‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 147 sur 223 · INTERETS DU ROI DB SICILE · texte numérisé non relu

INTERETS DU ROI DB SICILE

de Rasladt. Elles ne seront pas justes puisque Sa Msjesl<! a fait généralement tout ce qui df^pendoit d'ElIe pour la satisfaction de ce prince, et que. ne pouvant l'obtenir aussi parfaite qu'Elle le désiroit, Elle a refusé de signer la paix, jusqu'à ce qu'Elle vît au moins que la tranquillité de l'Italie étoit assurée, et que le roi de Sicile ne seroit troublé par les Allemands, ni dans ses anciens Etats, ni dans la possession de ceux qu'il a nouvellement acquis.

Il est désormais de son intérêt de mettre toute son élude à les conserver en paix; et, comme Tintenlion du Roi est d'employer ses soins pour maintenir la tranquillité générale de l'Europe, cet objet sera celui des liaisons que Sa Majesté veut prendre avec les princes qu'Elle croit en état de seconder ses justes desseins.

Le roi de Sicile, mailre des deux extrémités de l'Italie, peut, suivant son propre intérêt, veiller à la consei-vation de sa liberté, et employer utilement ses forces à la défendre contre ceux qui voudroient l'opprimer. Mais pour y réussir encore plus sûrement il faut, s'il est possible, qu'il établisse l'union entre ses principaux membres, et qu'il fasse revivre la bonne intelligence que la défiance, l'intérêt et la vanité particulière ont depuis longtemps bannie d'entre eux. au préjudice commun de tous ces princes.

Depuis la paix d'Utrecht, le Roi n'a rien oublié pour faciliter l'accommodement des différends entre te Pape et le Roî de Sicile. Il y en a de deux sortes : les premiers regardent le Piémont, et durent depuis longtemps; les autres, nés en Sicile, étoient déjà commencés lorsque le Roi d Espagne a cédé celte île, et quelques-uns Bout d'une toile importance que le Roi de Sicile ne pourroit se relâcher de ses prétentions sans faire un préjudice très considérable à son autorité. Le cardinal de la

tnaoille ' agit auprès du Pape par les ordres du Roi, pour JoMph-FtaD{oû de la Trémoitla. aè «d t&58, abbà de Lagni, de Foréw, ie d-SelTe, de Sainl-Amand pr^s Tournai el de Saint-Etienne de Caen, audi leur de Rote i Rome, créé cardîiut par le pape Clètnent XI, le 17 mai 1706, nommé commandeor des ordres du roi en tlOS, évéque de Baveux, puis arcberiqu» de Cambrai ea 17IK, mort â Rome, ùù il était charge des aSTairei de France, le lAjUiTier I7S0.

miner ces différends. Il a sooTcnt représenté à Sa Sainteté |fultlilé d'avoir poor ami on prince voisin aussi puissant que le Roi de Sicile, et par canséqoent en étal de secourir le Saint- Si^ge contre ses eonemis. (^oique ces offices aient produit peo d'effet jusqu'à présent, ce Prince en a cependant remercié le Roi et prié Sa Majesléderenouvelerles niJ^mes ordres qu'elle |«voît déjà donnés an cardinal de la Trémuille. 11 a ra^œe aouhaité d'avoir la lettre qu'elle écriroit sur ce sujet, pour l'envoyer k Rome, ut. depuis peu de jours, elle a été remise & son ambassadeur auprès du Roi.

Le marquis de Prie l'assurera encore nouvellement des orBces de Sa Majesté pour terminer ces différends dont Elle voit la cootinualion avec beaucoup de peine. Hais, comme il est difficile de porter la cour de Rome à se relâcher de ses prétentions, principalement lorsqu'il s'agit d'autorité du Saint-Siège et d'immunité, il est à craindre que la négociation ne soit longue, quelque désir que Sa Majesté ait effectivement de contribuer i l'abréger.

Il y a déjà plusieurs années que la correspondance est intei^ rompue entre la cour de Savoie et la république de Venise. Les questions sur le cérémonial ont principalement donné lieu à celle interruption de commerce. Le Roi, mécontent de la conduite quf la Rt^publique a tenue à son égard, soil pendant le cours de la dernière guerre, soit à l'occasion du titre de protecteur des affaires de son royaume à Rome, dontelliï a honoré le cardinal Ottobon ' ne peut par ces raisons interposer ses offices pour établir une bonne intelligence entre le Roi de Sicile et les Vénitiens. Mais, ce scroil avec plaisir que Sa Majesté laverroit formée ; car Elle est persuadée que rien ne convient mieux aux princes d'Italie, et qnc rien n'est plus nécessaire pour leur sûreté commune, que d'être parfaitement unis, et de se croire tous attaqués, lorsque quelqu'un d'eux l'est effectivement.

Outre celte maxime générale, il y a des raisons plus particulièifs qui doivent exciter le Roi de Sicile à s'intéresser & ce

I. Piiirr« Oliotiuiii, né en 1M7. c^rdinil 1c 7 noTembre ISSU ; monrnl bu I1M>.

qiii r^arde le grand-duc de Toscane et sa maison. Plusieurs (l^maiThes de l'Emperour onl donafi Heu de croire qu'il formoîl des desseins pour s'emparer des Étals de ce prince, avani mfme que la succession fut ouverte, soit par sa mort, soit après celle du prince son fils, sans permettre que l'hf^ritage lïit recueilli par l'Electrice Palatine ' que le grand-duc son pfrc a nouvellement déclarée son héritière. Il est aisé de comprendre quel seroit l'état des princes d'Italie et leur assujettissement k la maison d'Autriche, si elle acquieroit encore ces nouveauK États, et, quoique le Roi soit véritablement réconcilié avee l'Empereur, Sa Majesté ne croit rien faire de contraire à la pais, mais plutôt travailler à la conserver, en prenant de bonne heure les mesures nécessaires pour empêcher cette augmentation de puissance si fatale aux princes dont Sa Majesté souhaite le bonheur et la tranquillité.

Le Roi de Sicile ne s'endormira pas apparemment sur un point aussi important, et le marquis de Prie rendra compte au Roi de ce qu'il découvrira sur ce sujet des intentions de ce

Race.

[ ne pardonnera pas apparcmmont aux GC'Dois l'aequisition ils firent, l'année dernière, du marquisat de Final. Il n'a rien oublié pour exciter contre eux l'indignation du Roi, et véritablement Sa Majesté avoit sujet d'être mécontente de l'argent qu'ils fournirent à l'Empereur pour cette acquisition, dans le temps que ce prince manquoit des moyens nécessaires pour soutenir la guerre. Mais aussi le Roi de Sicile n'éloit pas en droit de les accuser de partialité pour les ennemis du Roi, et ceux du Roi d'Espagne, car il ètoit principalement irrité d'avoir été primé par les GOnois, et si ses offres pour l'achat de Final eussent été faites ù temps, la crainte des reproches ne l'auroit pas empêché de traiter avec la cour de Vienne. ^LSon intérêt sera toujours le premier motif de ses démarches, ^bsonne ne connoit mieux que lui en quoi cet Intérêt consiste ■■n'est plus appliqué à le suivre. Nul engagement ne l'en h jamais détourné, et lorsqu'il a cru le trouver dans un parti

n 1691 à JeaD-QuillaumfF.

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