^esté se cbargeroit seulement d'obtenir du Roi Catholique, la cession de ses droits eu faveur de H. le duc de Savoie, sur la partie de l'Elat de Milan dont ce Prince est à présent en possession.

Il n'y a guère d'apparence qu'il consentit à remettre au Roi Exilles el Fenestrelles, sachant que Sa Majesté vouloit bien lui laisser ces deux places en lignant les préliminaires. Elle approuve cependant la pensée que roui

Page 1