‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 146 sur 223 · MISSION DU COMTE DE PETER SBOROUGH · texte numérisé non relu

MISSION DU COMTE DE PETER SBOROUGH

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TAÎsseaux; supposé ml^me qu'elle voulût l'aire celle démarche, t|iio les eDaemis du gouvernemeDt d'Angleterre ne manqueroienl pas de relever et de faire considérer comme une déclaration de guerre contre la maison d'Autriche.

Quant au secours d'argent, les finances de la reine d'Angleterre sont trop épuisées pour lui permettre d'assister par cette voie le roi de Sicile. Ce prince, bien informé de l'état de ce royaume, ne peut en attendre de pareils secours. La paix au dehors est nécessaire à l'Angleterre, pour assurer sa tranquillité intérieure, et cette vérittî est si connue qu'il n'y a pas lieu de croire que le roi de Sicile ait formé des idées opposées sur les projets dont le comte de Petersborough' l'aura entretenu et sur les promesses vagues qu'il lui aura faites.

Il y a trois mois environ qu'il partit de Londres avec commission de la reine sa maîtresse, non-seulement d'aller à Palerme faire compliment au roi de Sicile sur son avènement à la couronne; mais encore de traiter avec les princes d'Italie sur les points qu'il jugeroit convenables à l'état présent des affaires. L'n pareil pouvoir sans limitation étoit moins la preuve d'une coDfiaDce sans bornes de la part de cette princesse, que l'elTet du désir d'éloigner, sous des prétextes honorables, un homme d'esprit à la vérité, mais inquietet capable de troubler les mesures que les ministres de la Grande-Bretagne jugeoient à propos de prendre, avant l'ouverture du Parlement. Le roi de Sicile connoît son caractère et l'opinion qu'on a de lui en Angleterre. II y a donc lieu de croire que ce Prince, qui ne se livre pas facilement, n'aura pas regardé comme solides les propositions et les offres que le comte de Petersborough lui aura faites, réglées plulâl suivant ses propres idées, que par les ordres généraux qu'il a reçus de la reine sa maîtresse.

La conséquence que le roi de Sicile doit en avoir tirée est qu'il n'y auroit eu qu'à perdre pour lui dans ta continuation de la guerre, qu'elle ne se pouvoit faire qu'à ses dépens, que les secours de l'Angleterre eussent été médiocres et d'ailleurs

1. Charlei Mordsunt (IH2-1735), lord de U tr^iorerle soui Guillaam« lil, caail« daPeleisboroDghenlS97, conuDuida les troupes uiglaiset en Espagne en 1705-1706 "it plusieurs missioas imporluitea i Vienne, k Naples et k Turin. USIL DES [NSTH. I

inutiles pour le mettre & couvert des entreprises des AllemaQds

en Italie.

Quant aux secours qu'il auroit pu se promettre de la pari dd roi, s'ils eussent été considérables, le roi de Sicile auroit bientdi appréhendé les desseins secrets de Sa Majesté, et si elle ne lui eut donné qu'un petit nombre de troupes, elles n'auroient pas été suffisantes pour le mettre à couvert de la vengeance de l'empereur irrité de la disposition de la Sicile et résolu de faire tous ses efforts pour la réunion de ce royaume à celui de Naples, si la pais conclue à Rastadt ne lui eût absolument interdit les moyens de rien tenter contre les États que chaque prince d'Italie possède actuellement.

Il étoit donc essentiel pour les intérêts du roi de Sicile, bien que pour le repos général de l'Europe, que cette paix fol au plus tdt signée ; s'il n'obtient pas la satisfaction qu'il désiroit et que le rot vouloit lui procurer sur l'exécution parfaite dit traité de 4703, l'assurance de conserver paisiblement ce qu'il possède est certainement préférable à l'incertitude d'une guerre continuée uniquement pour avoir, dès à présent, la province de Vigevano; et, ce- qui De se fait pas dans un temps, peut se réparer dans une autre conjoncture. Ce ne sera peut-être pas dans celle des conférences qu'on va tenir à Bade; car il paroit qu'il n'y sera question que des intérêts de l'empire. Uaîs la paix faite entre le roi, l'empereur et l'empire sera vraisemblablement suivie de la paix entre le roi d'Espagne et l'empereur. Alors il faudra nécessairement que la cession de la Sicile, Is substitution de la couronne d'Espagne, faite en faveur de le maison de Savoie, enfin tous les articles qui regarderont te* intérêts du roi de Sicile, trouvent leur place dans te mèma traité. Il y a même lieu de croire que les offices du roi en faveur de ce prince auront plus de poids et plus de force U pais étant faite et bien affermie entre Sa Majesté! et l'empereur, que lorsqu'il a été question de discuter les intérêts réciproques et de convenir de toutes les conditions d'un traité.

Le marquis de Prie doit se servir à propos de toutes ce» considérations pour répondre aux plaintes que le roi de Sicile fera vraisemblablement, d'avoir été abandonné dans le traité

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