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La Cour de Madrid n'avait pu prendre non parti des diverses amputations que les traités de 1713 et de 1714 avaient fait subir & la roonarcbie d'Espagne. Parmi les provinces perdues et les plus amèrement regrettées, figurait la Sicile, allribiiée à Victor-Aiaédée. En juillet 1718, le cardinal Alberoni la fit soudainement envahir par ane armée espagnole. Incapable de résister, le Roi de Sicile ne pou- Tuit qu'attendre de l'intervention des grandes puissances des mesures propres à sauvegarder sa situation. La France, la Grande-Bretagne, l'Empereur et les Etats -Généraux signèrent (2 août 1718) le traité de la Quadruple Alliance qui attribuait à Victor-Amédée la Sardaigne au lieu de la Sicile, Cette décision avait pour but de faire prévaloir une solution relativement facile, plutôt que de procurer un avantage à la maison de Savoie. 11 était permis de supposer que lu Cour de Turin n'accepterait pas sans regret cette combinaison.
Des directions spéciales furent envoyées au marquis de Prie, pour l'instruire des engagements pris, et l'inviter à notifier & Viclur- Amédée les résolutions des Puissances.
yToici le texte de cet important document :
RECDEIL DES INSTB. DIPLOU. XIV — 20
LK nOI AU KAHOUIS DI pRIK Ail'. Élr.C«rr. Turin. toI, CXXXIIt.tol. flï.
•.Il JnUlalITII.
J'ai reçu par la courrier que vous m'avei tlépëclié et que Je toiu renvoie les deux lettres que vous in'avei écrites le It de ce mois. Celle du 23* in'« Jepuis été remise par l'ordinaire, et ce qu'elles contiennent m'a iofortné de l'entreprise de la tlotte d'Espagne sur la Sicile, de la manière dont c«tte nouvelle avoil été i'ei;ue dans la Cour où vous <^tes et des mouvements i[uVlle y a excités.
Le comte de Provana a Tait ici de la part du roi son maître tes mêmes plaintes qui tous ont é\é faites par le marquis dcl Borgo au nom de ce t'rince, sur la violence qu'il souffre, et en même temps qu'il m'a remis et au duc d'Orléans mon oncle, les lettres dont il éloit chargé h celte occasion, fia fortement appuyé sur la demande qu'elles contiennent de mes secours pour sa défense dans la supposition que je suis obligé par les traités d'L'trecht à lui garantir la Sicile contre quelque puissance qui entreprenne de le troubler au préjudice de ces ml^mes traiti^s.
Sans entrer dans cette question présentement inutile, l'on a répondu de ma part au comie de Provana que si le roi son maître vouloit entrer dons les traités qui venoiont d'étro signés entre ma couronne et celle d'An* ^leteire pour rétablir et pour assurer la tranquillité de l'Europe, il pouvoil compter qu'il no aoroil rien oublié de ma part pour contribuer à sa satnfaction, et pour assurer l'exécution de ces traités dans tous les points qui l'intéressent. Les ministres du roi de la Grandc-Dretagne lui ont antsi donné de pareilles assurances au nom du roi leur maître, et il lui a ^té remis en même temps une copie de ces traités.
Quoiqu'il ne soit désormais question d'aucune négociation  cet égard nvec le roi de Sicile, mon intention et celle du roi de In Crande-Brela^e étant de n'apporter aucun changement aux projets formés pour serrlr d« foudcmeut au rétablissement de la paix, et que, par conséquent, il ne puisse convenir que vous eutriei dans aucune discussion sur les conditions réservées au roi de Sicile, j'ai cru qu'il éloit nécessaire, pour vous mettre en étal de répoudre aux questions qui pourroicnt vous être [ail«; sur ce sujet de lu part de ce prince de vous instruire des engagements que j'ai pris, et c'est ce que vous verrez par la copie que je fais joindre à celle dépêche, de la convention signée en mon nom, le 1^* de ce mois, avec les miuinlres du roi d'Angleterre auprès de moi, où l'on a inséré les Irailél qui doivent incessamment être signés à Londres de ma part, de celle de l'empereur, du roi de la (Irande-Breta^ne el de la Itépubliqae d'Hollande.
Je vous envoie en même temps la réponse que je fais à la lettre que It rni de Sicile uvu écrite : vous la remettre! à ce Prince avec la réponse du 'Inc d'Orléans que vous mcevreu en même temps, et vous l'a&surerei à cette occasion, qu'ayant toujours pour lui une amitié parfaite, je désire bien sincèrement de lui en donner des marques. Vous y sjoutcrei que s nécessité de chercher des moyens de faire cesser les sujets de division el J de ti-uubhiquc les traités d'L^lrech't et de Bade avoient laissés dans l'Europe, i l'i dont on voit les lunesles effets, a obligé d'apporter quelques rhong'*-