CONDITIONS A DEBATTRE AVEC LE DUC DE BOUILLON
avez de tenter de tout retirer en donnant en échange les places du Roi d'Espagne sur la côte de Toscane.
Si M. le duc de Savoie persiste à croire qu'Exilles et Fenestrelles soient nécessaires pour la sûreté de son pays, il ne sera pas touché de TofiTre que vous lui pourrez faire d'une nouvelle somme d'argent pour construire une nouvelle place à Montmélian. Peut-être même qu'il seroit moins désavantageux pour le Roi de lui laisser ces deux places que de laisser rétablir Montmélian.
Ainsi, Monsieur, Sa Majesté estime qu'il est plus à propos de supprimer cette proposition, quoique vous deviez faire ce que vous pourrez, sans rompre la négociation, pour retirer Exilles et Fenestrelles.
Si M. le duc de Savoie préfère un traité de neutralité aux grands avantages qu'il pourroit retirer d'un traité d'action, le Roi veut bien, en ce cas, admettre sa médiation pour la paix générale.
Il seroit difAcile de lui procurer le titre de roi de Lombardie, lorsqu'il ne posséderoit qu'une partie de l'État de Milan. Toutefois, Sa Majesté concerteroit avec loi les moyens de lui faire obtenir cette qualité par le traité de la paix générale.
L'idée de paroitre uni avec les Allemands et de les empêeher de rien exécuter, paroit impossible à suivre. M. le duc de Savoie éprouve la défiance continuelle qu'ils ont de ses intentions : s'il donnoit lieu à de justes soupçons, il seroit peut-être accablé par ses alliés avant qu'il eût le temps de songer seulement à se défendre. Comme cette proposition ne convient ni aux intérêts du Roi ni à ceux de M. le duc de Savoie, l'intention le Sa Majesté est que vous la détourniez par les réflexions à faire sur 'intérêt même de ce Prince*
Il n'acceptera pas la proposition de ligue offensive et défensive avec le
\oi,s'il veut se contenir dans les bornes d'une simple neutralité. Mais si vous
tOQvez, Monsieur, le porter à prendre un engagement aussi fort que celui
ipe vous proposez, ce sera le mieux que vous puissiez faire pour le ser-
ice de Sa M^yesté.
AMBASSADEUR
ni3-ni9
Taité signé à Utrecht (11 avril 1713) qui attribua à Victorïe la dignité royale, rétablit en même temps les relations diploles entre la France et la maison de Savoie. Le Roi fit choix, e représenter à la cour de Turin, d'un homme de qualité, le lis de Prie S attaché jusque-là à la carrière des armes, et qui, B de Saint-Simon « avait de Tesprit et du savoir *. Ce diplo- >aralt s'être acquitté honorablement de ses fonctions. La liaison [ue que sa femme ' eut, dans la suite, avec le duc de Bourbon 9 toutefois avoir plus fait que ses mérites comme négociateur, établir la notoriété qui s'est attachée à son nom. Au moment marquis de Prie arriva à la cour de Victor-Amédée, il était de la veille. Tout ce qu'on pouvait dire de la marquise de Prie, [u'elle « était extrêmement jolie et bien faite, avec beaucoup )rit et une lecture surprenante *. A Turin, Ton « fut content lari, la femme y réussit fort' >.
narquis de Prie débuta dans ses fonctions d'ambassadeur par
ois, marquis de Prie, fils de Aymar-Antoine, maréchal de camp, et de Jaque- Ferres, aide de camp du dac de Bourgogne en 1701 et 1703, puis colonel :ons, brigadier en 1719; tint, le 7 mars 1712, le Roi Louis XV sur les fonts taux arec la Duchesse de la Ferté, marié le 28 décembre 1713 à Agnès ot de Pléneuf, ambassadeur à Turin 1713-1719, chevalier des ordres en 1724.
^èfl Berthelot de Pléneuf, marquise de* Prie, née en 1698, fille d'Etienne ot, sieur de Pléneuf, commissaire général des armées, exilée en 1726 en emps que le duc de Bourbon, morte en 1727.
moires de Saint-Simotij années 1713 et 1722.
tu
un s^our en Sicile (juillet-aoùL 1714), oiï Victor Amêdét* élul sIKl prendre possession de son nouveau royaume. Il se rendit de \i\ Turin où il arriva le 4 octobre.
Les instructions suivantes lui Turent remises pour sa misE marquis de Toiey étant miaistre des Affaires Etrangères.
l^srHt1CTI0^ uox5ee par le noi ad siecr narqcis de prie, amsassJe<
DEDR EXTRAORDINAIRE DE SA MAJESTÉ AUPRÈS DU ItOt DE SICILE Aff. Étt. Corr. Tarin. »oL CXXI, fol. !6.
VcrsuUrj, le 28 ml
Depuis les traités de paix que le coi codcIuI l'anQéc dcralinH avec les principales puissances de l'Europe unies pendaslJ plusieurs années pour faire la gueri'c h Sa Majesté. robjctA ses soins a élé de consommer un ouvrage fort avance, d'achever, pour le bonheur général de tant de peuples, traités qu'il n'avoit pas été possible de conclure à Utrecht n l'Empereur et l'Empire. Ses succès de la campagne ont sccch ses intentions, cl ta paix nouvellement signée entre l'Empereur et Elle est autant le fruit des avaaU que ses armes ont remportés, que celui des négocîaU qu'ElIe a confiées au même général qu'Elle avoil mis & U I de ses armées. Mais, pendant que l'événement des cooféreu tenues à Rasladt pour cet etTel étoit incertain, il étoit imnj sibfe aussi de juger certainement des mesures qu'il convi de prendre pour surmonter la lierté que l'Empereur : paroitre. et pour parvenir plus promptement à la paix universelle. La continuation de la guerre étant nécessaire, î) follail agir de manière que l'Empereur seul en ressentit le pri'judicc et que les Princes de l'Empire n'eussent aucun intérfil àJ^ secourir.
Comme le prineipal avantage que la maison d'Autriche i tiré de la guerre présente est celui d'avoir acquis les pui sants Etals qu'Elle possède en Ilalie, te moyen te plus sflrd lui causer de vives alarmes et de la presser de faire la |