LE HABQCIS DE PRIE, ITI1-I7I
plutAl quo dans un antre, les luii^ns les plus fort» ont Se Imp foibles pour le retenir, ai sa rëpatatioD eo a souffert, ses Élals en sont consid^rablemeot aa^menlés: mais il faot (|a'U conserve ses scqutsitiuos, et ex D'est que par une ccoidoite oppoaée i celle qu'il a tenue jusques à présent, qu'il potura les maintenir.
L'Kfnjwrear est le seul concroi qu'il ait à cnîndre. 11 est par ojnsi^ueot nécessaire qu'il ménage les bonnes giAccs et l'affection du Roi, car il ne doit rien appréhender de la part de Sa Majesté, et ce n'est que d'elle qu'il peut espérer des secours s'il est jamais attaqué.
Il n*oublicni rien pour faire croire au marquis de Prie qu'il veut pour jamais s'allacbcr à Elle, et qu'il comple absolument i;ur w& bontés. Maïs il est de la prudence de douter de ses paroles, et de ne témoigner aucune défiance de sa sincérité. Autant qu'il aime à cacher ses véritables sentiments, autant il s'étudie h sonder et à pénétrer les pensées les plus sœrftles de ceux qui traitent avec lui, et certainement il peut y réussir mieux que personne, joignant à beaucoup d'espril beaucotip de coQDoiiiiêances acquises par une exlrO-me application à toules sortes d'aflaircs, et par l'expérience qu'il a faite de la banne et de la mauvaise fortune.
Il en a tirt' Ho si bonnes ioslruclions, qu'il n'a besoin de ministres que pour exécuter littéralement les ordres qu'il lenr donne. Et c'est de cette manière qu'il se sert du marquis de Sainl-Tbomas.
Ce prince, soupçonneux et persuadé du penchant des Piémontoi» pour la France, souffroit jivec peine le commerce des gens (le sa cour avec les ambassadeurs du Koi avant la dernière guerre. La même défiance subsistera peut-être, et l'intention du Roi est qu'en ce cas le marquis de Prie ne témoigne pas s'en apercevoir. Il doit particulièrement songera ne point gf ner, en des choses de peu d'importance, un Prince qu'il est bon de ménager pour des temps et des conjonctures où son alliance pourra devenir utile au bien général de l'Europe. S'il rroyoil pouvoir servir de poids dans la balance, et la faire pencher lorsqu'il n'uvoit que ses États héréditaires, il doit se