‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 150 sur 223 · MISSION DU MARQUIS DE PRIE EN SICILE · texte numérisé non relu

MISSION DU MARQUIS DE PRIE EN SICILE

souiïrir une pareille injustice, il avoit offert à la reine de la Grande-Bretagne de Taire instruire son second fils dans la religion anglicane. Mais une pareille proposition paroît tellement opposée à la piloté que ce Prince professe depuis plusieurs années, et que plusieurs croient sincère, qu'il est impossible d'ajouter foi aux bruits que l'on répand de cette offre. Mais il est vrai de dire qu'il sera toujours de son intérêt d'empêcher qu'un prince protestant ne soit préféré à un catholique, par la seule raison de la religion, lorsqu'il sera question de parvenir à la couronne d'Angleterre. Et, par conséquent, il seroit beaucoup plus avantageux, à la maison de Savoie, de voir le roi d'Angleterre rétabli sur le trône de ses ancêtres, après la reine sa sœur, que d'y voir monter le duc de Ilannover, avec l'assurance d'une succession certaine pour tous les Princes de la ligne prolestante après lui. Mais il n'est pas question présentement de traiter cette matière. Il suffit de faire connoitre en général au marquis de Prie les vues que le roi de Sicile peut avoir sur un article si important. A mesure que les affaires s'<*clairciront davantage, les ordres du roi l'instruiront de la conduite qu'il devra tenir pour le service du roi.

Son intention est qu'il ne perde point de temps à se rendre auprès de ce Prince; et. comme il est encore en Sicile, sans avoir marqué le temps de son retour en Piémont, elle veut que le marquis de Prie parte incessamment pour aller à Toulon 5'embarquer sur le vaisseau, le Diamant, qui doit le conduire \ Palerme. Si dans le temps qu'il y arrivera, le roi de Sicile ;n étoil parti pour aller à Messine, le marquis de Prie fera iavoir son arrivée au marquis de Saint-Thomas, et le priera de 'Informer des mesures qu'il doit prendre pour avoir audience le ce Prince, et pour s'acquitter des ordres qu'il a reçus du Roi. Cette audience ne sera vraisemblablement que particulière, l celle de cérémonie sera remise au temps que le roi de Sicile erade retour à Turin. S'il souhaite toutefois que cette fonction wt publique et précédée d'une entrée dans les formes, le larquis de Prie fera ce qui dépendra de lui pour le satisfaire, Qoiqu'il n'ait aucun équipage et que ceux qu'il fait pour son Uassade soient en Piémont.

Le rui voulut bien, au mois de novembre dernier accorder, la demande du roi de Sicile, plusieurs changcmenls au cér monial établi pour ses ambassadeurs à la cour rie Turin, parut à Sa Majesté que la dignité royale qu'Elle venoil c procurer au duc de Savoie deroandoît ses adoucissements. I sont contenus dans un mémoire qu'elle fît remettre alors i baron de Perron, ambassadeur de ce prince auprès d'Elle, qui sera joint à celte insti'uction.

Elle veut que le marquis de Prie s'y conforme. Il observen de plus, que les ministres du roi de Sicile doivent lui rondi la première visite, après qu'il leur aura donné pari de ! arrivée. L'ambassadeur de Sicile demandoit aussi le changi ment de cet article; maïs le roi n'a pas voulu l'accorder, l'exception seulement du marquis de Saint-Thomas, avec qi les ambassadeurs traitent, et que Sa Majesté veut bien que I marquis de Prie visite le premier en cette considération.

Lorsqu'il aura audience du roi de Sicile, il ne doit rie oublier pour assurer ce Prince de l'estime parfaite et de l'il fcction véritable que le Roi a pour lui. Sa Majesté a bien voul Elle-même en donner des assurances positives & ceux i ministres de Savoie qui ont ou l'honneur de la saluer depni la conclusion de lu paix. El, comme elle veut stncèremm maintenir et Fortifier une correspondance qu'Elle croit né( saire au bien général de l'Europe, Elle ne doute pas que le n de Sicile ne réponde à ces dispositions, es contribuant de i part à tout ce qui peut rendre celte bonne intelligcocfi ptv élroiti? et plus solide.

Le roi a toujours conservé pour la reine de Sicile uoe dresse particulière, soutenue et fortifiée par l'estime si Hère qu'il a pour la vertu |dc cette princesse. Le mai-quîs Prie doit lui parler conformément aux sentiments que Majesté a pour elle, et l'assurer que, dans les tristes évi ments qui sont arrivés, sa considération personnelle a toujou été présente il Sa Majesté, qui souhaite bien sincèrement qi cette princesse puisse recevoir, dans le cours de aa vie, d< consolations proportionnées aux pertes irréparables qu'elle faites.

RENSEIGNEMENTS A RECUEILLIR SUR LA SICILE. 39d

Le roi de Sicile a donné, depuis son avènement à la couronne, m nouveau rang à la duchesse de Savoie sa mère. Le roi, onjours porté à distinguer et à favoriser cette princesse, veut [ue son ambassadeur se conforme au cérémonial nouvellement Itabli à son égard, lorsqu'il aura audience d'elle, au retour du oî de Sicile à Turin ; il ne peut trop lassurer alors de l'estime it de l'amitié particulière de Sa Majesté. Et, certainement, ;ette princesse la mérite par ses grandes qualités et par le 4>nstant attachement qu'elle a témoigné pour le roi, dans les emps mêmes où ces sentiments, qu'elle n'a jamais cachés, lui ausoient le plus de préjudice.

Les mémoires joints à cette instruction informeront le marnis de Prie de tout ce qu'il doit observer à l'égard du cérélonial ^

U ne reste donc qu'à l'avenir de s'instruire le plus particuèrement qu'il lui sera possible, pendant son séjour en Sicile, » l'état de ce royaume, de ses forces, tant de terre que de :er, de ses revenus, des règlements faits par le roi de Sicile mr augmenter l'un et l'autre, de ses projets pour le corneree, des mesures qu'il prend pour tirer tous les avantages te peut produire un Etat abandonné depuis longtemps, mais li deviendra très florissant lorsqu'il sera bien gouverné, mme il le sera certainement par un prince très attentif au Bn de ses affaires.

Le marquis de Prie rendra compte au roi, le plus régulièrement qu'il lui sera possible, de tout ce qu'il apprendra et tout ce qu'il fera en exécution des ordres de Sa Majesté. Outre ce que cette instruction renferme, Tintention du roi que tous ses ambassadeurs et ministres lui rapportent, au our de leurs emplois, une exacte relation de ce qui s'y sera isé, dans les négociations qu'ils auront conduites, de l'état ipays où ils auront servi, des cérémonies qui s'y observent, l dans les entrées, soit dans les audiences ou en toute autre contre ; et enfin, de tout ce qui peut donner une connoisce particulière des lieux où ils auront été employés et des

Ces mémoires se trouTent dans le vol. Corr. Turin^ supplément VI.

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Gaz. SkâÎB. vf£. Tm.

MjvIt. It «mi 1711.

Sa Najesté «tuI fût choix de M. le flurquîs de Prie pour son ambufiadear extraordinaire aaprès do Roi de Sicile, Elle est si persuada da zèle dont il a toujoars donné des marques pour son service, qu'elle ne doate pas qu'il n ait toute Tattention po^ible sur les aCTaires concernant le commerce maritime et la na%'igation de même que sur toutes celles qui intéresseront les sujets de Sa Majesté.

Elle désire qu'il s'applique à connoitre tous les François qui commerceront en Sicile, les lieux où il seront établis, et les facilités ou difficultés qu'ils trouveront dans leur commerce, afin d'être toujours en état d'en rendre compte au Roi. Il sera bon qu1l appelle aussi quelquefois auprès de lui ceux en qui il aura reconnu plus de capacité et de droiture, et qu*il slnforme d'eux de tout ce que Ton pourroit faire tant en France qu'en Sicile pour faciliter et augmenter leur commerce.

Il protégera pareillement ceux qui auront besoin de ses offices dans les occasions particulières, et empêchera par ses remontrances qu*il ne leur soit fait aucun préjudice, et Sa Majesté trouve bon qu'il se serve de son nom pour leur faire rendre justice, suivant qu'il le jugera à propos.

Le Koi ayant été informé que le Roi de Sicile a dessein

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